Un peu de fraîcheur dans la forêt de Sare

Ce matin, en déposant une image de la forêt de Sare à l’annexe, je me suis remis dans l’état d’esprit qui était le mien dimanche dernier : Pays Basque, 40°C à l’ombre, pas un poil de vent, heure de la digestion. Pour faire court, une grosse mollesse, un besoin de fraîcheur. Un peu par hasard, nous avons stoppé notre carrosse au bord d’un petit ruisseau caillouteux (en VO, on doit dire « torrent », non ?), en pleine forêt de Sare. Il paraît que c’est une des plus vieille forêt d’Europe, que certaines chênes sont si anciens qu’ils mesurent plus de deux mètres de diamètre. Il parait. Parce-que, anéantis pas la chaleur, nous n’avons rien exploré, nous contentant avec délice de nous asseoir sur de grosses pierres du ruisseau, les petons dans l’eau.

Airs de fêtes

Le 24 juin, un peu avant, un peu après, c’est la St-Jean. Fête païenne du solstice d’été, religieusement récupérée lors de la christianisation de la Gaule, mais il en est resté, même dans des régions aussi croyantes que le Pays Basque, la coutume du feu de la St-Jean et surtout beaucoup de chants, de danses, de musiques. Et c’est donc tout naturellement dans la ville de St-Jean-de-Luz que les fêtes battent leur plein chaque année, unissant tous les habitants, ceux-ci s’habillant de noir et de rouge.  Extrait d’un moment très basque … ou pas :

Collection # 101

Clichés basques

La douce lumière du Pays Basque

Les trois couleurs du Pays Basque sont le vert, le vert et le vert. Il parait que c’est le climat océanique qui colore ainsi les douces montagnes. Hier, c’est la grosse chaleur qui sévissait, et plutôt que de partir à l’assaut de la Rhune, nous avons préféré nous tremper le peton dans un ruisseau de la forêt de Sare. Dès le matin, la brume de chaleur adoucissait les collines, les brebis se distinguant à peine de la bonne prairie :


C’est l’heure du petit-déjeuner, et, tandis que les fêtards de St-Jean-de-Luz se reposent de leur nuit de danses, chants et boissons diverses avec de l’alcool dedans,  je regarde les champs de piments d’Espelette par la fenêtre de l’hôtel :


On est en pleine carte postale. Un paysage vert comme c’est écrit dans les guides touristiques, avec les maisons reconnaissables entre toutes comme purs produits d’Euskadi, de grosses bâtisses blanches veinées de rouge :

Petite visite du Bélem

Le Bélem, brave trois-mâts de 115 ans, vient faire son petit tour annuel dans le port de la Lune, en général en juin, lors de la fête du vin les années paires, de la fête du fleuve les années impaires. Les visites sont possibles en échange d’une obole de 5 €, parce-que ça coûte des sous, l’entretien d’un vieux rafiot en fer ! Le Bélem est comme dans mes souvenirs, pas immense, mais drôlement beau, avec ses bois qui brillent, ses voiles écrues :


On a bien un peu une impression de bazar, de loin … :


… mais, comme sur tout navire digne de ce nom, rien n’est laissé au hasard, le rangement atteint même une sorte d’esthétisme :


Plus que l’aspect « joli bateau à voiles », c’est le côté technique qui a attiré mon attention, en priorité celui qui sent le cambouis, le truc sombre où il fait une chaleur d’enfer, à savoir la salle des machines, que l’on aperçoit en se tordant le cou :

Dans un même ordre d’idée, au rayon du « bien graissé », le système permettant de manipuler l’ancre :


Et enfin, l’atelier du bosco :

Le bac est donné ?

La polémique autour du fuitage du sujet de maths en S enfle et devient délirante, moi-même suis tombée dans le panneau, en lisant dans Le Monde qu’une indulgence particulière serait demandée aux jurys, que les candidats de S (soit en gros la moitié des candidats au bac général) pourrait choper le bac avec 9/20 de moyenne. Sans vouloir prendre la défense de notre ministre, qui m’exaspère par un certain nombre d’autres points, il faut quand même remettre les pendules à l’heure, ce que fait Le Café Pédagogique ce matin (rubrique « Le Système ») : Luc Chatel demande l’indulgence pour les élèves qui, au vu du total de leurs points (et non de leur seule moyenne), serait à un point du palier supérieur (bac du 1er coup plutôt que rattrapage, mention, etc.). Rien de neuf sous le soleil. Ayant une vieille pratique des jurys de bac, je sais qu’il est d’usage d’étudier au cas par cas les dossiers présentant un écart faible de points par rapport au palier supérieur (cet écart est fixé par avance par une commission réunissant les présidents de jurys, tous universitaires), auquel cas les correcteurs discutent après examen du livret scolaire.
Prenons un exemple classique : le candidat numéro P89D45J (numéro totalement aléatoire et inexistant) n’a besoin que de 3 points pour avoir le bac du premier coup, sans passer l’oral de rattrapage. Il s’agit bien de 3 points qui manquent au total de ces notes, ça veut dire qu’il a presque 10 de moyenne. Si son livret scolaire montre qu’il a été sérieux, assidu, que ses notes sont mêmes légèrement supérieures à ses performances à l’examen, il est déclaré admis. Pour lui, c’est ni vu ni connu, puisqu’il est demandé à un prof, dont la matière a un coefficient 3, d’ajouter un point. En revanche, si ce même candidat a un dossier montrant des faiblesses (absences répétés, devoirs non rendus, etc), il est bon pour l’oral. C’est valable à tous les paliers de notation, y compris pour les mentions. Il n’y a donc pas d’élèves qui ont le bac avec 9 de moyenne, mais avec 9,8 ou 9,9, ça arrive.
Cela ne résout pas le problème des fraudes et des fuites, qui oblige peut-être à repenser le bac : doit-on évaluer des connaissances ou des compétences ? quels types d’exercices seraient plus adaptés aux technologies actuelles ? N’oublions pas que les fraudes ont toujours existé, elles sont seulement plus visibles et plus médiatisées aujourd’hui. Je pense juste aux candidats sérieux de S, qui ont organisé leur épreuve de maths en fonction du barème initialement communiqué, et qui se retrouvent floués. Quant à refaire l’épreuve, il est trop tard pour se poser la question, pour toutes les raisons lues dans la presse (dates d’inscription dans le supérieur, convocations en bonne et due forme pour les candidats et les surveillants, etc.).