Bref coup d’œil sur Millau

Millau, désormais plus célèbre pour son immense viaduc qui enjambe un ridicule Tarn tout riquiqui au fond de son lit que pour son McDo démonté (remonté depuis, dommage !), est une petite ville que je connais depuis très très longtemps. Alors forcément, pour la visite touristique classique, guide sous le bras et références en tête, c’est râpé. J’y fais un tour, comme ça, le matin en été, histoire de prendre l’air, de regarder le bric-à-brac des puces du dimanche :


C’est une ville simple. Les noms de rues correspondent peu ou prou à ce quoi elles ressemblent :


Il y a quelques beaux bâtiments, notamment un beffroi, mais surtout il y a des places ombragées (vital en été !) et des rues qui, au fur et à mesure des ravalements, prennent des couleurs :

Collection # 107

La foule

Balade à La Couvertoirade

Les habitants du Larzac ne passent pas leur vie à contester des décisions prises ailleurs et nuisibles à tous, même si la note laissée ici-même hier pouvait le laisser penser. Non, ce sont des gens comme vous et moi, qui aiment aussi se détendre :


Détente d’autant plus nécessaire que ces charmants villages du Larzac, comme ici La Couvertoirade, attirent les touristes, et ça fait du boulot. Il faut leur faire faire le tour du village, expliquer, travailler à l’ancienne, fabriquer artisanalement les jolis objets que l’on vend soi-même dans les boutiques de pierres …


Il faut dire que La Couvertoirade est un must du tourisme aveyronnais. Par son histoire peut-être : une cité templière, autour de laquelle les chevaliers faisaient élever des chevaux (pour la guerre) et des moutons (sans lesquels le Larzac ne serait pas ce qu’il est). La mythologie médiévale, les histoires du trésor caché, la fin brutale et brûlante (au sens propre du terme) des derniers Templiers, tout cela attire le vacancier. On imagine même, peut-être, la vie héroïque d’un chevalier aujourd’hui enseveli sous cette stèle discoïdale. Sauf que, les stèles proches de l’église ne sont là que pour faire joli, et ne signalent aucune tombe. C’est ainsi.


En fait, ce qui m’attire dans ce village, c’est tout simplement son calme (les voitures et les pétarous sont priés de rester au parking, à l’extérieur de l’enceinte) et sa beauté, celle de toutes ses pierres et de ses toits de lauzes :


Terre de contestation

1971 : « gardarem lou Larzac », où comment l’appel de 103 agriculteurs (dont le pas encore célèbre José Bové) a empêché le gouvernement de multiplier par plus de quatre la surface du terrain militaire du Larzac. La brebis avant les missiles et les fusils. Les habitants des villages du plus politisé plateau de France n’ont pas la mémoire courte et, à La Couvertoirade (entre autres …), on se souvient.
Pas étonnant donc, qu’au printemps dernier, ces mêmes villageois, et le même José Bové, aient remporté une petite victoire (mais il faut rester vigilant) dans l’histoire des gaz des schistes. Entre nous, le gouvernement ne s’attendait-il pas à une méritée volée de bois vert en autorisant en douce l’exploration du Larzac en vue d’y mettre de l’eau dans le gaz ? Tant de naïveté m’émeut … L’habitant du coin ne s’en laisse point compter, affichant ses saines positions au-dessus de la cardabelle traditionnelle.

Le début de la fin

Même si le débardeur reste la tenue de base, même s’il y a encore du monde sur les plages, même si on dîne encore dehors sans allumer la lumière, même si … On sent bien que l’été tire à sa fin. Il reste des fraises mais il y a de plus en plus de raisin sur le marché, les trémières commencent à faner, la rocade est blindée dans le sens dit « des retours », les hirondelles, faute de fils électriques, se rassemblent sur les branches d’arbres. On profite encore un peu, mais les e-mails estampillés « boulot » recommencent à s’échanger, un agenda neuf a été acheté, et d’ici peu, c’est la voix d’Audrey Pulvar qui nous réveillera le matin.
Il ne reste plus qu’à trier les photos de l’été, à se souvenir, et à publier. Bonne soirée !

Rumeur

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Il y avait foule au phare

Forcément, il y avait foule. Cumul de week-end du 15 août avec temps pisseux, que veux-tu que le baignassout’ fasse puisqu’il ne peut pas faire plage ? Sur Oléron, le baignassout’, c’est le touriste. Il se baigne et il dépense ses sous. Il est surtout nombreux, je sais de quoi je parle, je fais partie de la troupe. Et donc, une des balades classiques par temps de flotte, c’est le phare de Chassiron, tout au nord de l’île ; ce n’est pas un hasard si la boutique de souvenirs s’appelle « Au touriste » :

Habitués à l’île hors saison, jurant, mais un peu tard, que nous n’y mettrions plus jamais les pieds lors de ce type de week-end férié estival, nous avons dirigé nos pompes, de flaque en flaque, vers la falaise. La falaise, ou ce qu’il en reste. L’érosion abat un boulot d’enfer, obligeant les services publics à reculer chaque année les barrières de protection, mais ne pouvant plus rien pour les arbres :

Et puis, un peu à l’écart, lorsque le touriste commence à se faire rare, seul sur sa plage, le pêcheur, tranquille :

Collection # 106

Street art du côté la caserne
Bordeaux, quartier de la Bastide, ancienne Caserne Niel et ses abords immédiats (juillet 2011)

Darwin à la caserne

Retour sur une balade de juillet, tout simplement à Bordeaux, en rive droite. Un immense espace, largement tagué (parfois fort bien) et en partie squatté. Des bâtiments tout en longueur, abandonnés depuis le début des années 2000, et qui devraient se transformer en logements et bureaux un de ces jours. Pour l’instant, c’est un peu la jungle.
Il s’agit d’une immense friche comprenant à la fois un ancien dépôt SNCF et une caserne, la caserne Niel, qui a connu son heure de gloire après la guerre de 1870, en accueillant notamment le 18e régiment du Train et de l’Artillerie. Sous l’Occupation, les bâtiments, réquisitionnés par l’armée nazie, servirent de logements aux prisonniers espagnols chargés de construire la base sous-marine de Bordeaux.
Et l’avenir ? le projet, porté par la Communauté Urbaine de Bordeaux, se nomme Darwin. Idée d’un écoquartier, que j’espère moins attrape-couillon que celui du Lac (le quartier Ginko, une erreur et une horreur). 30 hectares de friches à transformer en logements (plus de 2 000), commerces, bureaux, services, le tout en partie alimenté en électricité par 700 m2 de panneaux photovoltaïques. On y espère la création de 250 emplois. Affaire à suivre …

—> A cliquer :

Un morceau du tablier de Baba

L’histoire a commencé à se concrétiser fin 2009, lorsque, de part et d’autre de la Garonne, des engins se sont mis à creuser. But du jeu : un nouveau pont pour Bordeaux (qui en compte fort peu), qui relie le quartier de Bacalan en rive gauche à celui de la Bastide en rive droite. Le pont Bacalan-Bastide devint assez vite le pont Baba, y compris pour nos élus (le président de la Communauté urbaine de Bordeaux, Monsieur Vincent FELTESSE, a ainsi surpris une partie du lectorat de Sud-Ouest en employant récemment ce surnom). Jusqu’à une date récente, de ce pont nous ne comprenions rien : travaux de terrassement, grues très hautes, mais il est où le pont ? il faut dire que l’ouvrage, dont le tablier est en métal, a la particularité d’être un pont levant, ceci afin de permettre l’accès des paquebots au port de la Lune. Cela complique les travaux, forcément. C’est depuis dimanche que la chose commence réellement à ressembler à ce qu’elle sera en 2012. Sur l’heure du déjeuner, nous avons vu ceci :


Une barge énorme, bien plus imposante que celle qui transporte les morceaux d’A380, s’est pointée. Elle transportait deux morceaux du tablier fixe du pont, qui formeront le tiers de l’ensemble, côté rive droite. Le tablier, fabriqué près de Venise, est venu par mer, contournant l’Italie, franchissant Gibraltar. Ce ne fut sans doute pas simple, et, finalement, on se dit que le passage à proximité des premières piles du pont, encore en chantier, était un jeu d’enfant :


Oui mais tout ceci fut lent, minuté, pointilleux. Trois remorqueurs à la manœuvre pour amener l’ensemble à son point d’accotement, dont un, plus petit, semblait faire des efforts considérables :


Hier en fin de journée et pendant une partie de la nuit, un des deux morceaux apportés dimanche fut posé, l’autre le sera normalement à partir de demain. La photo ci-dessous a été prise aujourd’hui en toute fin d’après-midi :

Il fut un temps où les méthodes commerciales chinoises faisaient rêver

Le mot « mondialisation » n’était pas à la mode, les 30 Glorieuses donnaient l’illusion d’être éternelles, la Chine n’était qu’un pays pauvre tenu d’une main de fer par un certain Mao ; nous étions en 1970.
Si la vidéo ne s’affiche pas correctement, cliquez ici.

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Il fut un temps où les méthodes commerciales ch…, posted with vodpod

Collection # 105

Coup d’œil sur le marais
Parc naturel régional de Brière, juillet 2011

Un petit côté « village d’Astérix »

3000 maisons briéronnes sont couvertes de chaume, ce qui représente environ 60% des couvertures de ce type en France. La plupart des ces maisons sont anciennes et souvent petites, mais pas toutes : la couverture chaume, c’est tendance, même si les tiges de roseau ne viennent plus du marais de Brière mais sont importées.
Esthétiquement, cela rompt avec les traditionnelles ardoises de la région. Le toit est plus épais (environ 30-35 cm d’épaisseur), plus « dodu », on dirait un peu les toits du village d’Astérix.
Bien que plus onéreux qu’un toit classique, le toit de chaume semble n’avoir que des avantages : excellent isolant thermique (donc bien noté côté développement durable), pas plus propice aux incendies qu’un autre toit (la preuve : les assureurs ne semblent pas majorer les contrats), parfaitement étanche, répulsif vis-à-vis des animaux qui seraient tentés d’y faire leur nid.
Par contre, en plus du coût de départ, il y a aussi un entretien plus important que sur les ardoises ou les tuiles (tous les trois ans minimum), d’autant plus que le chaume s’amoindrit au fil du temps. Au final, si elle est bien entretenue, la toiture en chaume dure à peu près aussi longtemps qu’une toiture classique.

Les multiples usages du chaland

La Brière est le deuxième marais de France par sa taille, derrière la Camargue et devant le Marais Poitevin, mais lui, ce n’est pas un vrai : les canaux sont l’œuvre de l’homme, et en plus le marais y est quasi asséché par le maïs, alors qu’en Brière, l’homme n’a rien creusé, ou si peu, et si le paysan du coin a la drôle d’idée de faire du maïs et de pomper l’eau du marais, il passe un sale quart d’heure. La Brière, c’est là :

Un coin d’exotisme à moins d’une heure de Nantes et à un quart d’heure de St-Nazaire, d’ailleurs le premier employeur des Briérons, c’est le chantier naval de St-Naz. Un monde à part, avec un accent à couper à la scie électrique, des anguilles en friture dans les assiettes, et les mômes qui savent manier le chaland avant de savoir parler. Un chaland, donc, c’est quoi ?
C’est une simple barque à fond plat, qui avance à la perche (ailleurs, on dirait « à la godille ») ou au moteur. Originellement, elle est en bois, mais avec l’eau, le bois gonfle, et parfois le chaland coule. Aujourd’hui, le chaland est en résine ou parfois en fer, construit avec des résidus chopés sur le chantier naval. Te rends-tu compte, camarade, qu’il y a peut-être des bouts du Queen Mary II dans les barques du marais ? L’avantage du fer, c’est que ça peut faire brise-glace en hiver, sinon c’est un chaland ordinaire :


Chaque famille en possède au-moins un, accessible au fond du jardin, puisque toutes les propriétés ont un accès direct au marais. Le chaland, ça sert d’abord à pêcher, en posant des nasses ou en lançant un filet :


On peut aussi y installer un carrelet :


Ça sert aussi à chasser. Le chaland entre dans la hutte, chasseur et fusil à bord, et vlan! sur le bec du colvert ou de l’oie, ou même du cormoran :


C’est pas que ça se mange, le cormoran, mais comme ça fait concurrence aux pêcheurs question ramassage du poisson, on le dessoude et on le balance dans le marais, ni vu ni connu.
Les habitants du coin aimeraient bien traiter deux autres prédateurs comme ils traitent le cormoran, mais ils sont plus coriaces, ou se reproduisent plus vite : ce sont les écrevisses made in USA, qui ont éradiquer toutes les grenouilles, et les ragondins, dont on fait du pâté qui, parait-il, a goût de lièvre.
Le chaland, ça sert enfin à balader le badaud, touriste venu de loin ou pas, tout ébahi devant une telle étendue d’eau. Et encore là, en été, c’est rien, mais faut revenir en hiver : le marais déborde.

Là-bas, c’est la mine

Plage de Damgan (Morbihan), un soir de juillet. Je regarde vers le sud-est, en direction de l’estuaire de la Vilaine. Une falaise brille sous le soleil, envoyant ses lueurs orangées et rougeoyantes vers un appareil-photo qui ne se lasse pas de zoomer sur ce paysage-là. Il s’agit de la plage de la Mine d’Or, à Pénestin (Morbihan aussi) :


On pourrait penser que le nom du lieu vient de la sublime lumière du soleil rasant. C’est bien moins poétique que ça (quoique …). Il y a simplement eu de l’or sur cette plage et cette falaise en a chopé des miettes. On a même un peu exploité cet or à la fin du XIXe siècle, mais le filon était trop maigre pour nourrir correctement son homme. Point de ruée vers l’or façon western dans le Morbihan, par contre on y a pendant un temps exploité un filon d’étain ; la rumeur dit même que le nom de « Pénestin » vient de cette extraction-là, mais aucune preuve.

Un vieil amer

Sud du Morbihan, commune de Damgan, un peu à l’écart des touristes, qui préfèrent la plage. Nous sommes à l’embouchure de la rivière de Penerf, plus précisément à la pointe du Lenn. Il y a là, sur le rocher, une construction un peu atypique :


Il s’agit de la Tour des Anglais, dont l’origine du nom n’est pas bien éclaircie à ce jour. Avant 1925, les cartes la mentionnent sous le nom de « Tour de Pénerf ». De même, on ignore sa date de construction : des textes nous apprennent qu’elle remonte à François Ier, mais lequel ? le roi de France (1515-1547) ou le Duc de Bretagne (1442-1450) ? Bref, la chose est ancienne. Malgré une restauration en 1978, l’inventaire des Monuments historiques considère la tour comme en mauvais état, il se pourrait même que l’alliance tempêtes / fortes marées finisse par l’abattre. Il faut dire qu’elle est dans la ligne de mire des courants d’ouest :

 

A quoi servait cette chose ? assez sûrement de phare lors de sa construction, mais rien à voir avec nos phares modernes, on parle d’ailleurs de « tour à feu ». C’est encore aujourd’hui un amer, c’est-à-dire un simple repère pour les navires. Quelques sites web consultés de-ci de-là évoquent vaguement un élément défensif, mais sans certitude.

Collection # 104

Promenons-nous dans les bois
Ile d’Oléron, juillet 2011

Regardez-le bien, regardez-le mieux

Qu’est-ce qu’il faut regarder ? le vieux port du Château d’Oléron, qui abrite les plates des ostréiculteurs locaux, et qui est si joli vu d’en haut :


En effet, les plates vont migrer vers un bassin tout neuf, plus grand, mais peut-être moins bien situé (sauf pour le chouette resto « La Courtine », dont la terrasse calme donnera pile dessus) :

Les travaux à eux seuls ont été une aventure. Des malfaçons, des problèmes divers trop techniques pour que j’y comprenne quelque chose, ont offert à l’ensemble deux bonnes années de retard. Même aujourd’hui, alors que le plus gros est achevé, les plates restent dans le vieux port : les nouveaux appontements devaient être livrés il y a deux semaines, on attend toujours (voir article de Sud-Ouest de mars 2011).