Feuilleton Xynthia, énième épisode. Après la dernière grande tempête de l’hiver dernier, souvenez-vous, l’Etat, fort de son courage et de l’argent du contribuable, décide de rendre inconstructibles les zones ravagées par le raz-de-marée, et surtout de racheter les maisons sinistrées afin de les détruire, le prix de rachat étant celui du marché avant Xynthia. Ça fait du pognon, et ça fait râler les personnes concernées, d’autant plus que le zonage des secteurs à détruire a été fait à l’emporte-pièce. Si un certain nombre de proprios ont déjà cédé en Vendée et dans le nord de la Charente-Maritime, la grogne ne s’est jamais tarie sur l’île d’Oléron, en particulier à Boyardville et à La Perrotine, villages situés de part et d’autre d’un même chenal mais pas sur la même commune.
Les raisons de refuser le plan gouvernemental sont au-moins au nombre de deux :
— parmi les bâtiments en zone noire se trouvent des maisons qui n’ont pas été inondées ou très peu (l’eau a traversé le garage, et alors ?) ;
— un plan de secours, moins onéreux et plus efficace existe ; il a été présenté par un historien résidant sur l’île, il consiste essentiellement à se préoccuper des digues de protection.
Les deux villages s’organisent, montent une association de sauvegarde, se déclarent avec humour « hors de la République française », font signer des pétitions, bref, les habitants se bougent. Dans le même temps, et bien qu’il s’en défende officiellement, l’Etat fait machine arrière, constatant peut-être que le coût prévisible d’une telle opération dépasse ses moyens (d’autant plus qu’il s’agit là de filer du blé à des Français lambda et pas aux potes de sa majesté Sarko Ier).
Un article de Sud-Ouest, publié samedi dernier, donne ainsi quelques raisons d’espérer aux habitants de ce secteur Boyardville-La Perrotine, la zone noire ayant des chances d’être sérieusement réduite. Sur 140 maisons initialement promises à la destruction, « plusieurs dizaines », selon le quotidien, devraient être épargnées. Le chiffre est vague, nous nous en contenterons pour aujourd’hui. Les motifs invoqués pour ce retour en arrière plus officieux qu’officiel sont les suivants :
— prise en compte du fait que plusieurs de ces maisons n’ont subi aucun dégât significatif ;
— les maisons à étage permettent réellement de sauver sa peau lors d’un raz de marée : elles pourraient donc rester en place ;
— un argument patrimonial enfin : parmi les maisons visées, certaines font partie des plus vieilles de l’île et ont à ce titre été classées en 2008.
Une réunion publique a normalement eu lieu dimanche matin, j’ignore sa teneur et les conclusions qui en ont été tirées.

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