What’s new ? [mercredi 29 septembre 2010, 15 h 00]

  • La terre a tremblé. Sur Oléron-petitpatapon, et puis aussi un peu sur l’île de Ré, secousse ressentie jusque dans le Maine-et-Loire. Rien de grave, même pas peur, même pas mal. Juste un moyen de rappeler que géologiquement les îles charentaises se trouvent à l’extrême sud du Massif Armoricain, et que donc l’activité sismique, sans faire la une des journaux, n’y est pas nulle : séisme modéré près de l’île d’Oléron, pas de dégâts (Le Parisien).
  • Tableau de la France moyenne : ils vivent avec 1 580€ par mois (Rue89).
  • C’est un phénomène de balancement des courants marins bien connu, qui amène tantôt la sécheresse tantôt trop de pluie. Quand El Niño cesse d’agir, La Niña noie le nord de l’Amérique latine (La Croix), d’où glissement de terrain meurtrier au Mexique et en Colombie.

Collection # 66

De face, de dos ou de profil : une libellule au Jardin Public
Bordeaux, septembre 2010



Tout ça pour ça …

Gare Centrale de New-York City, plus grande ville de la plus grande  puissance mondiale, ville géante, avec, c’est logique, une gare de chemin de fer à la hauteur du prestige de la ville, de la grandeur du pays, du business de l’oncle Sam, and so on …

Gare magnifique, grandiose par ses volumes, ses matériaux (le marbre, y’a pas à dire, ça en jette !), sa lumière diffusée par de vastes baies. Gare mythique, qui ressemble à d’autres gares US mais en très grand, qui rappelle certains films d’Hitchcock avec son ensemble de guichets dans un kiosque central. Gare cinématographique, décor fabuleux.

Décor ? et oui … Un bâtiment extraordinaire pour bien peu de voyageurs (toutes proportions gardées) et pour des trains … folkloriques, approximatifs, vieillots, ringards, bref, sur ce point-là, les States sont mauvais. Très mauvais. Non pas parce-que les billets, à l’intérieur des voitures, sont contrôlés façon « poinçonneur des Lilas », par un brave gars à casquette qui fait des p’tits trous, toujours des p’tits trous dans le ticket ad hoc. Quoique … c’est quand même un signe …
Mauvais parce-que les Etats-Unis sont un des pays au monde où on prend le moins le train. A moins que ce ne soit l’inverse : on y prend peu le train parce-que c’est une calamité, un parcours du combattant, un test in vivo du sens de l’humour des passagers. Une seule compagnie a survécu à la débâcle du chemin de fer pour voyageurs dans le pays (alors que le fret va bien, merci pour lui) : AmTrack. Une compagnie fauchée comme les blés qui rend un service lamentable. Les voies uniques non électrifiées sont choses banales. Les trains roulent lentement, pas forcément à plus de 50 ou 60 km/h. Certains gros centres urbains, comme Louisville (Kentucky) par exemple, n’ont même plus de gare : pour une aire urbaine de plus d’1,2 million d’habitants, ça la fout mal. Les horaires sont fantaisistes : il faut parfois aller prendre son train à 2 ou 3 h du matin, loin de chez soi, et ce n’est même pas sûr qu’il soit à l’heure. Et l’avenir ? Mr Obama y songe. On parle même train à grande vitesse, notamment sur la côte est, mais aucun constructeur US n’est sur le coup. Il se pourrait que ce soit une boîte chinoise qui emporte le marché, si tant est que les Étatsuniens soient un chouia motivés pour avancer vite sur des rails.

Diaporam’art # 23

Dictateurs

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What’s new ? [vendredi 24 septembre 2010, 8 h 40]

  • La Chine n’a pas une tradition viti-vinicole bien ancrée. Jusqu’à une date récente, y déguster du vin, même d’importation, surtout d’importation, était réservée à une élite branchouille qui n’y connaissait que pouic, capable d’avaler cul sec un bordeaux dilué dans un peu de coca. La honte. Mais le niveau de vie moyen augmente, les modes arrivent, et actuellement, le premier importateur de bordeaux après l’UE, c’est la Chine, où le vin s’apprécie à mesure que le marché explose, dans les verres ad hoc et sans glaçon (Aujourd’hui la Chine).
  • Le racisme envers les Roms, qui ne doit pas chercher de justification dans le fait que « c’est comme ça depuis toujours » (le racisme est injustifiable, point barre !), suscite une certaine émotion, y compris hors de France où il s’est transformé en racisme d’Etat (vous reprendrez bien un verre de Vichy, monsieur le ministre ?). Un portfolio présente des Roms ordinaires, photographiés en Serbie et en Slovénie : les mille et un visages d’une communauté (Le Courrier des Balkans).
  • Ça va chauffer à La Réunion ! Piton de la Fournaise : passage en alerte de niveau 1. Rappelons que ce volcan ne fait pas partie des affreux-dangereux qui explosent, mais qu’il se contente de déverser dans un sublime spectacle des coulées de laves brûlantes. Il faut juste éviter d’être sur le passage !  (Le Quotidien de La Réunion).

Retour de manif

Parce-que ce n’est pas en baissant les bras qu’on peut gagner la partie, parce-qu’une loi votée à l’Assemblée (mais pas encore au Sénat !) peut être annulée, parce-qu’il ne faut pas lâcher sur des enjeux aussi lourds de conséquences que cette question des retraites, parce-que les années de retraite en bonne santé sont (presque) toujours les premières, parce-que la productivité et la pénibilité du travail sont très élevées en France et qu’il faut aussi en tenir compte, parce-que « marre de cette société-là, qui plonge les vieux dans la misère, les jeunes dans la galère », parce-que tout ça … nous étions à nouveau très nombreux aujourd’hui dans les rues de France, au-moins autant que le 7 septembre (pour Bordeaux : petite vidéo de cette manif-là), et toujours aussi déterminés, motivés et énervés. Quelques images de la fin de la manif quand, après un joli parcours, il fallut rejoindre le point de départ (les allées de Tourny) en passant par les quais et le miroir d’eau :

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Métro, mon chaud métro

Un article du Monde attire ce soir mon attention, sans doute parce-que la chaleur suffocante du métro de New-York m’a laissé une forte impression. Cet article, intitulé « L’air chaud du métro, nouvelle source de chauffage dans les villes » (lien à validité très brève pour les non abonnés), évoque un projet pas sot du tout : et si on utilisait la chaleur présente dans les couloirs et tunnels du métro pour chauffer les bureaux et les appartements ?
L’idée a germé à Paris, mais elle pourrait fort bien entrer en application dans toutes les villes bénéficiant de ce mode de transport. Donc pas à Bordeaux, puisque cette idée a été abandonnée il y a déjà quelques années, les engins permettant de creuser les tunnels ayant été finalement utilisés pour peaufiner le système anti-inondation réellement exceptionnel dont bénéficie la ville, mais je m’écarte du sujet…
Le métro, donc. Ça chauffe, et pas qu’à New-York, et pas qu’en été (à propos du métro de New-York en été : chopez mes impressions ici-même). Utiliser cette chaleur revient ni plus ni moins à utiliser le principe de la géothermie, en beaucoup plus simple et moins profond, d’autant plus que les trous sont déjà faits. Certaines caves d’immeubles disposent même déjà, à quelques mètres près, d’une entrée directe sur un tunnel du métro parisien. Un bon coup de perceuse, et hop ! C’est évidemment un peu plus subtil, mais la mise en œuvre d’un tel projet ne relève pas d’une prouesse technologique bouleversante. Cela ne permettrait pas de chauffer forcément à plein régime des immeubles entiers, mais au moins cela participerait à l’effort global et allègerait la facture énergétique de manière significative. Il faut juste vérifier que l’air chaud ainsi injecté soit propre, qu’il n’ait pas cette insupportable odeur qui rend n’importe quel métro au monde parfaitement identifiable (et oui, le métro de New-York et celui de Paris puent tous les deux, mais ils ne puent pas pareil, et celui de Berlin est encore différent … A quand des blogs en odorama pour bien vous faire sentir les différences ?).

Collection # 65

Miss Liberty

Accompagnement musical : Claude Nougaro, Lady Liberty




What’s new ? [mardi 21 septembre 2010, 14 h 45]

  • Il paraît que les jupes rallongent quand les temps sont durs : c’est la théorie de l’ourlet (Café Mode).
  • Les bondieuseries n’ont pas fini de soumettre les populations : en Algérie, deux ouvriers sont ainsi actuellement jugés pour n’avoir pas jeûné pendant le ramadan (Nouvel Obs).
  • L’avenir est en marche sur l’ancien site toulousain d’AZF, pulvérisé en septembre 2001 : un centre de recherches sur le cancer y est actuellement en construction, et devrait entrer en service en 2013 (La Dépêche).

—> Illustration : Yves ALIX, Les vitrines, 1927

Patriotisme

Que nos amis Étatsuniens soient un chouia plus patriotes que la moyenne ne constitue pas un scoop. Les manifestations de cet amour inconditionnel pour le pays se sont intensifiées dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, dans une ferveur mi-patriotique mi-religieuse. God bless America, et ça se voit.
D’abord sur les bâtiments publics, les administrations et les institutions, comme dans n’importe quel pays du monde. C’est juste que là, le drapeau est vraiment très grand, la façade de la Bourse de Wall Street le prouve :

Mais ces mêmes drapeaux, de belle taille, sont aussi relativement fréquents sur des bâtiments privés, comme des hôtels ou des immeubles de bureaux :

Plus surprenant, peut-être parce-que c’est une des toutes premières images que cette ville m’a offertes, le patriotisme du citoyen lambda, accroché à l’autre symbole de l’American way of life : la bagnole.

Diaporam’art # 22

Trois

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Limousine

En France, dans nos contrées du sud-ouest à peine touchées par la civilisation bling-bling, la limousine, c’est ça :

Une brave bête élevée patiemment pour faire du bon steak. Sa couleur orange sur la photo, prise en Corrèze en décembre 2009, est uniquement liée à la lumière de la fin d’après-midi couplée à un réglage cocasse sur l’appareil-photo, mais je vous promets que cet animal n’est pas un extra-terrestre.

Quand on entre dans la civilisation bling-bling, la limousine, c’est ça (photo shootée quelque part dans Manhattan) :

C’est un abus de langage qui veut que l’on désigne par ce terme une très longue voiture de luxe, dont le seul but pour ceux qui roulent à bord est de se la péter un max en picolant tout autant (ou pas). Pour fabriquer ce genre d’engin, c’est simple : tu prends une voiture normale (pas une smart ou une twingo, faut quand même un peu de matos pour fabriquer un tel joujou), tu la coupes en deux (vas-y petit, sors la tronçonneuse !) et tu rajoutes un morceau fabriqué exprès au milieu. D’où le résultat peu esthétique, aux proportions fâcheuses, mais au moins c’est rigolo. Hors de cette méthode, deux constructeurs seulement, selon wikipédia, fabriquent ce genre d’engin : Lincoln et Cadillac.
Mais voici qu’arrive une nouvelle mode, très laide mais il parait que c’est la classe : la même chose mais version Hummer. Ça donne ça, photographié à Brooklyn :

Si vraiment une balade dans un camion à rallonge vous botte, sachez qu’il vous en coûtera environ 230 € de l’heure à Paris …
Et le Limousin de la limousine dans tout ça ? Il y a une explication dans wikipédia, j’ignore si elle est exacte. Il parait qu’autrefois, il y a longtemps, quand les druides hantaient encore nos forêts et que les elfes gambadaient joyeusement entre leurs jambes, les habitants de cette région portant le nom de Limousin, se couvraient d’une limousine lorsque la bise commençait à souffler. Il s’agissait d’une sorte  de cape  permettant de se protéger de la pluie. De là serait venu le nom des habitants de la région, et, par extension, le nom de la région elle-même et du bovidé qui illustre la première partie de cette note. Le mot serait ensuite passé dans le langage automobile, désignant par là les voitures dont les places arrières étaient protégées par une capote (le chauffeur se mouillant à l’avant). Mais tout cela, bien sûr, reste au conditionnel …

What’s new ? [jeudi 16 septembre 2010, 8 h 50]

—> Illustration : un Airbus A380 sur le tarmac de l’aéroport JFK (New-York).

Ambiance douche écossaise en sous-sol

J’ignore si l’Ecosse pratique réellement la douche en alternant brutalement le chaud et le froid, mais c’est tout de même bien cette expression qui m’est venue à l’esprit dans le métro de New-York, en juillet dernier, alors que les températures extérieures étaient sensiblement les mêmes qu’à Bordeaux (en gros 35°C en milieu de journée).
Tout d’abord le chaud, le très chaud : les couloirs, assez moches, les quais, moches aussi et aussi étroits que très longs. Une chaleur suffocante, on cherche l’air, on rêve de pluie. Une moiteur difficilement supportable, on dégouline, on transpire, on s’éponge, on se désaltère à la bouteille d’eau que nul ne risque d’oublier d’apporter. Dès le matin relativement tôt, la chaleur se fait sentir, le soir elle est insoutenable. D’où vient-elle ?
D’abord de l’été, bien sûr. Mais aussi de la clim poussée à fond dans les trains, qui rejette donc un air très chaud par bouffées régulières. Et c’est ainsi que j’en viens au froid, celui des rames. On y enfile parfois la petite laine. La douce fraicheur que l’on ressent en entrant dans le train lui-même laisse vite place à des frissons, une légère chair de poule.

Par ailleurs, ce métro de New-York n’est pas plus compliqué qu’un autre, dès lors que l’on a à peu près compris les grandes lignes (dans tous les sens du terme), intégré le fait que tous les trains ne s’arrêtent pas à toutes les stations de leur ligne (ils roulent sur des voies centrales, c’est ainsi qu’un métro peut en doubler un autre, rendant plausibles les problèmes d’arithmétique de notre enfance), saisi que le portillon d’entrée sur le quai était aussi celui de sortie, et accessoirement saisi que certains métros, parfois, changeaient de ligne à la mi-temps sans prévenir ou restaient bloqués dans les tunnels pour des temps variables. C’est ce côté capricieux du métro newyorkais qui a inspiré à Didier LOCKWOOD son B Train Blues.
Ambiance en vingt secondes de ce métro que nous avons largement utilisé, et globalement sans problème :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

—> A cliquer : le schéma général des lignes du métro de New-York.

Collection # 64

La récolte du sel
Port des Salines (île d’Oléron), été 2010



—> A regarder : une petite vidéo expliquant le tout, que j’ai déposée délicatement sur YouTube.

25 photos-souvenirs …

… de la Cow Parade. Et oui, c’est fini, c’est même écrit dans le journal. End, mais pas happy end : trop de vaches abimées, détruites, saccagées, et même volées. Je ne sais pas très bien comment la vente aux enchères finale, dont les gains doivent aller à la Banque Alimentaire, va pouvoir se dérouler.
Retour sur un été plein de meuuuhhh, avec 25 photos prises avant que les dégradations ne rendent les bêtes méconnaissables :

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Diaporam’art # 21

Il pleut, il mouille

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—> A écouter : Georges BRASSENS, Le parapluie

What’s new ? [jeudi 9 septembre 2010, 8 h 40]

  • La ville a besoin de l’agriculture, et la disparition des zones maraîchères urbaines pose de réels problèmes : environnementaux, bien sûr, mais aussi d’approvisionnement, car la demande en légumes ne faiblit pas, au contraire. D’où l’intérêt de ce court article de La Voix du Nord, qui part de l’exemple de la région lilloise : les agriculteurs entrepreneurs, gardiens de la ruralité dans l’urbain.
  • Si les zozios étaient plus gros, on pourrait penser à un remake toulousain du film d’Hitchcock, mais ils sont juste nombreux et font caca partout : les étourneaux envahissent la ville rose (La Dépêche).
  • Connaissez-vous le phragmite aquatique ? c’est un minuscule oiseau migrateur, mais c’est surtout une espèce menacée (banal …), qui a l’habitude de se poser dans le superbe marais de Brière, près de Saint-Nazaire : un petit volatile à protéger (Presse-Océan).

—> Illustration : bidouillage d’après le tableau de Jan VAN KESSEL, L’arbre aux oiseaux, 17e siècle.

Finalement, la Nano, c’est une voiture normale

Résumé de l’histoire : le groupe industriel Tata Motors a mis au point et commercialise désormais une voiture de petite taille (d’où son nom), de petite motorisation (d’où son nom aussi) et peu équipée (d’où son nom toujours), destinée à la classe moyenne qui émerge actuellement en Inde. Une voiture low-cost pour un Européen moyen, mais une chouette aubaine pour les Indiens qui peuvent en profiter. Un peu comme lorsque Fiat a sorti sa 500, dans laquelle des familles italiennes entières se sont entassées, signe d’une ascension sociale évidente, et, accessoirement, c’était plus pratique pour visiter mère-grand le dimanche.
Low-cost, pour une voiture européenne, ça donne la Logan. Avec options, elle n’est plus low cost du tout. La même chose se produit avec la Nano, autrement plus basique que la Logan : quatre roues, un moteur, des freins, certes, mais guère plus. Finalement, la Trabant avait un certain charme à côté.
La Nano reste donc, normes de sécurité et exigences du consommateur obligent, un véhicule réservé au pays en développement où elle est née. Sauf que les Indiens eux-mêmes connaissent, du moins pour une part, une hausse suffisante de leur niveau de vie pour souhaiter mieux que ce gadget, sans pouvoir taper pour autant aux rayons Audi ou Mercedes. Dans un même ordre d’idée, si Tata Motors veut se lancer dans l’exportation de son joujou, il faut y apporter quelques améliorations substantielles. C’est ainsi qu’est née, paradoxalement nommée, la « Nano Deluxe », prête à bondir d’ici 2012. « Deluxe » en un seul mot ne veut pas forcément dire que luxe il y a, mais tout de même, les avancées sont sensibles, surtout en matière de sécurité : ABS, airbag. La mécanique elle-même la rapproche des ses frangines automobiles européennes ou nippones : boîte 5 vitesses, direction assistée. Bref, la Nano est en train de devenir une voiture, et non plus un original mais simpliste véhicule en plastique.

—> Source : Esther OYARZUN, Bientôt la Nano Deluxe, version chic de la voiture du pauvre, Aujourd’hui l’Inde, 7 septembre 2010.

Collection # 63

SARLAT (Dordogne)
Août 2010



French touch in Manhattan

Etre frenchy à New-York City, ce n’est pas si dépaysant. La France est, comme on s’y attend, synonyme de bonne chère et de breuvages raffinés. Un vendeur de vins affiche ainsi la carte des principales régions viticoles françaises, tandis qu’un autre fait la promo de l’apéro girondin par excellence, le Lillet, sur toute sa vitrine.

De même, certains cafés et restos n’hésitent pas à promouvoir leurs produits directement en français. La langue elle-même n’est pas si peu parlée que ça : la serveuse du resto où nous avons presque toujours pris nos petits-déjeuner, nous glissait systématiquement quelques mots en français ; mais le top du top fut tout de même ce papy de Harlem, assis sur un siège de camping à deux pas de l’entrée nord de Central Park, qui se mit à nous parler de Charlie Mingus dans un français quasi parfait. Dans Harlem justement, nous avons vu une jolie maison portant le nom de « Sans-souci », en VO dans le texte.

De vieilles publicités devenues presque illisibles avec le temps montrent l’ancienneté de la présence de cette langue. Un « Bazar français » a ainsi du exister, un jour, il y a longtemps.

Mais le plus surprenant, peut-être parce-que nous l’avons vu quelques heures seulement avant notre départ, fut cette pub pour un quotidien régional, à la devanture d’un hôtel :

L’éphémère cobra a perdu la tête

En 1948, cinq peintres belges, hollandais et danois, râlant contre les poncifs picturaux ambiants, et surtout contre l’hégémonie parisienne, fondent le groupe CoBra (acronyme de Copenhague, Bruxelles et Amsterdam), qui se dissout trois ans plus tard. Ça fait pas bien long, mais, en trois ans, nos artistes ont fait une jolie petite révolution.
Le dernier de ces peintres vient de mourir, et, du groupe, il ne reste plus qu’un poète, Joseph NOIRET. Cinq peintres, donc, convaincus que l’art occidental court à sa perte s’il ne replonge pas aux sources de l’humanité (je résume très grossièrement, mais, pour faire bref, les membres de CoBra ont vu dans les deux guerres mondiales un signe évident de l’échec des valeurs culturelles de la vieille Europe). D’où une fascination pour les totems, les dessins apparemment très simples, façon « dessins d’enfant », la calligraphie, l’art naïf, etc, bref, toutes ces images enfouies au plus profond de nous-mêmes. C’est en cela que les œuvres de CoBra ne peuvent pas nous laisser de marbre, elles résonnent en chacun de nous, que l’on aime ou non cet art-là.
Le dernier survivant de CoBra était le Néerlandais CORNEILLE, décédé hier à l’âge de 88 ans. C’est bien sûr une de ses œuvres qui illustre cette note. Il sera enterré, selon son vœu, à Auvers-sur-Oise, à côté de Van Gogh. On ne peut rêver meilleur voisinage …

—> A cliquer :

Ça a la forme d’un phare, la couleur d’un phare …

… mais ce n’est pas un phare, pas vraiment. Vue sa faible hauteur, on parle plus raisonnablement d’un feu de port.
D’ailleurs, il est à l’écart de la mer, au milieu des maisons de la commune de Château d’Oléron. Un internaute a même évoqué, à son sujet, « le phare du bout de la rue ».
Une minuscule tour qui trouverait presque sa place dans le mini-golf à côté, un genre de jouet à la peinture rouge et blanche rutilante.

Diaporam’art # 20

Les filles de joie

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—> A écouter : Georges BRASSENS, La complainte des filles de joie

What’s new ? [vendredi 3 septembre 2010, 8 h 50]

Y’a pas à tortiller, cette fois c’est la rentrée ; si l’été continue, les vacances qui vont avec sont bel et bien derrière nous. Petite revue de web :

  • Des nouvelles tout d’abord du CEPMO, le lycée expérimental de l’île d’Oléron, sauvé in extremis mais il faut rester vigilant : sursis d’un an dans la Maison Heureuse, le bâtiment de Boyardville où ce lycée est implanté depuis le début, et dont le loyer devait être multiplié par dix sur décision municipale ; pour 2011, élèves et enseignants migreront vers le sud de l’île, dans un bâtiment de Saint-Trojan qu’il faut rénover : Dernière rentrée à Boyardville (Sud-Ouest).
  • Retour à l’école pour 220 millions d’enfants chinois, avec les mêmes inquiétudes parentales que partout, et quelques rituels plus ou moins pesants pour les enfants (vidéo dans Aujourd’hui la Chine).
  • Côté élèves pour terminer : Pour la rentrée, 10 bêtises à faire à l’école (ou pas), à travers la BD (Des bulles carrées).

—> Illustration : Carl HERTEL, Classe pendant une leçon de géographie, 1874

Les couleurs de la skyline

Aller à New York, c’est avoir par avance des images dans la tête, dont celle de cet alignement des gratte-ciel du quartier des affaires. Skyline. Ligne du ciel. Ligne amputée le 11 septembre 2001, que l’on peut voir dès lors que l’on quitte Manhattan.
Premier aperçu : ciel un peu gris, temps orageux. Nous sommes à bord du ferry qui relie Manhattan à Staten Island (balade très agréable dont je reparlerai quand j’aurai un peu plus de temps) :

Deuxième coup d’œil : lumière du soir, la plus belle, la plus dorée, les contrastes sont nets. Nous sommes sur le bateau-arnaque (j’en parlerai peut-être aussi) qui nous ramène de Liberty Island :

Troisième angle enfin, un peu décalé par rapport aux précédents. Nous sommes cette fois en face, sur l’autre rive de l’East River, dans Brooklyn, à deux pas des piles du Brooklyn Bridge :

Collection # 62

Le pont de Brooklyn