Diaporam’art # 43

Les vieux

Accompagnement musical : Jacques BREL, « Les Vieux »

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Un des treize obélisques romains

Il parait qu’il y a treize obélisques à Rome. Je ne conteste pas, je n’ai pas vérifié. Sur cette place noire de monde le 13 février pour cause de manif, deux jours après, dans la matinée, seuls quelques touristes et des employés municipaux y circulaient. La piazza del Popolo était comme dans mon souvenir : immense, claire, calme. Au milieu pointe ce bloc de pierre qu’est l’obélisque, 23 mètres de haut jaillis d’Egypte via quelques péripéties banales :

Sa couleur est naturelle, c’est un granit rouge d’Assouan. Comme tout obélisque qui se respecte, la pierre a été taillée d’un bloc. Les dessins gravés, d’une étonnante modernité, sont l’œuvre d’artistes contemporains de Ramses II, ils ont donc en gros 3 300 ans :

L’obélisque a été rapporté d’Egypte à la fin du Ier siècle avant notre ère et a d’abord été érigé sur  le Circus Maximus, avec un autre obélisque du même style, aujourd’hui visible sur la piazza di Montecitorio. Le temps a fait son œuvre, les monuments antiques ont plus ou moins été abimés, voire détruits. Le retour de cet obélisque dans le paysage romain date de la fin du XVIe siècle, lorsque un pape décida d’en faire recoller les morceaux (l’obélisque était brisé) et de le faire ériger à sa place actuelle, non pas pour faire joli mais pour guider les pèlerins qui venaient prier plus près du bon dieu que de ses saints. L’affaire ne fut point aisée : des dizaines de chevaux furent nécessaires pour hisser les 200 tonnes de pierre à l’aide de treuils. Aujourd’hui, le monument s’insère dans une fontaine à quatre bassins datant du début du XIXe siècle :

Un anniversaire, ça se prépare

Pour réussir un anniversaire, il faut s’y prendre à l’avance. Pour celui qui nous concerne, les organisateurs ont calculé large, puisque le D-Day est le 4 novembre. Il s’agit en effet du 150e anniversaire de l’unification italienne, le 4 novembre correspondant au jour où le roi Victor-Emmanuel II est monté sur le trône, Turin étant alors la capitale du pays tout neuf.
Quand on prépare un anniversaire, on range la maison, on emballe les cadeaux, on sort les bougies. Si l’aspect loupiote m’a échappé, l’emballage n’est pas passé inaperçu : les bustes sculptés des hommes (mais où sont les femmes ?) qui ont fait l’Italie moderne sont fin prêts, il ne reste plus qu’à les sortir de leur blister. À Rome comme ailleurs en Italie, on s’affaire pour les festivités : la poste édite des timbres commémorant l’événement, Ferrari sort un modèle baptisé F150, bref, 150 est le chiffre à la mode, visant à faire oublier que la partie nord du pays se séparerait bien parfois du sud, mais une seule Belgique en Europe, ça suffit.
La fête a aussi lieu en France : en remerciement pour son coup de main aux nationalistes italiens, Napoléon III était rentré à la maison avec la Savoie et le comté de Nice, qui, à leur manière, ont aussi un 150e anniversaire sur le feu.

Etienne me fait penser à Bernar

Vendredi dernier à Lyon, sur la colline de Fourvières, je tombe sur cinq œuvres métalliques qui me rappellent quelque chose, des formes déjà vues ailleurs. Bon sang mais c’est bien sûr, on dirait du Bernar VENET, dont j’ai vu pour la première fois des œuvres à Bordeaux à l’été 2007 (photo de gauche), puis dans la cour du musée des Abattoirs à Toulouse en février 2010 (photo de droite) :

Je m’approche des œuvres lyonnaises ; ça ressemble, mais c’est pas du Venet, il y a des courbes mais pas que, il y a aussi des lames verticales, quelque chose aussi qui rappelle « les millefeuilles pâtissiers » (Marie-Anne Lorgé) ou les vieux radiateurs en fonte :

Il s’agit de sculptures d’Etienne VIARD, dont un des points communs avec VENET est d’être né en Provence, mais quelques années après lui, alors que ce dernier commençait déjà sa carrière d’artiste. J’ignore si l’un a influencé l’autre, mais il est clair que les deux œuvres se répondent.

What’s new ? [mercredi 23 février 2011, 11 h 00]

  • Les révolutions qui apportent un vent de liberté sur le monde arabe sont entachées par la réaction effroyablement brutale du dictateur libyen, à croire qu’il pratique la politique de la terre brûlée, ayant conscience qu’il a déjà perdu la bataille. Plusieurs quotidiens, y compris régionaux (ce qui ne va pas forcément de soi), font leur une sur ce sinistre personnage. Le Figaro évoque ainsi « Le délire meurtrier de Kadhafi », tandis que le site web du journal revient sur un thème traité hier par le JT d’Arte : des mercenaires africains pour les basses œuvres de Kadhafi.
    Libération n’a qu’un seul mot pour décrire le personnage : « L’enragé ». La presse régionale n’est pas en reste, L’Est Républicain titrant « La folie et la terreur », et Ouest-France rappelant, au milieu d’infos nettement plus quelconques, ce qui a tourné en boucle hier sur le net : « Kadhafi veut mater la révolte ».

Collection # 85

Rome antique, balade de nuit
12 février 2011




La chaleur du Colisée

Rome by night : 18 h 30. La nuit tombe vite dans ce coin-là en hiver, une heure avant chez moi, alors le « by night » est précoce, bien avant l’apéro et le repos des petons usés par le piétinement urbain. Nous tournicotons dans les antiquités romaines, et arrivons devant le Colisée.

Là, des chats sont pelotonnés sur les spots qui éclairent l’édifice, de l’autre côté des grilles par rapport aux badauds, ainsi protégés des mains furtives des touristes, mais pas des yeux des mêmes arpenteurs de ville. Un seul de ces chats, devenus oranges sous l’effet de la lumière vive, pouvait réellement être pris en photo. On le voit encore mieux sur la photo laissée à l’annexe.