Un tiers d’EDF descend de la montagne

La montagne, la vraie : les monts d’Arrée, au cœur de la Bretagne. EDF, c’est le trio Patrick Ewen, Gérard Delahaye, Melaine Favennec. Du pur beurre au chouchen, avec une grande barbe blanche qui trempe dedans pour Patrick Ewen. Ce Breton-là, je l’ai croisé il y a à peu près 20 ans lors d’un concours de conteurs, dans la jolie ville des bords de Vilaine qu’est Redon. Et puis Patrick Ewen, que j’ai beaucoup écouté, pour ses contes et ses chansons sur les Monts d’Arrée, ce pays « pour les hommes forts qui boivent cul sec et qui puent des pieds », Patrick Ewen, disais-je, est plus ou moins sorti de ma mémoire. Jusqu’à aujourd’hui où je découvre qu’il vient de participer à un festival en Dordogne. La barbe blanche n’a pas raccourci d’un millimètre, l’homme n’a pas changé. Petit extrait :

Collection # 120

Chats des villes et chats des champs

Balade digestive au Parc Bordelais

Quoi de mieux, après le déjeuner dominical, dégusté dans le jardin (avec pulls et polaires, mais dans le jardin quand même), qu’une petite baguenaude dans un des plus jolis parcs de Bordeaux ?
Pourquoi ce parc-là ? mais parce-que les champignons y grimpent aux arbres, la grive se cache mais pas trop, les lapins se tiennent chaud et les cormorans causent en séchant. Tout simplement.

La chasse, c’est écolo. Et puis c’est propre.

Les chasseurs sont des gens sympathiques, dont les chiens bien dressés ne te cherchent ni d’embrouille ni te reniflent le derche. Souvent. Parfois. Faut voir. No problem avec les toutous. Mais parfois, le chasseur a eu son permis dans un kinder-surprise, avec une bouteille de pastis. J’exagère, je sais, mais ce n’est quand même pas moi, il y a quelques semaines, qui ai zigouillé une cigogne en pensant que c’était un canard. S’est fait chambrer, l’homme au fusil.
Ce qui m’énerve, ce sont les passe-droit. La possibilité, par exemple, d’emprunter avec la voiture les voies forestières réservées aux pompiers. C’est autorisé, il y a le papier tamponné derrière le pare-brise. Et puis, parfois, l’autocollant façon « je suis chasseur et j’en suis fier ». Maillon du développement durable, qu’ils disent (photo prise sur l’île d’Oléron). Peut-être. Admettons que le sanglier, qui se reproduit comme un lapin, soit un animal en surnombre. Admettons.


Mais alors, faut aller jusqu’au bout de la logique et faire le ménage après la virée tapageuse. Parce-que ces restes de cartouches, au pied de la palombière sur le Bassin d’Arcachon, ça fait désordre :

Collection # 119

Le port du Chapus (localisation)
Bourcefranc-le-Chapus, 29 octobre 2011

Caliméro avec particule

C’est un article du Courrier International n° 1098 (17-23 novembre) qui a attiré mon attention. Traduit du Wall Street Journal, il s’intitule « Le sang d’encre des sangs bleus », et ne manque pas d’ironie. On y apprend que les nobles, en France, sont désespérés. Unis en association d’entraide (ANF : Association d’Entraide de la Noblesse Française), ils tentent de s’intégrer dans le monde moderne sans déroger à leur rang.
Or, quand on est noble, on déroge en travaillant. Pas bien, ça, le travail. Un truc de roturier, de manant, de traîne-savate. Je connais pas mal de gens qui aimeraient bien commettre cette faute grave qui consiste à se lever à l’heure d’Audrey Pulvar le matin pour aller au turbin : on les appelle les chômeurs. N’empêche que, ces pauvres nobles qui n’ont plus que l’été pour rejoindre les terres et châteaux de leurs ancêtres, sont bien plus malheureux (certains n’ont que 20 chambres dans leur logis, ils se sentent à l’étroit, forcément).
Personne ne comprend leur désarroi ni ne pleure leur disparition. Parce-qu’ils disparaissent, et oui. Ça c’est la faute à la République : plus de roi, plus de noble. Logique. Et aussi la faute de leurs sottes de filles qui préfèrent se marier avec un roturier friqué plutôt qu’avec un aristo fauché. Du coup le nom se perd. Diantre ! Mais où va la France ?

—> Illustration : costume de cérémonie de la noblesse lors de la réunion des Etats-Généraux de mai 1789.

Balade dominicale

On avait prévu ciné, ou balade sur les quais, un dimanche un peu automnal. Mais ce midi, alors que nous déjeunions dehors, en t-shirt, on s’est dit qu’une si jolie journée d’été se devait d’être maritime. Ou forestière. Ou les deux. D’où Andernos, une de nos plus habituelles balades, pas seulement parce-que c’est relativement près de notre home sweet home. Stationnement au niveau du port ostréicole, et premier coup d’œil sur le Bassin d’Arcachon, à marée à peine descendante :


Nous commençons la balade par la forêt, avec certes dans la tête l’idée de trouver quelques champignons qui se mangent, mais aussi de regarder des plus rigolos pas forcément comestibles ou dignes d’un quelconque intérêt culinaire, mais qui parfois poussent carrément dans les troncs d’arbres tombés à terre :


Le plus beau, finalement, fut peut-être le trajet retour, côté mer. Nous entendions au loin le braillement incessant des oies, et le soleil déclinait à vue d’œil. Marée basse, lumière rasante, les algues qui prennent une teinte flashy :


Et pour finir, la carte postale, un peu plan-plan, pas du grand art, mais ça fait tellement de bien cette couleur-là le soir, lorsque le port ostréicole devint rouge-orangé :