Baba s’équilibre

Dans la course rive droite / rive gauche, le chantier du pont Bacalan-Bastide donnait jusque là l’avantage à la rive droite. De près, le chantier est effectivement plus avancé de ce côté de la Garonne, mais de loin, avec la délicate brume matinale, on ne voit plus la différence : les pylônes qui supporteront le tablier levant sont désormais à la même hauteur.

Collection # 137

Voler

Autopromo

L’annexe fait peau neuve. L’essai, commencé il y a plusieurs jours, semble concluant. J’ai changé l’enseigne, refait la déco, simplifié le tout. Des photos de saison, rien que des photos de saison. C’est ici que ça se passe, presque tous les jours : GRANDEUR NATURE.

Ce n’est même pas un fameux trois mâts fier comme un oiseau…

… mais ça aurait pu être un bel engin qui allume des paillettes de rêve dans les yeux. Cet engin mi-flottant mi-volant (dans une vie antérieure …) s’appelle un « hydraplaneur ». Conçu par Yves Parlier, il est aujourd’hui sale et seul à côté des hangars où sont fabriqués les yachts de luxe de la marque Couach. L’histoire se passe sur le Bassin d’Arcachon, à Gujan-Mestras, et elle est triste comme un rafiot sans océan.

L’engin expérimental devait littéralement voler à une trentaine de centimètres au-dessus de l’eau, à grande vitesse et sans dépenser la moindre énergie fossile. Un joujou écolo qui aurait pu faire crac boum hue si des acheteurs avaient bien voulu dépenser leurs pépettes. Un bateau en un seul exemplaire, que son concepteur de marin n’a plus les moyens de réarmer. Et puis pour en faire quoi ? seul de sa catégorie, un peu comme l’ornithorynque est seul de son espèce, il ne peut participer à aucune course. Désormais, le bateau est à vendre. Les sponsors (dont un opérateur téléphonique) ont laissé tomber l’affaire. L’hydraplaneur git sur le bitume depuis cinq ans.

—> A cliquer : David PATSOURIS, « Gujan-Mestras : l’hydraplaneur de Parlier toujours à vendre », Sud-Ouest, 26 mars 2012

Un indice

Balade de fin de semaine dans le domaine de Fleury, sur la commune du Teich. Assez peu d’animaux par rapport à ce que nous avons l’habitude d’y croiser. Nous entendons les grenouilles mais ne les voyons pas, même les cormorans semblent avoir déserté les lieux. Déçue je suis, même si le doux soleil me rôtit le biceps en un rien de temps. Et puis, nous découvrons un indice précieux :

S’agit-il d’une peau de sac à main ayant divorcé de sa proprio ou de la peau d’un vrai serpent rampant encore dans les buissons ?
Nous ne distinguons aucun accessoire de mode féminin à l’horizon (si ce n’est un toutou de temps en temps), mais un froissement d’herbes nous fait sursauter, et nous voyons ça :

C’est donc une couleuvre, pas forcement celle qui a laissé sa peau en vrac sur la pelouse, mais la piste a néanmoins l’air solide. La bête, aux aguets, se replie sur elle-même façon ressort … :

… puis disparait, rapide comme un joueur de bonneteau.

Collection # 136

Crapauds dans l’eau
Jardin Public de Bordeaux, mars 2012

De l’utilité du crapauduc

Un crapauduc, c’est ça :

Et ça sert à ça :

Il y en a deux dans le Jardin Public de Bordeaux, permettant aux batraciens amoureux de conter fleurette dans le petit bassin situé devant le jardin botanique. C’est ainsi que l’on peut, si l’on est patient et attentif, tomber nez à nez avec un crapaud aux ravissants yeux rouges :

Parfois, on se demande si on ne se trouve pas face à E.T. lui-même :

Et enfin, il arrive que l’on puisse les voir nager. Mais pour cela, veuillez vous téléporter à l’annexe.

Copuler dans la rizière

Il parait que raconter des histoires salaces, ça fait grimper les stats. Que si tu mets « cul » et « sexe » dans ton blog, t’as plein de visiteurs. Et que c’est encore mieux si tu mets des photos, des vraies, pas des photoshopées. Soit. Je tente l’expérience.
L’histoire se passe donc en plein air (preuve que certains n’ont aucune pudeur, pire que le chat aux yeux verts qui drague en couinant, hurlant et urinant la minette d’à côté), mais le charme romantique est au rendez-vous, limite ambiance asiatique : en effet, nos deux tourtereaux jouent à zizipanpan dans une rizière. Que la rizière mesure moins d’un mètre carré, qu’elle soit juste là pour montrer aux gens comment pousse le riz, et enfin qu’elle se trouve dans le Jardin public de Bordeaux, n’enlève rien à l’élan torride qui unit notre couple. C’est la saison des amours, les hormones éclosent comme les jonquilles, youkaïdi youkaïda. Pour faire court, c’est la foire aux bisous chez les batraciens. Aurais-je oublié de préciser que l’histoire de Q ici présentée unit deux crapauds ? C’est fou ce que je suis étourdie, parfois.

Le tour du Domaine de Certes

Le Domaine de Certes est une des plus agréables balades du Bassin d’Arcachon, une des plus calmes, et aussi, à condition d’aimer marcher, une des plus faciles (on ne peut pas se perdre, il n’y a ni obstacle, ni pente). Autrefois domaine piscicole, ce site est aujourd’hui protégé (d’une manière curieuse : le chasseur  semble y avoir tous les droits, y compris celui d’y rouler en pétarou alors que les vélos sont interdits). J’avais déjà présenté ce lieu ici-même il y a plus de deux ans : cliquez ici pour la piqûre de rappel. Si on en croit les panneaux, la balade peut sembler un peu longuette pour l’après-midi :

La balade est en fait plus courte. Le tour du domaine lui-même (en jaune sur la carte) fait à peu près 9 km, et le retour (en bleu), qui emprunte des rues du bourg de Lanton et surtout une longue piste cyclable, en fait à peine 4 :

L’animal dominant, samedi dernier, était l’aigrette. Soit observant la mare et tournant le dos aux vaches bienheureuses qui paissent dans le coin… :

… soit seulette côté Bassin d’Arcachon, profitant de la basse mer pour patauger sur l’estran :

Bien sûr, il y avait aussi quelques cygnes et surtout beaucoup de mouettes et de colverts (preuve que les chasseurs ne leur font pas si peur). Tout aussi classiquement, les foulques étaient nombreux :

Plus rares, des spatules blanches en groupe cherchaient elles aussi tambouille dans les mares :

Le chemin retour, quoique plus monotone, ne manque pas d’intérêt dès lors qu’il emprunte la piste cyclable qui relie Lanton à Biganos. C’est une ligne bien droite, que longe un gazoduc :

Celui-ci apparaît au grand jour dès que des petits ponts franchissent les cours d’eau. Ce chemin, en effet, traverse un marécage :

Collection # 135

Balade le long de l’Isle
Camps-sur-l’Isle, mars 2012

La petite église du petit village

250 habitants à deux pas de la vallée de l’Isle, tellement dans la partie orientale de la Gironde qu’on a failli atterrir en Dordogne. Un paysage bucolique à souhait, très calme. Au cœur de la commune formée essentiellement de hameaux se trouve le bourg de Puynormand :

Le village tient son nom de l’arrivée des gens du nord, des Vikings, au moyen-âge. De ce moyen-âge, il reste une église, malheureusement fermée au public, qui a été bâtie entre le XIIe et le XVIe siècle.

Entourée des tombes du cimetière communal dans lequel vaquait un chat farouche, cette église romane se distingue tout d’abord par son clocher octogonal, celui-ci abritant deux cloches anciennes (l’une date du milieu du XVIIe siècle, l’autre du XIXe). Quelques vieilles pierres tombales sont posées le long des murs : celle qui figure sur cette note date apparemment de 1887. Les modillons, assez peu sculptés, sont très usés, mais l’on distingue malgré tout quelques éléments figuratifs. L’ensemble ne manque pas de charme et surprend finalement au beau milieu de cette campagne viticole.

Collection # 134

Les paons du parc
Blanquefort, Parc de Majolan, mars 2012

Réouverture des écluses

Ce n’est pas parce-qu’on vit sur une île qu’on a le pied marin. Les habitants de l’île d’Oléron furent davantage des agriculteurs que des navigateurs, du moins dans des temps anciens (la touristiculture a, aujourd’hui, peu ou prou remplacé le tout). Mais vivre au bord de la mer sans en manger les fruits, avouez que ce serait rageant, d’autant plus que, dans ces fameux temps anciens, la terre ne nourrissait pas toujours son homme. C’est pourquoi, unissant leurs forces, les Oléronais ont construit des pièges de pierre sur la côte rocheuse de l’île : les écluses à poissons.

Jusque dans les années 1970, ces écluses ont été exploitées de manière assez intensive. Bâties sur le domaine public, elles n’appartiennent à personne en particulier mais sont entretenues par un groupe d’habitants unis par contrat. La mise en place et l’entretien des digues est un travail d’équipe : un homme seul ne peut pas manipuler les pierres qui donnent à l’écluse sa forme de fer à cheval, ni même faire en sorte que les portes par lequel entrent l’eau et les poissons à marée montante (mais d’où ne ressort que l’eau à la descendante) soient parfaitement toujours opérationnelles. A tour de rôle, chaque membre de la petite communauté récupère la totalité des poissons piégés, souvent de belles pièces (bars, daurades, etc).
Cette activité est tombée en désuétude dans le dernier tiers du XXe siècle, et les écluses, non entretenues, se sont détruites : à la fin des années 1980, il n’en restait plus que 14, et encore n’étaient-elles plus vraiment utilisées, alors qu’il y en avait 237 à l’apogée de cette activité, au milieu du XIXe siècle. Depuis 1987, ces écluses sont conservées à titre patrimonial :

Plus récemment, des habitants de l’île ont décidé de reprendre cette activité : 17 écluses donnent à nouveau du poisson. Un article publié sur le site web de La Croix en février dernier évoque cette renaissance.

On a cru que c’était le printemps

On a déjeuné dehors plusieurs jours de suite, on a viré le pull et failli faire valser les chaussettes, on a pris le premier coup de soleil et fait les premières grillades dans le jardin. On a vu les premières pâquerettes, les premières violettes, les fleurettes dans les arbres et les lézards qui sortent de leur torpeur. On a vu les paons tenter de faire la roue, les canards galoper après les canes, les cormorans s’engueuler au bistrot du coin. Et puis il a plu, pile pour le carnaval aujourd’hui. Demain, nous ressortirons les manteaux chauds, nous dégivrerons le pare-brise, nous avons déjà refait du feu dans la cheminée.

Baba bosse le samedi

Ce pont, qui relie les deux rives de la Garonne, en amont du Pont d’Aquitaine, à Bordeaux, doit être mis en service en 2013. Il se dit même que la fête du Nouvel An pourrait avoir lieu sur le pont enfin achevé. Cela suppose de ne pas mollir un seul instant, de mettre les bouchées doubles, et donc de bosser même le week-end. C’est ainsi que, samedi dernier, nous y avons vu des ouvriers œuvrant pour que l’ouvrage ouvre à temps :

Et donc, en fin de semaine dernière, le pont en était là de sa construction :