Dans les trous du village

Habituellement, mon keum et moi-même agrémentons nos virées campagnardes par des passages peu autorisés, surnommés invariablement « trous dans le grillage » quelque soit la forme du passage, et ce depuis une mémorable balade en Grèce, il y a un peu plus de cinq ans déjà. Samedi dernier, peut-être parce-que la présence à nos côtés d’amis grecs a réveillé en nous ce goût pour les virées hors des chemins balisés, mais sans vouloir traumatiser définitivement lesdits amis, nous avons troqué « trous dans le grillage » par « trous dans le village », au moins c’est légal et il y a des escaliers pour y aller.
Trous dans le village ? rien de plus simple lorsque ce village est St-Emilion. Sa colline de tendre pierre calcaire a été attaquée dès le moyen-âge, pour y creuser la célèbre église monolithe, mais aussi des caves toute bêtes dans lesquelles les hommes, dès qu’ils comprirent l’intérêt qu’il pouvait y avoir à conserver le vin pour le rendre meilleur, y entreposèrent barriques et bouteilles. Caves aussi creusées, comme un peu partout dans les zones calcaires de la région, pour bâtir les principaux bâtiments de Bordeaux au XVIIIe siècle. Ce n’est plus une région viticole, c’est un gruyère, d’ailleurs parfois ça s’effondre, c’est du moins ce que nous apprenait un article de La Dépêche en février de cette année.
Bref, tout ce blabla pour dire que nous avons visité, outre l’incontournable église monolithe dont la seule évocation faisait saliver nos amis grecs, une vraie cave à pinard, profitant en cela des journées portes-ouvertes dans le secteur. Certes, nous n’avons pas choisi celle des Cordeliers, la plus grande avec ses plus de deux kilomètres de galeries à 20 mètres de profondeur. Mais tout de même, nous fumes impressionnés, et… légèrement frigorifiés (13-14°C au bas mot, soit 10 à 12° de moins que dehors, mais pour le vin, c’est tip top). La lumière est juste suffisante pour voir où on met les pieds, ce qui ne m’a pas permis de réussir vraiment les photos, mais en gros, ça ressemble à ça :

Tout est mélangé, bouteilles, cuves et barriques. L’espace est immense. Trois barriques par-ci, quatre par là, et puis quatre à nouveau plus loin :

Les cuves sont en béton, faisant fi du modernisme de l’inox qui se généralise un peu partout, pour des raisons pratiques (l’inox se nettoie plus facilement) et thermiques (il est plus facile d’installer un système de thermostat sur les cuves inox récentes), ce dernier problème ne se posant pas lorsqu’on se trouve sous terre, dans une cave naturellement à température constante.

Ces cuves sont même parfois carrément enterrées :

Et bien sûr, des alignements de bouteilles, avec la petite pancarte indiquant l’année de production. Il y avait même, derrière une porte en fer forgé bien lourde, des bouteilles secrètes. Impossible d’en savoir plus. Le lieu, à cet endroit, doit même être ensorcelé puisque j’ai loupé la photo.

Publicités

3 réflexions sur “Dans les trous du village

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s