Diaporam’art # 28

Voiliers

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Derniers préparatifs

Saint-Malo aujourd’hui, veille du départ de la Route du Rhum. 85 bateaux, ce qui ne s’était, je crois, jamais vu auparavant. Une bonne dizaine de plus que lors de la précédente édition, près du double d’il y a 20 ans, lorsque, pour la première fois, je suis allée voir ces bateaux-là. C’était l’année de la si belle victoire de Florence Arthaud.
85 bateaux donc pour l’édition 2010, avec des multicoques géants (dont l’énorme Groupama, trop large pour passer les écluses et entrer dans le port avec les copains), mais surtout de plus en plus de monocoques :

Le Rhum la veille du départ, c’est d’abord un bain de foule. La photo ci-dessous a été prise en fin de matinée, je n’ose pas imaginer à quoi a pu ressembler l’après-midi :

Le Rhum la veille du départ, ce sont surtout les derniers préparatifs sur les bateaux. Derniers réglages pour que le type (ou la nénette) seul(e) à bord arrive à bon port :

Petit tour dans le mât, façon contrôle technique :

Grand lavage pour être tout beau tout propre :

Et pas question de salir le parquet après le ménage, on met les chaussons :

Et surtout accrochage d’un pavillon pour ne pas oublier les otages de France-Télévision, retenus par leurs geôliers depuis plus de 300 jours. Stéphane et Hervé, on pense à vous :

La manif en vacances

Derrière ce titre pas très inspiré, on pourrait trouver un compte-rendu allant dans le sens des désirs d’un gouvernement extra-terrestre, et accessoirement confirmé par des faits prévisibles en ces temps de vacances scolaire d’automne : oui, c’est vrai, il y a moins de monde dans les manifs, mais la réalité est tout de même bien celle d’un mouvement encore très virulent, de plus en plus politique, ce que prouve la quantité de slogans et de pancartes anti-Sarko.
C’est plutôt de ma petite personne que je parle ce soir, après avoir cru devoir afficher durablement un panneau « relâche » because crétin-box d’ici encore plus capricieuse que celle que j’héberge dans mon home sweet home. Donc manif en vacances, parce-que, tout comme l’affaire Bettencourt pourrait être « dépaysé », je dépayse ma colère en baskets : faut de bonnes godasses pour piétiner dans la rue. J’ai donc testé pour vous « manif à Nantes ». Résultat du test : c’est comme à Bordeaux, il a fait très beau !
Rendez-vous suivant : samedi 6 novembre, et souvenez-vous que ce n’est pas le lieu de la manif qui compte, mais le fait d’aller défendre sa peau.

What’s new ? [mercredi 27 octobre 2010, 10 h 15]

Collection # 70

Kitesurfeurs
Andernos, octobre 2010



Un peu d’espoir du côté des zones noires

Feuilleton Xynthia, énième épisode. Après la dernière grande tempête de l’hiver dernier, souvenez-vous, l’Etat, fort de son courage et de l’argent du contribuable, décide de rendre inconstructibles les zones ravagées par le raz-de-marée, et surtout de racheter les maisons sinistrées afin de les détruire, le prix de rachat étant celui du marché avant Xynthia. Ça fait du pognon, et ça fait râler les personnes concernées, d’autant plus que le zonage des secteurs à détruire a été fait à l’emporte-pièce. Si un certain nombre de proprios ont déjà cédé en Vendée et dans le nord de la Charente-Maritime, la grogne ne s’est jamais tarie sur l’île d’Oléron, en particulier à Boyardville et à La Perrotine, villages situés de part et d’autre d’un même chenal mais pas sur la même commune.
Les raisons de refuser le plan gouvernemental sont au-moins au nombre de deux :
— parmi les bâtiments en zone noire se trouvent des maisons qui n’ont pas été inondées ou très peu (l’eau a traversé le garage, et alors ?) ;
— un plan de secours, moins onéreux et plus efficace existe ; il a été présenté par un historien résidant sur l’île, il consiste essentiellement à se préoccuper des digues de protection.
Les deux villages s’organisent, montent une association de sauvegarde, se déclarent avec humour « hors de la République française », font signer des pétitions, bref, les habitants se bougent. Dans le même temps, et bien qu’il s’en défende officiellement, l’Etat fait machine arrière, constatant peut-être que le coût prévisible d’une telle opération dépasse ses moyens (d’autant plus qu’il s’agit là de filer du blé à des Français lambda et pas aux potes de sa majesté Sarko Ier).
Un article de Sud-Ouest, publié samedi dernier, donne ainsi quelques raisons d’espérer aux habitants de ce secteur Boyardville-La Perrotine, la zone noire ayant des chances d’être sérieusement réduite. Sur 140 maisons initialement promises à la destruction, « plusieurs dizaines », selon le quotidien, devraient être épargnées. Le chiffre est vague, nous nous en contenterons pour aujourd’hui. Les motifs invoqués pour ce retour en arrière plus officieux qu’officiel sont les suivants :
— prise en compte du fait que plusieurs de ces maisons n’ont subi aucun dégât significatif ;
— les maisons à étage permettent réellement de sauver sa peau lors d’un raz de marée : elles pourraient donc rester en place ;
— un argument patrimonial enfin : parmi les maisons visées, certaines font partie des plus vieilles de l’île et ont à ce titre été classées en 2008.
Une réunion publique a normalement eu lieu dimanche matin, j’ignore sa teneur et les conclusions qui en ont été tirées.

Diaporam’art # 27

Une couleur : le rouge

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What’s new ? [vendredi 22 octobre 2010, 8 h 55]

  • Je ne sais plus qui (peut-être bien Sarko lui-même, mais je n’en suis vraiment pas sûre) avait prétendu, il y a quelques temps, que, quand il y avait des grèves en France, personne ne s’en apercevait. Et bien c’est faux, et l’efficacité actuelle de certains blocages est patente : le poids de ces actions sur l’économie commence à se faire sentir, et ça peut être le levier qui fera plier le gouvernement. Secteur par secteur et de manière très factuelle, La Croix constate ce matin que les blocages pèsent déjà sur l’économie française.
  • Mardi dernier, Les Inrocks ont mis en ligne un petit lexique subjectif à l’usage des manifestants,  dans lequel on peut lire les définitions des mots « cagoule », « instrumentalisation » ou « guérilla urbaine ».
  • Baston entre écolos à propos du bois : » je te dis qu’il faut faire des maisons avec ». « Mais non, faut s’en servir pour se chauffer ». « Brûle pas ma bûche, c’est un bout du mur ». « T’as froid ? mets la porte dans la cheminée ». En bref : brûler ou construire, il faut choisir (Effets de Terre).

Il n’y a pas que la grève

La lutte continue et s’amplifie. D’une revendication sociale sur une question sensible, elle est devenue combat politique : on le voit à l’évolution des slogans dans les manifs, et surtout à l’arrivée en force des jeunes, en particulier des lycéens, bien loin d’avoir à penser à leurs propres retraites.

Ce qui les pousse dans la rue, ce n’est pas l’envie farouche de sécher les cours (cette motivation ne dure qu’un temps, ils savent bien qu’il faut tout rattraper après, et que ce n’est pas simple), ni les supposées injonctions du PS (un lycéen disait récemment que ses potes et lui-même n’attendaient pas de voir Ségolène Royal au 20 heures pour se faire une opinion, pour la bonne raison que le 20 heures en question n’est pas regardé par les jeunes, qui ont d’autres sources d’information moins à la botte du gouvernement).
Ils sont dehors et ils braillent parce-que l’injustice monte en puissance, et qu’à 16 ans on est très sensible à cela. Ils sont la première génération à avoir réellement conscience qu’ils vivront moins bien que celle de leurs parents. Ils se sentent sacrifiés sur l’autel du profit, vilains petits canards d’une société vieillissante (malgré la fécondité surprenante des Françaises). Ils savent que le monde du travail les exclut, tout comme il exclut les séniors (l’équation simpliste « vieux au boulot = jeunes au chômage » est d’une connerie redoutable). Ce que veut Sarkozy et sa clique, ce n’est pas mettre les sexagénaires au boulot, c’est rogner le prix des pensions, point barre. Que les jeunes soient dans la galère, ils s’en tapent : leurs mômes sont nés avec une cuiller en argent dans la bouche. Que les vieux soient dans la misère, ils s’en balancent : ils ont du pognon planqués dans tous les coins, ils ont eux-mêmes eu la petite cuiller en argent en guise de tétine, leur avenir est assuré.

Et c’est tout cela qui ressort actuellement des divers mouvements qui se créent un peu partout, et qui montrent qu’il n’y a pas que la grève. Je me balade ce matin dans la presse quotidienne régionale, et je lis des initiatives intéressantes, qui n’émanent pas des centrales syndicales :

  • Toulouse : pour la deuxième fois cette semaine, des manifestants de différentes professions ont bloqué les dépôts de bus ; une manif doit démarrer ce matin à 10 heures (La Dépêche) ;
  • Limoges : la fac est bloquée par les étudiants depuis hier  (La Montagne) ;
  • Clermont-Ferrand : manif des lycéens et des étudiants ce matin (La Montagne) ;
  • Grenoble : hier, des manifestants ont bloqué l’arrivée des véhicules entrant en ville par l’A48 (Le Dauphiné Libéré) ;
  • Avignon : deux lycées théoriquement bloqué ce matin, manif des lycéens prévue à 11 heures (Vaucluse Matin via Le Dauphiné Libéré);
  • Montpellier : multiples actions hier. L’accès à certains services de la mairie a ainsi été bloqué pendant une heure (Midi Libre) ;
  • Sète : grève des éboueurs depuis hier (Midi Libre) ;
  • Nantes : 600 jeunes ont « fait le mort » hier (photo dans Ouest France) ;
  • Dordogne, autoroute A89 : des manifestants rendent le péage gratuit à Mussidan (Sud Ouest) ;

    … etc : je n’ai pas toutes les infos, bien sûr. Certains titres se cantonnent encore aux résultats sportifs du week-end ou aux spectaculaires accidents de la route de l’avant-veille ! Une dernière info cependant : les lycéens bordelais démarrent leur manif à 10 h 30 sur la place de la Victoire, et quelques lycées de la ville étaient bloqués hier.

—> Illustrations : photos prises à Bordeaux lors de la manifestation du 19 octobre.

Jakadi

Vous vous souvenez de ce jeu pour mômes, vaguement destiné à tester leur attention ? on disait « jakadi » pour « Jacques a dit » et si Jacques ne disait rien, l’injonction ne devait pas être respectée. « Jacques à dit lève les mains ». Et tous les mioches dressent les mimines en l’air. « Saute à pieds joints ». Et la moitié des petiots sautille sur place, alors que Jacques n’a rien dit, j’ai pas dit jakadi dit la maîtresse, c’est bon, t’as suivi ?
Et donc, ce matin, je reçois un mail-alerte du Nouvel Obs qui m’a fait penser à ce jeu pour enfants, sauf que ce n’est pas un jeu, sauf que ça fait, peut-être sans le vouloir, société aux ordres d’un monarque tout puissant. Froid dans le dos. A toi de juger :

Collection # 69

Le Palais Gallien
Ruines d’un amphithéâtre gallo-romain – Bordeaux – Septembre 2010



11 septembre – Lieu de mémoire [2/2]

La chapelle St-Paul est émouvante non par son caractère religieux, mais par les témoignages de sympathie et de solidarité qui se sont manifestés dans les heures qui ont suivi l’effondrement des deux tours, et dont elle est aujourd’hui la gardienne. Des objets de toute sorte et surtout beaucoup de dessins, de petits mots griffonnés, qui furent accrochés aux grilles de cette chapelle, toute proche du World Trade Center et aujourd’hui mémorial. Si je ne dois retenir qu’une image de ces objets déposés là il y a un peu plus de neuf ans, c’est peut-être celle de ces mains enfantines, découpées dans le papier, coloriées au feutre, distillant une très grande émotion par leur naïveté même :

Dans le même coin, il y a bien sûr la caserne des pompiers qui envoyât les premiers firemen, dont beaucoup périrent en tentant l’impossible. Elle est bien là, avec ses deux portes rouges, tandis que, sur le côté, un mémorial a aussi été érigé, bas-relief d’une grande précision artistique (comme j’ai pu le constater pour tant d’autres monuments de ce type) : j’y reviendrai ultérieurement.

Mais surtout, à côté de ce bas-relief, il y a les photos des pompiers morts en service ce jour-là, photos d’identité en noir et blanc, comme pour les papiers d’identité. Et c’est peut-être de la froideur de la répétition de ces images que, là encore, naît l’émotion.

11 septembre – Lieu de mémoire [1/2]

Bien sûr nous avons tous en mémoire cet effondrement effrayant du World Trade Center, les presque 3000 victimes, ce 11 septembre 2001 gravé dans les mémoires et c’est déjà de l’histoire. Un attentat à cibles multiples qui a donné une politique étrangère à George Bush récemment, non pas élu, mais tiré au sort. Ce drame a occulté d’un coup les approximations du bonhomme et surtout la manière peu banale qui l’avait amené au pouvoir, ce recompte répétitif des voix jusqu’à la décision finale : Bush. Dommage.
Et donc, ce souvenir bien vif fait du site du World Trade Center un lieu de mémoire, et est donc devenu un site touristique comme un autre, la grande banalité d’un chantier, certes pharaonique, mais d’abord d’un chantier, avec ses grues, son port du casque obligatoire, ses grillages, ses engins qui font des bruits. Pour le voir, le mieux est encore d’entrer dans le World Financial Center :

De là, on peut presque se coller à la vitre et voir l’étendue des travaux en cours, qui vont bien au-delà de la construction d’une seule tour :

On peut aussi prendre un peu de recul, se contenter des grues qui tendent leurs bras vers les buildings rescapés :

Un immense chantier pour un énorme projet : un ensemble d’immeubles dominé par une tour de 1776 pieds de haut, 1776 étant aussi l’année de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique, tout un symbole. Un appât à avions diront certains, une chimère diront ceux qui trouvent que la chose met du temps à sortir de terre. Ça devrait ressembler à ça :

What’s new ? [lundi 18 octobre 2010, 17 h 55]

  • Patrimoine archéologique en danger en Arabie Saoudite (Courrier International).
  • Bref résumé d’un pan de l’histoire de l’aéronautique : les défis de Latécoère, créateur de l’Aéropostale (Le Monde).
  • Les rois de l’évasion fiscale vont devoir remettre leurs cartes à jour et changer la destination des pépettes qui, normalement, devraient aller dans ma poche, et aussi la tienne et celle du voisin de ta grand-mère (ça s’appelle la resdistribution, ou la répartition, enfin tu vois l’idée), bref, ces champions des sous placés hors de France vont devoir se rabattre sur d’autres destinations (le pire, c’est qu’il en reste. Trop) : mort d’un paradis fiscal, en l’occurrence celui de San Marin (Presseurop).

Diaporam’art # 26

Travaux ménagers

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Une balade pas écolo du tout

New York – Times Square (juillet 2010)

Une débauche de lumières en plein jour, de vidéos sur écrans géants juste pour des publicités, un bruit infernal (que le filmounet ci-dessous ne rend pas du tout), une ambiance mi-fête foraine mi-foire commerciale non stop, une ode à la surconsommation, au business et à la superficialité ; et vous savez le pire ? j’ai aimé.

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

What’s new ? [mercredi 13 octobre 2010, 19 h 30]

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Collection # 68

Voiliers dans le port de New-York
Juillet 2010

La baie de New-York est un magnifique plan d’eau pour la plaisance : les voiliers, qu’ils appartiennent à des particuliers ou qu’ils servent à balader les touristes, y font des ronds dans l’eau dès que la météo le permet.



Mots de lutte

C’est un peuple en colère qui a une fois encore défilé aujourd’hui. Non seulement la mobilisation ne faiblit pas, mais elle grandit, forte de toute la rage accumulée. Même le ministère de l’Intérieur, qui continue de balancer des chiffres très en-deçà de la réalité, reconnaît une hausse sensible du nombre de manifestants. À Bordeaux, aujourd’hui comme le 2 octobre, la foule était impressionnante, déterminée, motivée, brandissant parfois, sur des pancartes faites maison, des slogans de rage. Pas forcément subtils, mais ces mots expriment une colère, pas la niaise quiétude d’un monde de bisounours :

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Gardarem lou Larzac

L’histoire remonte à mars 2010, mais La Dépêche n’a pu levé le lièvre qu’hier tant le mystère restait bien gardé, il faut dire que cette nouvelle ne va faire plaisir à personne : une entreprise américaine s’est mis dans la tête d’aller chercher du gaz dans les tréfonds du Causse du Larzac. Sur les terres de José Bové. Là où seules les brebis (et quelques militaires) peuvent s’ébattre en liberté. Là où seuls les cailloux poussent sans contrainte. Un paysage minéral infiniment sauvage et beau.
Jusqu’à une date récente, on ne farfouillait l’hydrocarbure que dans les bassins sédimentaires. Un plateau calcaire semblait donc à l’écart de toute prospection gazière : les brebis étaient bien gardées et José Bové pouvait se concentrer sur les maïs OGM. Mais les temps sont durs : faut de l’énergie, toujours plus d’énergie, et tous les moyens sont bons pour en trouver. C’est le ministère de l’Environnement lui-même qui a permis cette aberration permettant la prospection gazière dans ce coin-là, en octroyant un large morceau de causse à la compagnie Schuepbach Energy LLC, sans en informer les acteurs locaux, notamment le Parc Naturel des Grands Causses (et oui, la zone est protégée), or plus de 4000 kilomètres carrés sont concernés.
Du gaz dans le calcaire ? depuis que l’on sait (mal, mais on va dire que l’on sait quand même) extraire le gaz de schistes, tout est possible. Ce gaz, difficile à dégager de sa gangue minérale, notamment à l’aide d’énormes quantités d’eau sous pression, est aujourd’hui une des sources majeures d’énergie aux Etats-Unis, qui en possèdent des stocks considérables. A l’échelle mondiale, les réserves semblent énormes, c’est juste la technique d’extraction qui pose problème : mi-septembre, Denis Delbecq rapportait ainsi que ce gaz de schiste s’était infiltré dans l’eau potable d’un réseau de Pennsylvanie. A cela s’ajoute des nuisances prévisibles pour l’environnement, dès lors que l’exploitation commence, puisque celle-ci se fait avec de l’eau (dont on sait par ailleurs que c’est une ressource à protéger et à économiser) et aussi toute une batterie de produits chimiques, ce qui fait mentir la page d’accueil du site web de la Schuepbach Energy LLC, où les mots « clean energy » servent de message de bienvenue, en rouge sous un immense ciel dégagé de toute pollution. Je me permets de supposer que les conséquences sur les paysages ne sont pas nulles non plus.  Affaire à suivre …

—> A cliquer :

Et dire que ça ne m’étonne même pas …

Alerte envoyée ce soir par le site web du quotidien Ouest-France :

Diaporam’art # 25

Paysages de Bretagne

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What’s new ? [samedi 9 octobre 2010, 8 h 30]

  • Bengalore a été surnommée la Silicon Valley indienne. Compétences techniques reconnues, marché en expansion, coûts salariaux moindres qu’en Europe, et c’est la ruée pour les entreprises européennes : Airbus décolle dans le ciel indien (La Dépêche).
  • A l’occasion de l’attribution du Nobel de la Paix au dissident chinois Liu Xiaobo, Courrier International re-publie le texte intégral de la charte 08, par laquelle 300 personnalités chinoises demandaient l’établissement de la démocratie dans leur pays.
  • Quand un journal rencontre un autre journal … Les p’tits gars de Fluide Glacial ont passé une journée dans les locaux de L’Huma, et Léandri raconte le making-of (L’Humanité).

David contre Goliath

Dans la légende de la mythologie judéo-chrétienne, David est un brave berger qui doit affronter un géant. Comme il est malin, et accessoirement aidé par Dieu lui-même, David le gringalet parvient à venir à bout du lourdaud plein de muscles qu’est Goliath. C’est joli, une légende, mais dans la vraie vie, malin ou pas, le petit se fait toujours avoir par le gros costaud, et ne peut remporter la partie que si plein plein plein d’autres petits le rejoignent pour faire front : pourquoi croyez-vous sinon que je me tape manif sur manif pour défendre nos retraites ?

La retraite, parlons-en : c’est l’histoire d’un David qui aimerait bien la prendre, mais qui ne peut pas parce-qu’un Goliath l’empêche de vendre son entreprise, condition sine qua non pour que David puisse buller tranquille, loin des tracasseries administratives.
L’histoire se passe en Charente-Maritime, très exactement à Marennes, juste en face de l’île d’Oléron. Il y a deux semaines, nous avons eu l’occasion de fort bien dîner dans le coin et, en nous rendant au resto, nous avons vu des banderoles et des panneaux manifestant une certaine hostilité envers l’entreprise Saint-Gobain, qui est ici le Goliath de notre histoire. Notre David, de son vrai nom Jacky Coquillaud, décide, en 2006, de vendre son entreprise de peinture une fois l’âge de la retraite venue, espérant filer vite fait vers l’Hymalaya dont il rêve. Sa boite tournait bien (une trentaine d’employés), il peut espérer la céder à un bon prix (il a même un acheteur, il n’y a plus qu’à signer en bas à droite), il n’a pas bossé toute sa vie pour rien, il est heureux.
Sauf que la réglementation, depuis 1994, oblige toute entreprise industrielle à faire analyser le sous-sol de son site avant toute cession, et surtout à dépolluer si nécessaire. Et là, on découvre des résidus toxiques en grande quantité, sans rapport avec l’activité de Jacky Coquillaud. Il s’agit notamment d’arsenic, de mercure et de plomb. Autrefois, bien avant que l’entreprise de peinture existe, le site a été occupé par une usine du groupe Saint-Gobain qui, il y a très longtemps, y a produit des engrais chimiques. Après expertises, contre-expertises et expertises d’expertises, il apparait clairement que Saint-Gobain est responsable de la pollution du site (même si les pollueurs de l’époque sont morts et enterrés depuis longtemps), ce que la firme ne nie plus aujourd’hui. La vente de l’entreprise de peinture devrait donc théoriquement être enfin possible, sous réserve que Goliath dépollue le site pour que David aille crapahuter dans la montagne.
Sauf que ça ne se passe pas tout à fait comme ça, un deuxième Goliath, plus inattendu, (quoique …) entre dans le jeu : l’Etat, par le biais du préfet de Charente-Maritime, qui demande une contre-enquête à l’ADEME. Ça prend du temps, offert au Goliath-Saint-Gobain par le Goliath-Etat. Temps qui permet à Saint-Gobain de ne pas régler la facture de 5 millions d’euros qui permettrait de procéder à la dépollution attendue, du moins pour l’instant, et peut-être même durablement, l’Etat envisageant de régler une partie de la facture. L’Etat, c’est vous, c’est moi. Tous David face à un Goliath trop riche, d’où les banderoles anti-Saint-Gobain visibles depuis la route, et la colère du maire de Marennes qui ne comprend pas pourquoi les contribuables-David doivent raquer à la place des multinationales-Goliath. Et ceci sans parler des salariés de l’entreprise de peinture, dont j’ignore ce qu’ils deviennent aujourd’hui, sachant que l’accès au site est interdit pour des raisons de sécurité (donc pas moyen d’aller bosser et donc de gagner sa croûte) et que, cerise sur le gâteau, ils ont été exposé à des produits nocifs sans le savoir (puisque même leur patron l’ignorait) : des analyses d’urine ont été effectuées, mais je n’en connais pas les résultats.

—> Source : Claire BADER, Arsenic et vieilles querelles à Oléron, Capital.fr, 6 octobre 2010

—> Pour aller plus loin : quelques précisions supplémentaires dans un article d’Usine Nouvelle, paru en juillet 2010, qui a manifestement inspiré l’article cité ci-dessus.

Collection # 67

Le mur de la rue des Etrangers

Une rue tristounette près des Bassins à flots, à Bordeaux. Sur une palissade, des dessins pleins de couleurs, que les artistes renouvellent régulièrement, et dont j’avais déjà parlé dans une note précédente. Cette fois, le thème qui domine est celui de la censure, mais il y a beaucoup d’autres choses aussi.



Manger à la cantine

Rectifions de suite le titre : il ne s’agit pas de manger à la cantine, mais de dîner à L’Ecole, avec des majuscules partout et des couverts qui changent, comme les vins, à chaque plat. L’Ecole est un restaurant d’application : les cuistos sont des apprentis, mais pas des débutants. Tous, quelque soit leur pays d’origine, ont déjà une formation solide lorsqu’ils intègrent le French Culinary Institute de New York. Ils y apprennent la cuisine française, côté raffinement limite bobo plutôt que blanquette de veau comme chez mémé (c’est bon aussi, mais c’est hors sujet).
Une salle simple, où il vaut mieux réserver, sinon on peut dîner au bar, ce qui est très agréable. Les plats se succèdent à un rythme plus doux que le tempo US habituellement constaté, le service est soigné sans être pesant. Dans les assiettes ? du fin, du subtil, très exactement dosé (en général, dans les restos étatsuniens, les parts sont vraiment XXL et on a du mal à finir son plat) : en juillet, j’ai ainsi savouré une tarte tiède au fromage de chèvre et à la tapenade, délicatement boostée par une petite salade de roquette, suivie d’une poêlée de crevettes accompagnée d’une crème de pommes de terre (une surprise délicieuse !) puis du canard confit avec des griottes et une sauce au porto, avant de finir par un soufflé au fromage frais accompagné d’un sorbet orange/carotte. Le tout était accompagné de vins américains de très bonne tenue, notamment un pétillant très agréable.
Si le service et la cuisine sont irréprochables, la salle est assez quelconque malgré sa belle situation : sur Broadway, dans le quartier de Soho. Mais le calme est globalement au rendez-vous et le temps que l’on y passe est particulièrement agréable. Par contre, malgré le nom du resto, n’espérez pas que l’on vous parle français : seule la cuisine est sous influence frenchy.

—> A cliquer :

What’s new ? [lundi 4 octobre 2010, 21 h 45]

Petite pause au bord de l’eau

Cela faisait fort longtemps que nous n’avions point foulé le sable d’Andernos, il faut dire qu’en ce moment il est plus urgent de fouler le bitume de nos villes pour défendre nos retraites …
Mais quoi … Il n’y a quand même pas manif tous les jours … Il faut bien trouver des temps de détente … Et donc : Andernos, face à la piscine, du côté de la plage du Betey. Spectacle sympa, que j’aime toujours autant regarder, celui des amateurs de kitesurf profitant d’un vent bien soutenu :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Remarque : en finalisant la vidéo ci-dessus, je me suis emmêlé les crayons dans les dates. Ces images ont bien été enregistrées aujourd’hui, 3 octobre, et non le 2 octobre, puisque le 2 il y avait manif !


Diaporam’art # 24

Ça, c’est du sport !

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