Forêt, marécage et plage [5]

Il faut bien la finir, cette balade ! Nous sortons de la plage et trouvons le petit chemin dans la dune. Rien n’est indiqué, il faut savoir le repérer, c’est tout. La dune est un milieu très riche sur le plan de la flore, et donc très odorant, de ces odeurs un peu piquantes qui caractérisent certaines plantes qui ont bien chauffé au soleil, comme les immortelles jaunes en été. Petit échantillon printanier :

Nous nous enfonçons ensuite dans la forêt. Le chemin est net, dégagé, et un peu par hasard, alors que la boucle est presque bouclée et donc la balade quasi-terminée, nous apercevons une minuscule orchidée, d’une autre espèce encore que les précédentes :

(fin)

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Forêt, marécage et plage [4]

Lorsqu’on sort de la forêt et que l’on se retrouve sur la plage, une légère brume et un petit air frais nous attendent. Le paysage est ouaté, les lumières très douces, ce qui n’empêche pas certaines pratiques sportives à cette heure de basse mer. Nous apprécions au passage qu’aucun sport mécanique, donc bruyant et polluant, ne se soit emparé du lieu.

Il y a moins de pêcheurs que la veille, mais il est vrai que, le soleil jouant à cache-cache, les conditions de trempette sont plus délicates. Cela dit, un tel sport vaut le coup : nous avons vu, samedi, un pêcheur remonter un bar faisant largement la maille (c’est-à-dire la taille réglementaire pour pouvoir être pêché, en l’occurrence 36 cm pour cette espèce). Les cavaliers, sur le haut de la dune, ont tout de même l’air plus détendu.

Il n’y a pas foule sur cette plage. En dehors de l’accès traditionnel, cette Grande Plage de St-Trojan ne peut servir de zone de bronzette qu’après une longue marche à pied, dans le sable sous le cagnard ou en sous-bois (mais dans le sable aussi). Cela décourage souvent le baigneur ordinaire, qui veut vite vite poser sa serviette et sa bouée canard, sans crapahuter dans la forêt pas très profonde où on entend le coucou. Si, vers le sud, on distingue un nombre non négligeable d’humains dans leur version « en balade », c’est uniquement parce-qu’ils sont à proximité du petit train de St-Trojan, un vieux truc très sympa, qui bringuebale sur de vrais rails, et qui, depuis l’été dernier, fait tourner ses moteurs avec l’huile récupérée dans les restos de l’île. C’est pas écolo, ça ?

(à suivre)

Forêt, marécage et plage [3]

Anémomorphose. C’est par ce nom que l’on désigne les transformations que le vent impose aux plantes, en particulier aux arbres. C’est ce phénomène qui donne aux arbres de la pointe de Chassiron leur air penché, tous dans le même sens, et qui donne aux pins des forêts oléronaises leur air noué. Comme si l’arbre ainsi venté se faisait des nœuds à l’estomac, faut dire qu’il y a de quoi, la dune recule, laissant les pins face aux éléments marins déchainés.

Le chemin blanc et facile nous a ainsi laissé tomber depuis plusieurs minutes lorsque nous avons retrouvé la forêt, le sable souvent mou, des pentes aussi : nous sommes sur la dune. Outre les pins évoqués plus haut, une des plantes les plus banales ici à cette saison est une orchidée blanche, on en trouve dans tous les sous-bois :

On trouve aussi, mais souvent un peu plus tard au printemps, de très fines orchidées roses. Celle-ci avaient pris quelques jours d’avance :

(à suivre)

Forêt, marécage et plage [2]

Je ne sais pas si c’est un effet du réchauffement climatique, un effet de l’échauffement des esprits après le pineau de la veille (et aussi de la glace au café avec du vrai cognac dedans ?), ou une erreur d’interprétation, toujours est-il qu’il y a une mangrove sur Oléron. D’accord, l’arbre qui domine n’est pas le palétuvier, et le marécage qui s’est offert à nous au milieu du chemin blanc faisait d’abord penser au jardin d’une sorcière, n’empêche, ça a un petit côté mangrove, non ?

(à suivre)

Forêt, marécage et plage [1]

Balade de dimanche dernier, dans le sud de l’île d’Oléron. L’idée est de suivre autant que possible un chemin destiné à la lutte contre les incendies puis de rejoindre la Grande Plage de Saint-Trojan. En gros, on a fait cette balade-là :

Tout d’abord, c’est la forêt, pas particulièrement haute ni dense, beaucoup de genêts, quelques aubépines encore fleuries, et des sortes de cytises blancs (photos ci-dessous). Ça sent bon, le chemin est on ne peut plus facile.

On prend ainsi le temps d’observer les fleurs, les lézards (un seul gros vert sur tout le parcours, mais beaucoup de petits gris), les insectes qui butinent, les papillons qui se préparent. Les chenilles ont ainsi des stratégies assez fines pour ne pas se faire boulotter avant d’être devenues papillons. Vous avez sûrement déjà vu des genres d’amas baveux sur les branches des arbustes. Il s’agit d’un cocon surprotecteur pour une minuscule chenille, bien à l’abri dans son enduit gluant. D’autres espèces ont bien compris que l’union fait la force, et se tissent un cocon collectif :

(à suivre)

Collection # 92

La pêche à la ligne
Ile d’Oléron, avril 2011



Place Dauphine, 9 heures du mat’

C’est un petit triangle ombragé et calme, un peu comme une place de village, à ceci près qu’ici les librairies spécialisées dans le droit débitent du Dalloz, alors qu’au village M’sieur Marcel débite des blancs-cass’ et des p’tits crèmes. C’est un peu comme un morceau de province déposé dans la capitale, mais il y a tellement d’endroits qui font penser à la province, que ce n’est finalement pas si original que ça. En résumé : une petite place que j’aime beaucoup, où je ne fais que passer, certes, mais où je passe à chaque fois que je vais à Paris.
Vues du Pont-Neuf, deux maisons semblables séparées par la minuscule rue qui mène sur la place :

De cette rue, on voit, avec le contre-jour matinal de rigueur, la place dans son ensemble. Au fond, le Palais de Justice :

Mais le mieux est quand même de se mettre dos au soleil, et d’apprécier la quiétude du lieu, l’odeur des arbres, l’architecture des maisons (trois d’entre elles viennent d’être déposées à l’annexe : clic ! clic !) :