Le pont de Brooklyn

Premier pont sur l’East River quand tu arrives de la mer, le pont de Brooklyn est aussi probablement le plus célèbre de New York, facilement identifiable sur les images. Le plus sympa est évidemment de passer dessous, tant pis si c’est à bord d’un rafiot à touristes :

Achevé en 1883 après quatorze ans de travaux, ce pont suspendu permet le passage des voitures (à l’origine : des trains, jusqu’en 1950) et des piétons, grâce à une passerelle centrale située au-dessus de la voie pour les voitures. Il est long d’environ 2 km, ce qui était une sorte d’exploit à l’époque de sa construction (c’est un des plus vieux ponts suspendus des États-Unis). Celle-ci a d’ailleurs fait des victimes : il fallait creuser des fondations à 35 m de profondeur, or la remontée à la surface s’effectuait sans palier de décompression, les bases de la plongée et de ses risques n’étant pas bien connue dans cette deuxième moitié du XIXe siècle. Dès l’achèvement des travaux, la solidité du pont fut discutée, une rumeur prétendit même qu’il allait s’effondrer. C’est le patron de cirque Barnum qui rassura tout le monde, en y faisant défiler ses éléphants.

—> A cliquer :

  • à l’annexe : une autre photo du pont de Brooklyn
  • une œuvre d’art conservée au Metropolitan Museum : John MARIN, Brooklyn Bridge (vers 1912)

What’s new ? [lundi 30 août 2010, 14 h 00]

Un week-end un peu partout

Nous sommes partis vendredi, cap à l’est. Etape gastronomique dans le pays de cocagne du coin : le Périgord. Samedi, au saut du lit, nous gambadions dans les rues de Sarlat (repère 1 sur la carte) à l’heure du marché :

Cap à l’est toujours, en évitant tout ce qui de près ou de loin ressemble à une autoroute. Nous traversons le département du Lot, l’architecture change. Après la lumineuse pierre blonde de Sarlat, des pierres plus sombres, le pays semble plus rugueux, plus dur aussi, on se dit que les hivers y sont surement rigoureux. Nous avons quitté notre douce Aquitaine, le paysage est vallonné, c’est joli. Nous entrons en Auvergne et, vers midi, nous nous posons à Aurillac (repère 2) :

Après un déjeuner très couleur locale (et très agréable), nous continuons notre périple, toujours dans la même direction. C’est désormais la petite montagne, le Massif Central et la station de ski de Super-Lioran. Tout indique que la neige est bien là l’hiver, nous prenons de l’altitude, la température baisse mais la lumière est superbe. En fin de journée, nous plantons la tente en Ardèche, lieu de la fête où nous étions invités et qui a justifié une telle virée.
Dimanche matin, alors que nos co-fêtards pioncent encore, nous décampons silencieusement : le week-end n’est pas terminé. A le recherche d’un café pour le petit-déjeuner, nous entrons dans un très joli village, dont seul le bistrot est ouvert à cette heure : Boucieu-le-Roi (repère 3 et photo ci-dessous).

Petit noir au comptoir, avec discussions enflammées des habitués en prime, on se croirait chez Gourio. Je repense aux brèves de Jean Carmet dans la vieille série Palace (piqûre de rappel). Nous reprenons la route, les paysage sont superbes. Nous nous arrêtons même pour une petite photo :

Nous arrivons enfin à Tournon (repère 4), où nous voyons le plus grand, le plus fort, le plus gros : le Rhône.

Cap au sud enfin, par l’autoroute A7. Nous présentons nos hommages à la verte Sorgue (photo ci-desous) à l’Isle-sur-la-Sorgue (repère 5) avant de remettre le cap sur notre home sweet home.

Diaporam’art # 19

La toilette

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French touch in New York : the question

Hello my friends ! It’s time to play. Nous avons vu cette pub pour un apéro frenchy à New York City. Le but du jeu est tout simple : de quel breuvage s’agit-il ? Laissez vos réponses dans la boîte à comm’.

Je validerai vos trouvailles à mon retour de ouikennde. Et oui, je vaque à des occupations campagnardes pour les deux jours qui viennent, mais don’t worry, je ne vous laisse point seuls : un interlude jaillira comme par magie ici-même demain sur le coup de midi, et la barbouille du dimanche arrivera par porteur spécial. Portez-vous bien. Bye !

Opération sauvetage pour un melon fade

Le melon est fade, pas citrouille mais il s’en faut de peu. Je décide de tenter la soupe froide de melon à la tomate, sachant que je veux garder les dernières tomates mûres pour une bonne salade avec du basilic. Et là, j’ose ce que vous n’osiez pas imaginer : la boîte de conserve. Non ? Si. T’as pas honte ? non, j’assume. Résultat :

Soupe froide de melon et tomate à la menthe

  • 1 melon (s’il est mûr et a du goût, c’est mieux)
  • 1 boîte de pulpe de tomate nature, rapidement égoutée (s’il reste un peu de jus, ce n’est pas plus mal)
  • 10 à 15 feuilles de menthe fraîche (dosage exact en fonction des goûts de chacun, à rectifier en cours de préparation)
  • du piment d’Espelette et du gingembre en poudre (dosage à tester en goûtant)
  • un peu de sel
  • du jus de citron (comme pour le reste : on goûte et on rectifie)

La préparation est simplissime : on met tous les ingrédients dans le blender, et vrrrrroummmm ! Une fois que le mélange est bien homogène, on rectifie l’assaisonnement. Mettre au frigo pendant au-moins deux heures, il faut que ça soit bien froid.

A servir comme on veut : grande gamelle de soupe que l’on slurpe comme Jacques BREL dans Ces gens-là, ou délicate mise-en-bouche si on veut se la péter un max devant ses invités, ou petit grigri pour l’apéro.

Comment voulez-vous que je prépare la rentrée …

… si, dès que je tapote chez Gougueul, il me sort un truc marrant, qui date de la grande époque du service militaire, au temps où cette corvée était vécue par certains comme un gage de virilité, en gros vers la fin du XIXe ou le début du XXe siècle. Je vous laisse l’image et retourne à mes crayons mon clavier et mes cahiers ma clé USB. Pensez à éteindre la lumière en partant.

Réalisme et dramatisation

Les monuments en hommage des victimes des guerres, des aléas de l’histoire, de ceux du métier, bref les victimes de toutes sorte : beaucoup de réalisme, des sculptures qui montrent des corps qui pourraient être vrais, dans les proportions bien souvent, dans les poses, les mimiques, les regards. Cette exactitude n’est pas inintéressante artistiquement parlant, mais trop d’émotion visible tue l’émotion.
Les deux monuments présentés ici sont visibles dans Battery Park, à la pointe sud de Manhattan, un lieu très fréquenté par les touristes puisque c’est de là qu’on embarque pour la Statue de la Liberté. La sculpture ci-dessous rend hommage aux migrants qui ont cru au rêve américain. Il y a une attente folle mais aussi une très grande inquiétude dans les corps et les visages, on sent la fatigue de ces gens, peut-être même toute la misère du monde. C’est justement ce côté « toute la misère du monde » qui me gêne.

Plus surprenant, et surtout plus angoissant, ce monument en hommage aux marins de la marine marchande morts en mer, dont j’ai laissé une photo dans la Boîte à images. Jugez vous-mêmes :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

What’s new ? [jeudi 26 août 2010, 8 h 00]

La vieille église de Mérignac

La vieille église de Mérignac se situe rue de la Vieille Eglise, à Mérignac : on peut difficilement faire plus simple.
C’est aussi la simplicité qui caractérise son architecture : art roman classique, pierre très claire. L’église a de la bouteille : près de neuf siècles d’existence sous cette forme (une église encore plus ancienne lui a servi de base), un âge attesté par l’usure des modillons, dont j’ai laissé trois photos à l’annexe.
La construction d’une église plus vaste (et surtout plus moche) au XIXe siècle a provoqué l’abandon de ce si joli édifice roman, qui a été sérieusement abimé par un incendie à la fin de l’été 2001, il y a presque neuf ans jour pour jour. Les travaux ont été une totale réussite, et l’église accueille désormais des expositions.
Un seul regret : son environnement. Immeubles trop hauts, d’une architecture quelconque, parkings à proximité, dommage …

What’s new ? [mercredi 25 août 2010, 10 h 00]

Collection # 61

Ecureuils newyorkais

L’écureuil est chez lui dans New York, et pas seulement dans Central Park. Un arbre, un jardinet, quelques brins d’herbes, et hop ! le rongeur te file entre les pattes sur le trottoir. A écouter pour rester dans l’ambiance : Claude Nougaro, Un écureuil à Central Park.



—> A cliquer : Quel vin boire avec de l’écureuil ? (chez Miss Glouglou, qui réagissait à un article évoquant la possibilité d’autoriser la consommation d’écureuil en Angleterre).

Il n’y a pas un chat dans les rues de New York

Authentique : nous n’avons pas croisé un seul chat lors de nos vacances étatsuniennes. Les seuls minets que nous avons vus pionçaient comme des bienheureux dans une vitrine (photo ci-contre).
Et pourtant, il y a du bestiau dans la Grosse Pomme : des rats (parfois morts, souvent vivants, comme dans toutes les villes du monde), des oiseaux (dont une sorte de merle à gorge rouge), des bernaches, des écrevisses à Central Park, et surtout beaucoup beaucoup d’écureuils.

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.


Impressions Chinatown

On n’y va pas pour voir quelque chose de beau, on s’attend par contre à du dépaysement, des idéogrammes chinois partout, une foule asiatique façon Shanghaï, des odeurs d’épices, que sais-je.
On voit des badauds sur des trottoirs, comme partout, des idéogrammes : oui, et puis un sacré foutoir dans les devantures des boutiques, des aliments non identifiés (champignons, coquillages énormes, plantes médicinales parfois) qui sèchent au soleil. L’odeur est forte et gênante, celle de poissons modérément frais, qui se dégage des étals en plein air ou des petits marchés situés dans les caves des immeubles. Un quartier à visiter par curiosité, mais sans plaisir particulier, peut-être même un certain dégoût à voir les canards laqués pendre  à leurs crochets, hors de toute vitrine réfrigérée, un lieu où l’hygiénisme étatsunien n’a pas encore imposé sa loi.

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What’s new ? [dimanche 22 août 2010, 22 h 00]

  • Coup d’œil pas toujours très tendre sur une ville ultra-touristique : Venise par petites touches (Slate).
  • Balade en photos sur le canal de Nantes à Brest : le long du canal des bagnards (Télérama ; la totalité de l’article, qui explique notamment le titre, est à lire dans la version papier du magazine).
  • Dans la série « qu’est-ce qu’on va pas inventer pour finir dans le journal … ou aux urgences » : le « balconing », un nouveau jeu stupide et mortel qui inquiète les stations balnéaires espagnoles (Courrier International).

—> Illustration : Antonio CANALETTO, Vue du bassin de Saint-Marc, XVIIIe siècle.

L’antiquité

Dès que je l’ai vu, dans le Bronx, je n’ai pu m’empêcher de penser à Gaston et à ses relations régulières et chaleureuses avec Longtarin (piqûre de rappel), obsédé par un mange-fric à peu de choses près du même modèle.
Le vieux clou à peine modernisé était là, faisant la nique aux horodateurs cubiques, petit goût du passé sur fond de BD.

Diaporam’art # 18

New York City

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Tarte à l’envers avec des pommes de terre

Plat tout bête, mélange de recettes en vrac trouvées sur le net, avec bon gros dosage au pif, testé hier soir sur l’homme de la maison qui a levé son pouce pour dire que c’était bon, et comme j’avais les crocs, j’en ai mangé aussi. Conseils de fabrication (sans image de la réalisation finale, je dîne rarement avec l’appareil photo à la main) :

Pour faire la tarte à l’envers avec des pommes de terre, il faut :

  • 3 très grosses patates (ou 5 grosses ou 7 moyenne ou beaucoup de petites), de bonne qualité (pas un immonde truc farineux et sucré) ;
  • 5 ou 6 champignons de Paris (mais à la saison des champipis, rien n’interdit de les remplacer par des petites choses ramassées prudemment dans les bois) ;
  • 1 barquette d’allumettes de lardons fumés ;
  • 1 pâte feuilletée pur beurre déjà étalée ;
  • 1 pot moyen de crème fraiche épaisse (éventuellement un peu allégée) ;
  • 10 à 12 cl de crème liquide ;
  • du parmesan râpé ;
  • quelques brins de persil plat ;
  • 1 gousse d’ail ;
  • poivre du moulin ;
  • du beurre pour le plat.

Passons à la notice de montage :

  1. Cuire les pommes de terre à l’eau, mais elles doivent rester fermes. Attendre qu’elles aient un peu refroidi pour les éplucher et les couper en rondelles fines, sinon c’est brûle-doigt.
  2. Préchauffer le four à 200°C.
  3. Faire revenir les lardons et les champignons coupés en petits morceaux dans une poêle (sans matière grasse, les lardons en dégagent suffisamment), ajouter l’ail haché ou pressé (le presse-ail est un outil de base), du poivre, et le persil ciselé ; prolonger la cuisson deux ou trois minutes, pas plus.
  4. Beurrer généreusement un moule à tarte à haut bord, si possible avec revêtement anti-adhésif (on n’est jamais trop prudent).
  5. Disposer deux couches de rondelles de patates au fond du moule, puis le mélange lardons champignons ; recouvrir d’une troisième couche de patates.
  6. Dans un saladier, battre à la fourchette les deux crèmes avec le parmesan et du poivre ; étaler cette crème sur la dernière couche de pommes de terre.
  7. Recouvrir le tout de la pâte feuilletée, comme pour une tarte tatin. Faire quelques petits trous dans la pâte pour qu’elle ne joue pas à la grenouille qui voulait devenir aussi grosse que le bœuf.
  8. Enfourner pour 25 à 30 mn : c’est prêt quand la pâte a une jolie couleur.
  9. Retourner la tarte dans une assiette sans vous brûler les mimines. Déguster chaud ou froid (température ambiante, pas de passage au frigo) avec une salade verte.

—> Illustration : planche du XVIIIe siècle, présentant la pomme de terre sous toutes les coutures.

What’s new ? [jeudi 19 août 2010, 8 h 20]

  • Les désagréments de la vie quotidienne dans une ville touristique, en l’occurrence espagnole : Au secours, les touristes reviennent (article un peu caricatural mais très drôle, dans CaféBabel).
  • Progrès technique ? Rouler sans conduire (Slate).
  • Premier festival de jazz qui démarre sous de bons auspices : L’île de Ré hantée par Nougaro (Le Monde). A écouter : la chanson Ile de Ré (avec la souris, descendez vers le bas de la fenêtre et cliquez sur une flèche désignant la version du titre que vous voulez écouter).

—> Illustration : des touristes à New York, emballés sous plastique parce-que quelques gouttes de pluie commencent à tomber.

Pop art with love

Robert INDIANA, Love

En 1973, Robert INDIANA, de son vrai nom Robert CLARK, pose quatre lettres rouges sur une toile : Love est né, et sa célébrité est immédiate, à tel point qu’une série de timbres reprenant le tableau est édité.
A partir de là, des sculptures mettent en relief le mot d’Indiana, d’abord à Philadelphie, puis à New York, Tokyo, et ailleurs. Celle de New York se situe sur la 6e Avenue, lettres rouges qui tranchent sur le gris du trottoir, jaillissant de leur socle comme une gigantesque fleur.

Collection # 60

Street-art
New York, juillet 2010

J’avoue être restée sur ma faim, cherchant un peu désespérément le bout de mur ou le coin de trottoir avec de la couleur dessus. Du moins en ce qui concerne l’essentiel de Manhattan, New York est une ville propre sur elle, qui fait sa lessive régulièrement. Une vraie petite fée du logis ! Nous avons quand même déniché deux ou trois petits grigris, en particulier du côté de Soho, Chelsea et Brooklyn.



Les hommes d’affaires ne cessent jamais de travailler

John Seward JOHNSON, Double Check, 1982

Si la sculpture de John Seward JOHNSON était réalisée aujourd’hui, je pense que le héros de bronze ne farfouillerait pas dans son attaché-case, mais tapoterait à la manière d’un forcené sur un ordinateur portable qui rendra l’âme dans l’année, assommé par les tapotis-tapotas rageurs à l’heure de la publication des cours de la bourse. Wall Street n’est pas loin, le World Trade Center est à côté. Et le tapoti-tapota rageur, ça existe, nous l’avons vu à l’heure de la pause déjeuner où, dans plusieurs rues, les travailleurs se réfugient dans leurs voitures (avec ou sans la clim, donc avec ou sans moteur, tu en tires les conclusions environnementales de ton choix), sirotant à la paille d’ignobles trucs sucrés dans des grands gobelets cartonnés, engloutissant des sandwiches gras ou des fruits bien frais (si si, des fruits aussi), et, souvent, surfant on the web.
Je reviens à mon bonhomme en bronze. Quartier des affaires, grouillant de gens pressés ou qui en ont l’air, et au milieu : lui. S’il n’était monochrome dans son costard métallique, ce serait un extraordinaire trompe-l’œil, grande spécialité de son créateur : voir à ce sujet une de ses toutes dernières œuvres, assise sur un banc californien.

—> A cliquer :

Du bleu, du bleu, du bleu

Forrest MYERS, The Wall (1973)

Quartier de Soho. Un mur entier peint en bleu, d’où émergent des poutrelles métalliques vertes de même taille et de même écartement. Une œuvre rythmique, réalisée par le sculpteur Forrest MYERS, qui, bien que natif d’Hawaï, privilégie souvent New York pour son travail.
Ce mur est évidemment une œuvre taille XXL, mais l’artiste peut aussi faire dans le petit, le tout petit, que dis-je ? le minuscule. Avec ses potes WARHOL, OLDENBURG et d’autres, il a ainsi conçu Moon Museum en 1969, un petit morceau de céramique de moins de 2 cm de long sur 0,6 cm de large, sur lequel chaque artiste a laissé un crobard.

—> A cliquer :

What’s new ? [lundi 16 août 2010, 22 h 00]

Rangement à la newyorkaise

Manhattan, c’est 1,6 millions d’habitants permanents (sans compter les touristes et les travailleurs des autres quartiers de New York qui y viennent chaque jour) sur une superficie plus faible que l’île d’Oléron (20 km2 de moins à peu de choses près). Une telle densité suppose de bien ranger ses affaires, sinon la colocation devient vite insupportable. Et donc, pour ranger, on empile ; les bureaux et les habitants dans les gratte-ciel, et les voitures dans les parkings :

Diaporam’art # 17

A table !

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Cognac in the Bronx

C’est un article de Sud-Ouest qui vient d’attirer mon attention, mettant le doigt sur un phénomène que je n’ai absolument pas repéré lors de nos vacances newyorkaises : l’alcool le plus vendu dans le Bronx et à Harlem est la vodka, suivie de près par le cognac. Quel cognac ? pas du cher, pas du vrai, mais du trafiqué bas de gamme qui fait frenchy, parce-que vues les quantités éclusées par une population qui n’a pas trop le sous, l’authentique Hennessy reste dans la réserve. Cette mode du cognac, qui étiquette son rappeur en puissance, n’est pas nouvelle : la Charente-Libre évoquait déjà le phénomène il y a cinq ans, remontant au passage l’historique de ce goût.
En deux mots : le yankee carbure au whisky, dans les films voire dans la vraie vie. Ça fait mec, viril, ça te pose un Ricain comme le Ricard te caricature le Marseillais. De retour de guerre (les deux mondiales), les soldats US rapportent quelques souvenirs dans leurs malles et quelques habitudes dans leurs corps. Les blacks, victimes de discrimination et cherchant à faire leur trou dans un pays qui leur fait plus souvent des trous dans la peau, les blacks, disais-je, s’entichent du breuvage classe de chez classe, à côté duquel le whisky fait plouc : le cognac.
La tendance était lancée, qui n’a pas vraiment cessé. Le cognac, vrai ou faux, est aujourd’hui la boisson des rappeurs (vrais ou faux aussi), qui le chantent et le montrent même dans des clips (la marque Courvoisier en étant bénéficiaire). Le magnifique alcool ambré n’est plus perçu comme un digestif classieux de fin de souper avec cigare barreau de chaise, mais comme un alcool vraiment fort, qui arrache, qui cogne, qui déglingue. Pas sûr que ce soit cette image-là qui ravisse le plus les producteurs de cognac …

PS : la photo qui illustre cette note n’a été prise ni dans le Bronx ni à Harlem, mais dans West Village.

Les vaches de la mairie

Cow Parade de Bordeaux (jusqu’au 14 septembre)

J’aurais tellement aimé parler davantage de cette Cow Parade … mais voilà, des crétins ont cassé, brisé, sali, et même volé une partie du cheptel (à lire : un article paru hier dans Sud-Ouest). Amertume, désolation, tristesse. Manque de respect pour les artistes et pour la Banque Alimentaire, bénéficiaire de la vente aux enchères qui clôt l’événement. Du coup, les rescapées sont, dans la mesure du possible, de plus en plus nombreuses à trouver un nouveau pâturage dans des lieux clos la nuit, comme ici dans la cour et les jardins de la mairie :

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What’s new ? [jeudi 12 août 2010, 13 h 05]

—> Illustration : G. DOU, Femme épluchant des carottes, XVIIe siècle.

L’humanité conteneurisée

Expo « 6 milliards d’autres »
Base sous-marine de Bordeaux (jusqu’au 26 septembre)

Quand j’ai vu que cette expo était initiée par Yann Arthus Bertrand, j’ai hésité : les discours culpabilisants et scientifiquement approximatifs du personnage m’insupportent. Néanmoins, l’expo ne manque pas d’intérêt, à condition d’avoir la possibilité d’y aller plusieurs fois, ou alors d’y passer plusieurs heures.
Le principe est simple : des gens, de tous pays, de tous niveaux sociaux, filmés en plan fixe et serré, racontent leur vie. Chaque film est ensuite découpé, classé par thèmes (la famille, la guerre, etc), remonté en mettant bout à bout des interviews de tout le monde. Chaque film, d’une durée d’au-moins 25 minutes, est projeté dans un conteneur. L’ensemble est saisissant, prenant, parfois très drôle, plus souvent angoissant. Sur grand écran, le making-off de l’expo permet de bien comprendre comment elle a été créée, et, au passage, offre quelques belles tranches de bonheur. Ambiance :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.