2,90 m

Un chiffre, une limite, la possibilité de continuer à vivre là ou pas, à 2,89 m, tu dégages ! Retour sur les zones noires (hypocritement renommées « zones de solidarité »), ces secteurs touchés par la tempête Xynthia il y a presque deux ans et que l’Etat, déjà fauché mais faisant semblant de l’ignorer, voulait racheter à des fins de démolition. Parce-que « plus jamais ça », plus jamais la mer qui entre dans les maisons ; comme on ne peut pas arrêter la mer (des digues en bon état ? non ?), enlevons les maisons. Ce plan tient peut-être la route dans certains secteurs qui n’auraient jamais du être urbanisés, comme en Vendée. Mais à d’autres endroits, la décision de l’Etat ressemble à un abus de pouvoir et à une décision pour le moins hâtive. Les riverains du chenal de La Perrotine, sur l’île d’Oléron, l’ont vite et bien compris et se battent depuis pour sauver leurs villages : La Perrotine et Boyardville. Si une trentaine de bâtiments ont d’ores et déjà étaient vendus à l’Etat par leurs propriétaires, il en reste beaucoup pour lesquels les décisions définitives ne sont pas prises.
La semaine dernière, l’Etat a fixé l’altitude minimum à laquelle devait être construit chaque bâtiment pour être préservé de la démolition : 2,90 m. Mais, si ce chiffre ne semble pas faire polémique en lui-même, la colère gronde néanmoins. En effet, cette mesure ne prend pas en compte la présence de mezzanine car il semble difficile d’y accueillir 20 personnes. Tu connais beaucoup de deux-pièces cuisine pour 20 personnes, toi ? De même, la présence de marches surélevant le plancher habitable de la maison n’est pas pris en compte, or deux ou trois marches, ça change tout. Bref, les comptes ne sont toujours pas bons, mais les riverains ne perdent pas espoir, comptant sur la liste des incohérences pour inverser la vapeur. Selon la préfète de Charente-Maritime, il ne resterait plus que 25 bâtiments à détruire (20 maisons, 5 appartements), et les riverains espèrent faire descendre ce chiffre à 15. Affaire à suivre.


—> Sources :
trois articles récemment parus dans Sud-Ouest (« La zone de solidarité mieux définie à Oléron » le 3 janvier, « Xynthia hante toujours Boyardville » le 4 janvier, et « Dernier carré des expropriables » le 5 janvier)

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