Collection # 124

Du côté du Vieux Port
Marseille, 23 décembre 2011

Voilà pourquoi je ne mange jamais d’huîtres hors de la zone de production

Un peu long, ce titre. Du coup, plus rien à écrire derrière. Si ce n’est que, outre pour la fraîcheur du produit et le goût, j’ai trouvé à Marseille une raison essentielle me poussant à me passer d’huîtres lorsque je suis loin de leur zone de production : le prix. Certes, il s’agit apparemment de « spéciales », plus chères que les fines de claires (or je préfère ces dernières, plus iodées et moins grasses), mais quand même … Un prix quasiment multiplié par deux, ça laisse pantois :

Il est frais, mon poisson, il est frais !

Il y a un inévitable côté folklorique dans cette vente de poissons au cul des bateaux, sur le Vieux Port de Marseille. Bien sûr. Un peu comme dans Asterix, sauf que, là, le poisson est vraiment frais, avec les ouïes rouges et les yeux qui brillent. Tu aurais vu ces rougets, et puis ces bonites, et puis les poulpes qui nageaient encore, les soles … Tout cela vient de tout petits bateaux, d’où l’on décroche patiemment les dernières sardines :


La sardine qui a bouché le port de Marseille ? s’il s’agit bien, comme le dit l’histoire, du nom d’un bateau qui se serait renversé à l’entrée du port, il est clair qu’il devait être beaucoup plus gros que ces joujoux flottants :


Dans tous les cas, ce qui compte, c’est l’extraordinaire fraicheur du poisson, rien à voir avec ce qu’on trouve dans les supermarchés (voire les marchés tout court) éloignés des lieux de pêche. Elle est belle, ma daurade, elle est belle !

Le fils du gardien de phare est tombé dans le panneau

Clet Abraham, 45 ans, fils de gardien de phare, artiste ayant étudié aux Beaux-Arts de Rennes et exposé à Nantes, Paris et dans plusieurs villes d’Italie, est finalement plus connu du grand public pour ses œuvres urbaines et drôles. Ce Breton vit à Florence depuis 2005, et c’est dans les grandes villes italiennes qu’il semble avoir le plus sévit à ce jour : la photo qui illustre cette note a été prise à Rome en février 2011.
Le principe est simple a priori, encore fallait-il y avoir pensé : il s’agit de détourner des panneaux de signalisation, à coup de stickers home-made et collés de nuit par l’artiste lui-même. Parfois, l’œuvre choque les bien-pensant, pour qui tout semblant d’attaque à leur croyance religieuse est considéré comme une haute trahison. Je préfère en rire. Une image a ainsi provoqué la colère, non pas divine, mais bien terrestre, de citoyens de Rome outrés par la transformation de panneaux indiquant une voie sans issue : cliquez ici pour voir de quoi il s’agit, rien de bien choquant, vous en conviendrez.
Ce matin, l’artiste a droit à un article dans Ouest-France. Article qui nous informe sur l’ampleur de l’œuvre (environ 5000 panneaux détournés à ce jour), la manière dont Clet Abraham gagne sa croûte (vente d’œuvres dans des galeries mais aussi d’objets dérivés dans sa propre boutique), les signes de son succès (non pas en euros mais en fans sur Facebook).

Méfions-nous de l’escolier

L’escolier noir (ou escolar dans le monde anglo-saxon) porte souvent le nom erroné de butterfish (et même de « bar » pendant un temps au Royaume-Uni, sacrée arnaque !). A première vue, c’est un poisson banal, on raconte même que son goût se rapproche de celui du flétan. Il est pêché dans les eaux tropicales et tempérées. C’est une belle bête qui peut atteindre 45 kg, et il n’est même pas en voie de disparition. Pendant longtemps, les Japonais en ont fait des sushis. Mais aujourd’hui, au Japon et en Italie (et peut-être dans d’autres pays), ce poisson est interdit à la vente.
Et pourtant …  On le trouve apparemment facilement sous sa forme surgelée, je n’ai pas l’impression qu’il soit interdit en France, des recettes existent même sur le web, sans aucune mention d’un quelconque problème.
Outre le fait que l’escolier noir soit un excellent capteur de mercure, et à ce titre il est déjà déconseillé de le consommer fréquemment, c’est surtout un poisson qui, comme certains champignons, peut avoir des effets notoires et désagréables sur le système digestif. Sans être hautement toxique (on n’en meurt pas, il ne détruit pas le foie), il provoque des diarrhées parfois spectaculaires. Celles-ci sont provoquées par une huile contenue dans le poisson, que l’organisme humain est totalement incapable de digérer. De plus, s’il est mal conservé, l’escolier peut provoquer des réactions allergiques. Bref, pour le repas de ce soir, nous ferons soles. Ça, au moins, c’est sûr et c’est bon.

—> A écouter : une émission de Radio-Canada évoquant les risques de la consommation de ce poisson (6’18 »)

Collection # 123

Il y a le ciel, le soleil et la mer
Pointe du Cap Ferret, 18 décembre 2011