Le peuple du marais

Au départ, c’est une berge de Garonne vasouillarde face à une île boisée. C’est aussi un bout de rocade bordelaise, avec entre les deux un méli-mélo de centres commerciaux, la France moche dans toute sa splendeur, au ras de la gigantesque usine d’incinération de l’agglomération. Et pourtant, le lieu a du charme, du calme, et sent le chèvrefeuille, surtout le dimanche quand les magasins sont enfin fermés et les parkings vides. Au bord du fleuve, nous aimons regarder les cabanes des pêcheurs, et, dans un minuscule marécage, à sec par ce printemps hors normes, nous aimons revoir les sculptures de Michel LECŒUR, sculpteur du collectif de Bègles « La Morue Noire ».
Il y a une sorte de dragon de métal :

Et aussi une somptueuse licorne :

Un pêcheur du coin :

Un plongeur qui remonte vers la surface :

Et puis une sirène, un scaphandrier englué dans la vase, une pêcheuse. Revue de détails dans la collection de demain.

Diaporam’art # 54

Portraits de familles

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Collection # 96

Le port ostréicole de La Cayenne
Marennes (Charente-Maritime)



Sur le lieu de l’ancien bac de Cayenne

Le lieu fut découvert à la faveur d’un repas avec des amis, dans un resto au bout d’un chenal long long long, avec vue sur l’estuaire de la Seudre. Nous sommes donc une fois de plus en Charente-Maritime, pas à Oléron mais presque, en l’occurrence sur la commune de Marennes, celle qui a donné la moitié de leur nom aux seules huîtres label rouge de France. Une longue avenue longe ainsi le chenal pré-cité et aboutit à un parking, bien pratique d’ailleurs : il s’agit de l’ancien quai d’embarquement du bac qui reliait Marennes à la presqu’île d’Arvert (région de Royan). Depuis 1972, le quai est délaissé puisque un pont permet le franchissement de la Seudre :

Et le nom du lieu ? La Cayenne (localisation). Port ostréicole, banal, qui ressemble à ce que l’on connaît sur Oléron ou sur le Bassin d’Arcachon, avec ses cabanes en bois.

Ce nom, ça nous dit bien quelque chose : point de départ pour le bagne de Guyane ? probable, on me l’a dit, mais je n’ai pas, sur le web, trouvé d’infos précises. A fouiller à la bibli.

Long chenal, disais-je au départ. Vraiment long, et seulement en partie utilisée par les plates et les cabanes ostréicoles, même si le tourisme s’en mêle (présence d’une rutilante « Cité de l’huître »). En amont, au ras du village de Marennes, le chenal se fait port de plaisance. Cette pointe qui s’avance vers la Seudre est aussi un lieu de mémoire de la IIe Guerre mondiale, une stèle commémorant les combats qui permirent de libérer la commune le 9 septembre 1944.
Ne pas oublier enfin qu’il s’agit d’un lieu de travail. Les ostréiculteurs y élèvent et affinent leurs huîtres, bijou local à haute valeur ajoutée, et c’est vrai qu’elles sont bonnes, les Marennes-Oléron. Meilleures que celles d’Arcachon ? au risque de me faire huer par les âmes girondo-sensibles : oui ; elles sont plus salées (sauf les « spéciales », mais je ne les apprécie guère) et même un peu plus iodées.

Et parfois, l’ostréiculteur n’est pas dispo. Pas grave, un message dit où le trouver :

Les lignes bleues du monde virtuel

J’ai découvert cette carte hier. Elle a été réalisée en prenant en compte les connexions Facebook de décembre 2010. On y repère des zones densément peuplées, mais pas toutes (le méridien 100°W saute aux yeux aux Etats-Unis, mettant en évidence les déséquilibres de densités de population, l’Europe est une magnifique tâche de lumière, par contre la Chine est aux abonnés absents), les zones développées et riches mais pas toutes (Japon ridicule, culture Facebook out ?), les zones qui se développent sans trop d’entraves politiques (le triangle indien, plus pâle que le l’Europe, mais bien là), et, par contraste, les zones sombres des pays en retard de développement, où la connexion à un réseau électrique (sans parler d’informatique) ne va déjà pas de soi.

—> Mise à jour : l’avantage avec Facebook, c’est la grande réactivité vis-à-vis de ce qui est publié ici-même. Je viens ainsi d’apprendre, par un habitant de cette Asie de l’Est que je constatais sans Facebook, qu’il existe en fait, dans cette région du monde, des réseaux sociaux plus anciens, et que donc Facebook n’y fait pas son trou. Merci pour cette info très intéressante.

Collection # 95

Mon Paris

—> Accompagnement musical : Claude NOUGARO, Montparis




Diaporam’art # 53

Eglises

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Retour virtuel à Athènes

Est-ce parce-que nous avons passé du temps avec des amis grecs, récemment de passage à Bordeaux ? Est-ce parce-que, crise oblige, la Grèce revient souvent dans les infos ? Est-ce parce-que j’ai furieusement envie de retourner sur zone ? Est-ce enfin parce-que France Culture a passé une bonne partie de la semaine dernière à Athènes et moi une bonne partie de la semaine sur France Culture ?  Peu importe : le sujet du jour, avant retour vers les copies d’avant baccalauréat de mes petits chouchous, c’est Athènes, en particulier après l’écoute de l’émission Planète Terre du 4 mai dernier.
Dès l’intro de l’émission, le ton est donné : Athènes, dès avant la crise (et c’est ainsi que je l’ai connue, au printemps 2006, période à laquelle furent prises les photos qui illustrent cette note), est déjà une agglomération bordélique, où s’entasse un tiers de le population du pays, et où la pollution est bien souvent visible :

200 000 habitants en 1900, 3,5 millions aujourd’hui : une croissance urbaine digne de l’Amérique latine. Mais la Grèce est finalement un pays neuf (XIXe siècle) qui se comporte donc comme un pays neuf. D’où un urbanisme anarchique, pour ne pas dire inexistant, où tout semble entassé :

Athènes comme capitale n’allait pas de soi lors de l’indépendance vis-à-vis de l’Empire Ottoman, dans les années 1830. La ville fut choisie un peu par hasard, après une période brève de « capitale tournante » entre plusieurs villes du pays, et Athènes ne s’imposât que par son histoire antique, glorieuse mais bien lointaine, comme en témoignent les vestiges du Parthénon :

La croissance urbaine fut rapide, accélérée dès les années 1920 lorsque des Grecs d’Asie Mineure quittèrent la Turquie nouvellement fondée pour rejoindre une mythique « mère patrie », tandis que des populations d’origine turque étaient invitées fortement à rejoindre la nouvelle Turquie. L’exode rural se superpose à ce phénomène et s’intensifie après la IIe Guerre mondiale, à la fois parce-que la campagne, ne nourrissant plus son homme, devient répulsive, tandis qu’Athènes, par sa modernité, fait rêver. Dans le même temps, des milliers de Grecs quittent leur pays pour l’Europe ou les Etats-Unis. Le pays est alors considéré comme peu développé, sans infrastructure moderne en dehors d’Athènes, la capitale attirant donc tous ceux qui n’ont pas les moyens d’émigrer.
Une ville bordélique, disais-je au début. Pas faux. Mais il ne faut pas oublier que le milieu est assez contraignant (une plaine restreinte entourée de collines), et que ces contraintes ne se sont atténués qu’avec les Jeux Olympiques, qui ont incité la ville à développer des infrastructures de transports, en particulier un réseau de métro (souvent assez semblable au RER parisien) et de tramway :

Athènes est aussi le grand pôle industriel d’un pays peu industrialisé par ailleurs, et surtout un grand pôle tertiaire. L’urbanisme y est approximatif, sans plan précis, cela se voit bien, jusqu’au centre de la ville qui, en gros, date du XIXe siècle. Je me souviens ainsi d’une ville très ordinaire, très provinciale pour tout dire.
Et la crise dans tout ça ? nos amis, assez peu personnellement touchés mais inquiets pour leurs enfants, actuellement écoliers et étudiants, nous ont dit que tout avait basculé du jour au lendemain. Ils ont ressenti, physiquement, l’impact de la crise, voyant se multiplier les gens qui font la manche dans les rues et les bâtiments inachevés, « en un jour ». Ils nous ont notamment parlé d’un de leurs amis qui, du jour au lendemain là encore, avait du diviser son salaire par deux pour pouvoir conserver son emploi. Parmi nos amis, un couple est aujourd’hui, et depuis peu, à la retraite, mais a du reprendre un job pour conserver son niveau de vie et finir de payer les études des enfants. Une de mes collègues, qui a organisé un voyage scolaire en Grèce il y a quelques semaines, m’a dit avoir été choquée par la misère visible dans les rues d’une ville qui, jusque là, ressemblait à n’importe quelle autre ville européenne. Si quelqu’un a des nouvelles, qu’il me les transmette …

Collection # 94

Jaune comme un iris
Blanquefort (Gironde), parc de Majolan, mai 2011




Dimanche après-midi au parc

Dimanche, avec ce soleil et cette douce chaleur précocement estivale, nous aurions pu balader nos tongs jusqu’à la plage, un peu comme tout le monde, mais pas envie de se taper les embouteillages sur la route du retour, même si on connaît les itinéraires de contournement. Nous aurions pu, c’était même vaguement prévu, faire la tournée des caves des Côtes de Bourg, profitant des journées portes ouvertes et de la sympathique fraicheur des chais. Mais le boulot n’était pas totalement terminé, nous avions refait les niveaux de notre cave perso à St-Emilion la semaine d’avant, et puis ce n’est pas parce-qu’on habite dans une région à bibine qu’il ne faut penser qu’à ça. Résultat des courses : balade pas loin, dans un de mes parcs préférées de l’agglomération de Bordeaux, à savoir le parc de Majolan à Blanquefort. Nous ne nous sommes pas spécialement arrêtés sur ses fausses ruines et fausses grottes, mais avons préféré prendre les chemin en sous-bois, en longeant le plus possible la Jalle Noire qui le traverse. Quelques images :

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Diaporam’art # 52

Se détendre

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Dans les trous du village

Habituellement, mon keum et moi-même agrémentons nos virées campagnardes par des passages peu autorisés, surnommés invariablement « trous dans le grillage » quelque soit la forme du passage, et ce depuis une mémorable balade en Grèce, il y a un peu plus de cinq ans déjà. Samedi dernier, peut-être parce-que la présence à nos côtés d’amis grecs a réveillé en nous ce goût pour les virées hors des chemins balisés, mais sans vouloir traumatiser définitivement lesdits amis, nous avons troqué « trous dans le grillage » par « trous dans le village », au moins c’est légal et il y a des escaliers pour y aller.
Trous dans le village ? rien de plus simple lorsque ce village est St-Emilion. Sa colline de tendre pierre calcaire a été attaquée dès le moyen-âge, pour y creuser la célèbre église monolithe, mais aussi des caves toute bêtes dans lesquelles les hommes, dès qu’ils comprirent l’intérêt qu’il pouvait y avoir à conserver le vin pour le rendre meilleur, y entreposèrent barriques et bouteilles. Caves aussi creusées, comme un peu partout dans les zones calcaires de la région, pour bâtir les principaux bâtiments de Bordeaux au XVIIIe siècle. Ce n’est plus une région viticole, c’est un gruyère, d’ailleurs parfois ça s’effondre, c’est du moins ce que nous apprenait un article de La Dépêche en février de cette année.
Bref, tout ce blabla pour dire que nous avons visité, outre l’incontournable église monolithe dont la seule évocation faisait saliver nos amis grecs, une vraie cave à pinard, profitant en cela des journées portes-ouvertes dans le secteur. Certes, nous n’avons pas choisi celle des Cordeliers, la plus grande avec ses plus de deux kilomètres de galeries à 20 mètres de profondeur. Mais tout de même, nous fumes impressionnés, et… légèrement frigorifiés (13-14°C au bas mot, soit 10 à 12° de moins que dehors, mais pour le vin, c’est tip top). La lumière est juste suffisante pour voir où on met les pieds, ce qui ne m’a pas permis de réussir vraiment les photos, mais en gros, ça ressemble à ça :

Tout est mélangé, bouteilles, cuves et barriques. L’espace est immense. Trois barriques par-ci, quatre par là, et puis quatre à nouveau plus loin :

Les cuves sont en béton, faisant fi du modernisme de l’inox qui se généralise un peu partout, pour des raisons pratiques (l’inox se nettoie plus facilement) et thermiques (il est plus facile d’installer un système de thermostat sur les cuves inox récentes), ce dernier problème ne se posant pas lorsqu’on se trouve sous terre, dans une cave naturellement à température constante.

Ces cuves sont même parfois carrément enterrées :

Et bien sûr, des alignements de bouteilles, avec la petite pancarte indiquant l’année de production. Il y avait même, derrière une porte en fer forgé bien lourde, des bouteilles secrètes. Impossible d’en savoir plus. Le lieu, à cet endroit, doit même être ensorcelé puisque j’ai loupé la photo.

Un yellow cab créé par Playmobil

C’est rare, que dis-je, rarissime, que je chope une info sur le site de TF1. Mais bon, nul n’est parfait. Qu’y ai-je lu ? oh, rien de grave. Juste un petit truc en passant, qui m’a rappelé les vacances d’été, là-bas sous le cagnard de la Grosse Pomme.
Parmi les symboles de la ville, il y a les fameux taxis jaunes, ces yellow cabs qui, s’ils ne sont pas absolument tous de la même marque ni encore moins du même modèle, ont tous un air de famille. De braves bagnoles pouvant embarquer passagers et bagages, certes parfois en serrant un peu, mais vous n’étiez pas non plus obligés de partir en vacances avec la grand-mère de votre voisin du dessus et ses quatre copines de shopping !
Autre temps autre mœurs. La voiture devient monospace (il y en a déjà qui circulent), c’est moche comme un playmobil, mais quoi, c’est tendance. Donc, dès 2013, le nouveau yellow cab réglementaire sera un truc moche, pas sexy pour deux sous, mais on dit que cela sera pratique. Si vous voulez voir à quel point la chose est d’une affligeante banalité, lisez vous-aussi les quelques mots de TF1. Vous pourrez noter au passage que l’ère des grosses américaines est bien finie : le nouveau taxi newyorkais est japonais ; ils en ont rêvé, Nissan l’a fait.

Collection # 93

Ces messieurs du Louvre
Façade intérieure du Palais du Louvre, Paris, avril 2011



—> De gauche à droite et de haut en bas : Buffon, Condorcet, Descartes, Lavoisier, Mazarin, Montaigne, Rabelais, Racine, Rousseau.

Des fleurs de montagne sur les bords de la Seine

Décidément, le mois de mai est dense au niveau boulot, et c’est avec presque une pointe de nostalgie que je me replonge dans les photos des toutes dernières vacances, en particulier les deux jours passés à Paris : le ciel était désormais légèrement couvert cet après-midi là, l’air était lourd, et j’avais le peton fatigué. L’oreille aussi, c’est fou ce que ça fait du bruit, Paris. Bref, j’ai repris mon souffle de touriste de base au Jardin des Plantes, et découvert là le Jardin Alpin. Un petit jardin à part, minuscule, où sont conservées des plantes qui poussent en altitude. Altitude pouvant varier d’un simple causse à moins de 800 m aux grandes montagnes des Alpes, en passant par les Pyrénées ou les Balkans. Un peu de tout, donc. En voici un petit échantillon floral :

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Diaporam’art # 51

Fernand LÉGER (1881-1955)

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