C’est loin la Papouasie, très loin. C’est un petit bout de l’archipel indonésien depuis que l’Indonésie en a décidé ainsi, il y a près de 50 ans. Les Papous depuis subissent.
Sur leur île se trouve la plus vaste mine d’or et de cuivre au monde. Tellement vaste que l’espace saccagé par l’exploitation des minerais équivaut à peu de chose près à la superficie de la Belgique. Cette mine porte le nom de Grasberg, c’est là :

La mine est exploitée par une boite américaine basée à Phoenix, dans l’Arizona, qui se moque pas mal des dégâts écologiques et sociaux. Vu d’Arizona aussi, la Papouasie, c’est loin. Cela fait 21 ans maintenant que cela dure, au détriment des écosystèmes et des 24 000 employés. Pour moins d’un gramme d’or extrait par tonne de terre et de caillasses manipulée, ce sont 700 000 tonnes de déchets qui se retrouvent chaque jour dans la nature, polluant l’eau que les habitants consomment malgré tout. Mais l’Etat indonésien ne tente rien pour inciter la firme américaine à revoir ses modes d’extraction : la manne financière est trop belle, on ne tue pas la poule aux œufs d’or.
Depuis la mise en service de la mine, les ouvriers réclament régulièrement des salaires décents et des conditions de travail moins dangereuses. Ils demandent un doublement de leur salaire (un syndicat demande même qu’il soit multiplié par huit, pour tenir compte des conditions de travail : la mine se trouve entre 3 200 et 4 200 mètres d’altitude). Quand celui-ci atteint tout juste un euro par jour, ça relativise la demande. Celle-ci est néanmoins refusée systématiquement. A tel point qu’entre la moitié et les deux-tiers des mineurs sont actuellement en grève. Grève mal vue : il y a déjà eu deux morts et sept blessés parmi les mineurs, dont un brave type qui s’est fait descendre par un flic. Le propriétaire de la mine a aussi engagé des intérimaires pour poursuivre la production, et accessoirement pour briser la grève.
Ce qui fait néanmoins la force des mineurs indonésiens vient de l’autre côté du Pacifique : la même entreprise exploite une mine de cuivre au Pérou, les mineurs viennent de se lancer eux aussi dans une grève qui s’annonce dure. Affaire à suivre, si tant est que les médias lèvent le nez de leur pré carré et de la mise bas de la première dame de France.

—> Sources :

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