Le meilleur moyen de se débarrasser d’un envahisseur, c’est encore de le manger

Qu’on se le dise, loin de moins tout instinct anthropophagique : je sors de table, je n’ai plus faim. L’envahisseur dont je parle est un mollusque, dont la double particularité est de se nourrir de plancton et de n’avoir aucun prédateur. Aucun prédateur ? faut voir. Si l’humain s’en mêle …
Il s’agit de la crépidule, qui a suivi les temps forts de l’histoire contemporaine pour arriver sur nos côtes (la photo qui illustre cette note a été prise sur l’île d’Oléron). A l’origine, le gastéropode vivait uniquement sur les côtes atlantiques de l’Amérique du Nord. Il a embarqué depuis les côtes de Virginie sur des bateaux anglais qui y avaient apporté des huîtres. Voilà la bête en Grande-Bretagne, autant dire en Bretagne tout court : la Manche n’est pas si large. Lors de la IIe Guerre Mondiale, l’animal participe cette fois au Débarquement, celui du 6 juin 1944. Collée aux coques des bateaux, la traversée de la Manche permet à la crépidule de s’installer durablement sur les côtes françaises. Actuellement, par sa prolifération, elle met en péril les écosystèmes des rives de la Manche, Bretagne et Normandie, et devient ingérable du côté de la rade de Brest. Plus au sud, elle est présente aussi, mais moins. Cependant, partout où elle est présente, elle inquiète les éleveurs d’huîtres et les pêcheurs de St-Jacques, car la bête adore se coller sur les coquilles de ces animaux à haute valeur gustative, ce qui les empêche de se nourrir.
Que faire ? d’abord leur faire boire du café. Je ne rigole pas, un chercheur envisage d’utiliser la caféine pour stériliser les bestioles. Tu parles d’un boulot ! En même temps, l’idée n’est pas sotte : le nom latin de l’animal est crepidula fornicata, tu vois où l’étymologie nous amène ! On peut aussi les broyer et obtenir un engrais bio. Pas mal, mais un peu brutal.
Dernière solution : et si on les mangeait ? si on y met autant d’ardeur que pour le cabillaud ou le thon rouge, la messe sera vite dite. L’industrie agro-alimentaire s’y colle, affirmant que la saveur iodée de la crépidule pourrait en faire un plat raffiné. On évoque aussi un arrière-goût de noisette. Les amateurs ne voulant pas fricoter avec les industriels champions des plats surgelés, peuvent se débrouiller eux-mêmes : il parait que c’est facile à cuire au court-bouillon et que c’est très bon avec un aïoli.

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