A 400 km au sud de Bombay, sur la côte occidentale de l’Inde, Areva a commencé la construction de la centrale de Jaitapur. Deux beaux réacteurs EPR tout neufs, alors que ce modèle n’a fait ses preuves nulle part puisque aucun réacteur de ce type n’est achevé. Mise en service prévu pour 2014. Du bon courant pour l’Inde qui se développe malgré la crise, de bonnes pépettes pour Areva. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes atomiques. Sauf que Fukushima est passé par là, et que le site choisi pour la centrale de Jaitapur ressemble beaucoup au site nippon.
L’Inde est le deuxième pays au monde exposé aux risques naturels. Si les inondations y tiennent la première marche sur le podium, les séismes arrivent juste derrière, et concernent le pays largement au-delà de la région hautement sismique qu’est l’Himalaya. La côte ouest est ainsi très vulnérable, et a, à plusieurs reprises, été touchée par des tremblements de terre d’inégale gravité. La Commission géologique de l’Inde a classé la région comme étant « à risque élevé ». 60 secousses y ont été relevées entre 1995 et 2005. Depuis les années 1990, trois séismes y ont dépassé la magnitude 5 de l’échelle de Richter. Un peu plus loin dans le temps, le séisme de 1967 y a provoqué la rupture d’un barrage.
A cette menace évidente, les autorités indiennes répondent que les réacteurs sont situés suffisamment loin de la ligne de faille : argument très discutable, la limite choisie par l’Inde étant 5 km ! L’installation se trouvant à proximité du littoral, le risque de tsunami doit aussi être envisagé, or les autorités indiennes et Areva font comme si Fukushima n’avait donné aucune leçon, niant avec une belle harmonie les risques réels. Les populations locales, déjà délogées de leurs maisons et de leurs exploitations agricoles pour construire la centrale, manifestent en vain : on ne va pas arrêter net la construction du plus grand complexe nucléaire du monde pour quelques zozos inquiets ! La police a reçu l’ordre d’exercer la plus grande fermeté, ce qu’elle accomplit avec un zèle exemplaire : 22 manifestants pacifiques ont été arrêtés et inculpés de crimes, j’ai bien dit de crimes. A cela s’ajoute la destruction programmée d’un milieu riche par sa biodiversité quasi-unique au monde. Une fois de plus, l’industrie nucléaire affiche le plus grand mépris pour les hommes.


—> A cliquer :

—> Illustration : les panaches de vapeur d’eau de la centrale nucléaire de Golfech (Tarn-et-Garonne), vus d’avion en décembre 2011.

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