La Sorgue [4/4]

Fin de la balade sur les bords de la Sorgue, mais la rivière continue son cours au-delà de cette ultime étape des vacances, ses tentacules se rassemblant en aval avant de se jeter dans l’Ouvèze.
Nous voici donc dans la bien nommée Isle-sur-la-Sorgue, petite ville charmante qui vit essentiellement du tourisme et de la brocante, l’un alimentant l’autre et inversement. Le touriste est mi-exploité mi-chouchouté, un peu comme dans tous ces lieux qui savent vendre leur paysage. Le dîner en bord de Sorgue, voire sur une passerelle enjambant celle-ci, est très tendance (mais on mange nettement mieux en général dans les restos hors ruisseau). Du coup, les terrasses des bistrots et cantines s’approprient les trottoirs voire un peu plus, et, comme aucune municipalité à ce jour n’a été assez gonflée pour limiter, ou même interdire, la circulation automobile dans les rues les plus touristiques, le piéton lambda s’entraîne chaque jour à la corrida contre les véhicules divers mais toujours motorisés. C’est très désagréable.

Qui dit Sorgue dit énergie, donc roues pour alimenter diverses industries aujourd’hui disparus. Mais les roues, c’est joli, ça fait du frais en été, et ça amuse les canetons :

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Grâce à la Sorgue, la ville ne manque jamais d’eau. Les habitants peuvent d’ailleurs l’utiliser pour arroser les jardins. Malgré la Sorgue, la ville n’est jamais inondée : la rivière est plutôt bonne fille. Domptée, canalisée, utilisée, mais rarement rebelle. Les filatures et papeteries ont toutes disparu, au profit d’un tourisme qui fait manifestement vivre son homme : le nombre de L’Islois (en deux mots !) a plus que doublé depuis la fin des années 1960. Par contre, et les habitants s’en plaignent, la culture est un domaine délaissé : pas de vrai cinéma, pas de théâtre, une bibliothèque de taille modeste et je ne suis pas sûre qu’elle soit municipale. Bref rien de ce que l’on peut attendre d’une commune de près de 20 000 habitants, à l’exception notable d’une bonne école de musique.

La Sorgue [3/4]

La Sorgue a suivi son petit bonhomme de chemin, à son rythme, c’est-à-dire à toute vibrure. Nous la retrouvons sur la commune de L’Isle-sur-la-Sorgue, à un endroit particulier : le Partage des Eaux.

A cet endroit bien précis, la rivière joyeuse se coupe en deux. Un bras à droite, un bras à gauche. Puis les bras eux-mêmes se divisent, et la rivière glisse une partie de ses tentacules dans la ville, l’autre partie dans la campagne. Le Partage des Eaux est donc un lieu stratégique, ce qu’ont bien compris les pêcheurs à la mouche. Si tout va bien, il y a des truites au dîner. Et, comme il se doit, là aussi une roue tourne, tourne, tourne …

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Ce lieu calme et reposant, moins envahi par les touristes qu’on pourrait le craindre (et les travaux de voirie devraient les éloigner pour de bon pendant quelques semaines encore), souffre pourtant d’un véritable drame, un des plus gros drames qui soient puisqu’il touche des enfants. Jusqu’à une date récente, une corde était attachée à un somptueux platane (photo ci-contre à gauche). Et, à l’été venu, les mômes du coin s’accrochaient à la corde et s’en servaient pour plonger dans l’onde fraîche (14°C aux plus chaudes heures de l’été). Des générations de drôles ont ainsi tâté de la Sorgue dans un schplaouf! de bonheur. Je connais d’ailleurs quelques témoins directs de ce plongeon, encore ému de tant d’éclaboussure et de rire. L’été dernier encore, la corde pendouillait, attendant le drôle voulant jouer à Tarzan ou à Fort Boyard. Au week-end dernier, je cherche la corde à jouer, et à la place il n’y avait plus que ça :

Pour qui pour quoi ce platane balèze, a priori en bonne santé, a-t-il subi un si funeste sort ? Et à quoi vont jouer les minots pendant l’été ? Un drame, vous dis-je …

La Sorgue [2/4]

La Sorgue dévale la pente façon torrent, avec plus de fougue encore au printemps qu’à l’été, mais jamais elle ne s’assèche et rarement sort de son lit : plus facile à vivre qu’elle n’en a l’air. Selon les aléas du relief et les aménagements successifs, elle bouillonne ou se pose, sa transparence nous laissant admirer ses reflets verts :

Une telle énergie ne laisse personne indifférent. La commune de Fontaine-de-Vaucluse lui doit son nom et sa fortune, et ce n’est pas d’aujourd’hui. Actuellement, c’est bien sûr le tourisme qui a pris la main, mais le torrent dément sert aussi de terrain de jeux pour sportifs aimant beaucoup l’eau, et pas seulement dans le pastis. Ce même terrain de jeu est aussi utilisé pour les entraînements de diverses activités de sauvetage : dans la petite vidéo muette, on voit ainsi un sauveteur du SDIS qui lutte tant bien que mal dans le courant. Plus tôt dans l’histoire, l’énergie débordante de la rivière a permis d’alimenter des roues à aube qui, ici, alimentaient une papeterie. Depuis les années 1950, cette activité est plutôt folklorique, mais les roues sont restées.

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La Sorgue [1/4]

L’image d’une Provence sèche, où chaque homme n’a de cesse de chercher une source et de ne rien en dire, façon Manon des Sources, est parfois battue en brèche. Il y a ainsi, entre Fontaine-de-Vaucluse et les abords de l’Ouvèze, une rivière un peu branque, limite hystérique au printemps, qui coule abondamment et un peu en tous sens, à la température quasi constante de 13 ou 14°C (degrés qui, dans cette région proche de Chateauneuf-du-Pape, désignent plus souvent une teneur alcoolique qu’une température). Cette foldingue qui jaillit de la montagne s’appelle La Sorgue, et elle fait le bonheur de la commune charmante de Fontaine-de-Vaucluse, qui peut ainsi, surfant sur la vague du tourisme de masse, amasser des pépettes en vendant à prix d’or des provençaleries made in China (ou pas). Que viennent voir nos touristes ? la résurgence de ladite Sorgue, résurgence mais pas “source”, bien trop difficile d’accès même pour des spéléologues aguerris ! Une rue piétonne monte ainsi doucement vers une extraordinaire falaise, bordée à droite par une Sorgue tantôt couleur menthe à l’eau tantôt couleur piscine, à gauche par l’alignement des étals des marchands du temple, façon grimpette au Mont-Saint-Michel (sauf que sur les bords de la Sorgue, on ne peut quand même pas acheter une tour eiffel en porte-clé, alors qu’au Mont-Saint-Michel, si !). Au bout de la piste, une mare : cette mare c’est la Sorgue, sage comme une image. En apparence. Selon les saisons, elle est plus ou moins haute. A gauche, la Sorgue en été, à droite la même au printemps :

Il s’agit de la plus importante résurgence de France et je crois même d’Europe, ce qui ne participe pas qu’un peu à la publicité du lieu. Le mystère de la source n’y est pas pour rien non plus : elle est tellement loin, tellement profonde, qu’elle reste inconnue à ce jour. A la fin du XIXe siècle, des plongeurs en scaphandre ont tenté une exploration de la chose, mais les moyens techniques n’ont pas permis d’aller une profondeur excédant une vingtaine de mètres. Jacques-Yves Cousteau lui-même a tenté l’aventure à deux reprises, pour atteindre au final une profondeur de 74 mètres. Mais l’eau venait encore de plus loin. A la fin des années 1980, c’est un robot qui a pris le relai : il a remonté le siphon sur plus de 300 mètres. D’après ce qu’en j’en ai compris, l’eau viendrait de plus loin encore.
Pour finir cette note, première d’une série consacrée à La Sorgue, voyons comment toute cette eau s’agite lorsqu’elle atteint presque son débit maximum. J’ai volontairement supprimé le son, trop assourdissant :

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Collection # 45

Le marché du dimanche matin
L’Isle-sur-la-Sorgue (Vaucluse), 25 avril 2010



What’s new ? [mardi 27 avril 2010, 18 h 45]

Le juste prix

Pub attrapée au vol dans le supplément télé du quotidien La Provence :

Et après ça, y’a encore des gens qui vont dire que le passage à l’euro, c’est de l’arnaque, que tout était moins cher du temps des francs. Voilà de quoi faire taire les esprits chagrins, non ?

Diaporam’art # 3

Coiffer

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—— interlude——

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Forteresse minuscule

On distingue très bien, lorsqu’on se balade sur les remparts de la vieille citadelle du Château d’Oléron, une sorte de minuscule fortification posée en mer, au pied du viaduc qui relie l’île au continent :

Il s’agit de Fort Louvois (repère 1 sur la carte à la fin de cette note) : une simple tour, une bon gros rempart épais, et un chemin qui glisse pour s’y rendre, celui-ci étant recouvert par la mer à marée haute. Cette petite fortification, réalisée à la fin du XVIIe siècle sous la direction de Vauban, devait au départ être plus vaste, plus imposante. Reprenant le projet dont il n’était pas l’initiateur, le célèbre architecte militaire de Louis XIV revit les ambitions initiales à la baisse. Voici le résultat :

A quoi bon un si petit fort sur un si petit caillou ? question de stratégie, tout simplement. Pendant plus de la moitié du règne de Louis XIV, la France est en guerre. Elle doit donc se protéger des envahisseurs, et en premier lieu protéger ses frontières et ses ports. L’ensemble des fortifications de Vauban qui jalonnent la côte de Charente-Maritime a ainsi pour but de protéger l’accès sud du port de La Rochelle, mais aussi l’accès à Rochefort et à son arsenal. Le petit Fort Louvois n’est donc pas positionné par hasard face aux remparts de la citadelle du Château (repère 2 sur la carte) :

En effet, des tirs croisés de canons de la citadelle vers le Fort et inversement avaient pour but de bloquer la route à tout navire malveillant ayant décidé d’emprunter le chenal séparant l’île du continent, route plus courte que celle du large pour atteindre Rochefort et La Rochelle plus au nord.

—> A cliquer :

Collection # 44

Tulipes




What’s new ? [mardi 20 avril 2010, 21 h 50]

—> Illustration : la Garonne à Bordeaux, 6 avril 2010.

Du blé aux rayons X

A défaut de changer de job (vu que là, je fais vacances), comme envisagé la semaine dernière, je pense avoir trouvé un filon pas foulant pour doper une carte bleue qui s’est explosée la piste magnétique dans une jardinerie aujourd’hui même. Je vais donc, et je te promets camarade que c’est du sérieux, je vais donc, disais-je, mettre aux enchères deux superbes clichés radiographiques de mon joli dos tordu. Si tout se passe comme prévu, je devrais me faire au moins 12 000 dollars, pile poil ce qu’il me faut pour préparer mes vacances d’été.
Tu doutes, mon ami ? attends, y’a une drôlesse prénommée Marylin (de son vrai nom Norma Jean Baker, mais Marylin, ça fait plus chic), décédée depuis 48 ans, qui espère davantage encore de pépètes en vendant des radios de son thorax. Si la blonde pulpeuse le peut, je le peux. Non mais. Par ici la monnaie !

—> Preuve que y’a vraiment des trucs zarbis aux enchères : l’article de Ouest-France qui ne parlait pas de volcan islandais aujourd’hui.

La cacophonie du week-end

Ce fut un week-end ensoleillé et sonore. Hier déjà, alors que nous nous baladions classiquement sur les quais, nous eûmes envie d’une bonne glace. Premier marchand : 10 km de queue. Direction Place du Parlement et ses abords, où un seul des deux glaciers était ouvert, et là aussi 10 km de queue. Nous avons bu un coup à l’Utopia, et basta ! Mais en attendant cet épilogue désaltérant, quel boucan ! la foule en roller, en vélo, en skate, en pétarou, en talon haut, ça court, ça tchatche, ça pignoche, ça réclame, ça braille, ça chantonne. Bref, la ville. L’apothéose est bien sûr atteint au miroir d’eau, qui retrouve sa fonction estivale de mare à canards :

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Aujourd’hui, une double envie nous motive : obtenir du calme et voir des cigognes. Nous filons au Teich dès le dessert avalé, et nous offrons une des plus chouettes balades du coin, celle du Domaine de Fleury. Nous ne vîmes, et encore de loin, qu’une seule cigogne, mais par contre la balade fut presque intégralement rythmée par le son tonitruant de grenouilles qui ont pris conscience de l’arrivée du printemps. Nous les entendîmes beaucoup et les vîmes fort peu :

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Diaporam’art # 2

Les Bretonnes

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L’arbre à bouchons

Virée dans le Médoc dimanche dernier, pour cause de portes ouvertes dans un certain nombre de châteaux. Plus encore que la classique visite des cuviers et des chais, associée à l’exposé plus ou moins passionnant sur le travail de la vigne, la fermentation malolactique et le renouvellement annuel d’un tiers des barriques, plus même que la dégustation du breuvage, c’est bien la rencontre avec les vignerons eux-mêmes qui justifie à elle seule la balade. D’un château Reverdi où on a l’impression d’être de la famille, au château Paloumey où la tchatche de la dame qui nous a reçus avait autrement plus de valeur que les exposés vaguement techniques, c’est généralement un réel plaisir que d’entrer ainsi dans les coulisses du vin. Et, parmi les multiples sujets abordés, nous parlâmes « bouchon » et « goût de bouchon ». Contre ce dernier, les as du marketing ont répondu « plastique » et « capsule vissée en métal ». Pour un vin qui ne se conserve pas, il n’y a pas mort d’homme, mais le « pop » à l’ouverture de la bouteille n’a quand même plus la même gourmandise. Les fabricants de bouchons en liège, les seuls vrais bouchons à vin, ont fait d’énormes progrès qualitatifs, alors pourquoi se priver d’un si merveilleux produit qui conserve le vin sans l’empêcher de respirer ? Parce-que ça coûte des sous, parce-que le « goût de bouchon » ça existe encore un peu (je me souviens ainsi d’un habituel fabuleux chateauneuf-du-pape qui a fini en sauce, la cuisson enlevant ce terrible goût), parce-que la forêt de chênes-lièges fond comme un glacier islandais après éruption volcanique.
Et pourtant, ce chêne-liège n’est pas si exigeant que ça : sol calcaire, soleil, pas de périodes de gelées trop longues. Ça se trouve, non ? Son milieu naturel n’est pas exclusivement méditerranéen, et le milieu océanique lui sied fort bien à des latitudes modérées (44°-45° maxi). L’arbre illustrant cette note a ainsi été pris dans l’immense parc du Château Malleret, toujours dans le Médoc, et il n’était point le seul de son espèce à affirmer ainsi son grand âge au cœur du domaine. Il serait donc urgent de replanter des forêts de chênes-lièges, qui, outre l’intérêt gustatif pour les vins de garde (et même pour les autres), présente des atouts économiques et écologiques.
C’est donc, vous le savez, son écorce qui fait le bouchon ; elle a belle allure, non ?

Et pour transformer l’écorce en bouchons, il faut du monde, ça ne s’improvise pas. Des dizaines de milliers de personnes en vivent sur le Bassin Méditerranéen. C’est aussi, comme toute forêt, un réservoir de biodiversité. On peut citer en exemple le lynx, qui y trouve refuge, or c’est une espèce en voie de disparition qu’il est urgent de préserver. Sans parler des bienfaits des forêts en général dans la captation de CO2. Une récente émission d’Arte (le magazine Global, en l’occurrence) en a parlé il y a quelques semaines, lançant un véritable appel pour la re-plantation des forêts de chênes-lièges, celle-ci ne pouvant se faire que si la demande en bouchons de qualité reste soutenue. Amis viticulteurs, à vous de jouer !

Allumeur de réverbère, c’est le pied !

Après avoir envisagé de tartiner de l’écran total sur le dos des mémères à chienchiens (lien vers la note en question), et avoir finalement renoncé pour cause de date d’embauche peu compatible avec mes projets estivaux, je me tourne aujourd’hui vers le job d’allumeur de réverbère. Réverbère au singulier, faut pas faire de l’excès de zèle non plus. Il n’est pas davantage question de trimer non stop comme l’allumeur de réverbère du Petit Prince, condamné à allumer et éteindre sans arrêt parce-que sa planète est trop petite (piqûre de rappel ici).
C’est beaucoup plus simple : pour allumer la loupiote, il suffit de marcher sur un trottoir toulousain. Le seul problème, c’est que ce n’est pas même pas payé … Et après ça on va dire que le chômage augmente … pfff !

—> Preuve que c’est pas du baratin : la note du blog qui a livré l’info.

Collection # 43

A vot’ bon cœur !




What’s new ? [mardi 13 avril 2010, 18 h 00]

  • Le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles consacre une expo à un très grand artiste bien plus moderne dans son style que bien d’autres nés après lui : El Greco, dont les œuvres, pourtant de la fin du XVIe et du tout début du XVIIe siècle, annoncent les grands mouvements picturaux contemporains. El Greco, maître de l’art espagnol : portfolio (Libé). L’image qui illustre cette note est bien sûr la reproduction d’un de ses tableaux.
  • Le graffiti n’est pas qu’une contestation systématique de l’ordre établi, et peut inversement servir un Etat : au Vénézuéla, le street art au service de la propagande politique (ArtClair).
  • La cuisine, tout le monde s’y met, c’est fun et c’est tendance, mais ça cache peut-être quelque chose : retour vers le fourneau (Les Inrocks).

Diaporam’art # 1

Les mômes

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C’est décidé, je change de job

Qu’est-ce qui m’a décidé à ainsi envisager de quitter le cocon douillet de la grande maison Educ’Nat’ ? le flouze, mon bon monsieur, la thune, les pépettes, l’oseille, le blé, le grisbi. Au lieu de suer sang et eau à corriger des copies, je suerai aussi sang et eau mais sur la plage, à tartiner de la crème solaire sur le dos des touristes qui n’ont pas le bras assez long, ou pas le copain ad hoc, pour  aller se poser de l’indice 30 jusque entre les deux omoplates, oui, là. Et ça rapporte, tartineur de crème solaire ? oui, même si ce n’est pas un écran total. Si nous étions le premier avril, j’aurais pris le pari du poisson, mais non, c’est sérieux de chez sérieux : le geste auguste de la main habile sur le dos hâlé rapporte 850 € par semaine. 3400€ par mois. Ça me ferait une jolie augmentation, non ? Le seul hic, c’est que ce tartinage estival ne se déroule que sur la plage des Sables d’Olonne, en Vendée, et pour cet été, j’ai prévu une destination quand même plus ludique !

—> La preuve que c’est un job qui existe vraiment : l’article de Ouest-France qui annonce la chose.
—> Illustration : Francis PICABIA, Coup de soleil

L’étang-surprise

Petite balade à vélo lundi dernier, sous le beau ciel bleu de la dernière matinée de ce week-end oléronais. Nous suivons, sans encore trop hésiter, la piste cyclable indiquée sur la carte. Sentiers ombragés ou pas mais toujours tranquilles, pas un poil de vent pour nous obliger à lutter. Balade facile.
Sans que rien ne l’indique vraiment, et alors que la piste longe une route dont nous ignorions jusqu’à ce jour l’existence, nous arrivons au bord d’un étang. Calme incroyable, à peine chahuté par les séances de drague des oiseaux, qui savent bien que c’est le printemps. Nous posons nos engins, tentons d’identifier le lieu (étangs de La Martière, d’après l’info laissée par la mairie de St-Pierre, qui a aménagé l’endroit en aire pour pique-nique). Derrière quelques arbres et touffes d’orties, nous arrivons devant un second étang, plus petit que le premier. Des insectes marchent sur l’eau, il paraît même qu’ici, on a vu une loutre, c’était il y a dix ans.

What’s new ? [mercredi 7 avril 2010, 17 h 40]

Collection # 42

Photomatou




Une Garonne envahissante

Bien que la ville de Bordeaux soit plutôt mieux préparée que d’autres face aux risques d’inondation, il arrive que la Garonne sorte sinon de ses gonds, du moins de son lit, tâtant à son tour des beaux quais tout neuf. Lors de Xynthia, il y a maintenant plus d’un mois, elle s’est éparpillée en rive droite : la presse en a parlé. Mais elle a aussi flirté avec la rive gauche, ce dont je ne m’étais pas rendue compte, n’étant pas allée sur zone à l’heure H. Un trait blanc tracé à la va-vite et une petite plaque indiquent la limite atteinte ce jour-là par le fleuve en délire. Avec un peu d’imagination et un pot de peinture, on peut se dire que ça devait engloutir cette portion-là de paysage :

Week-end pourri, qu’ils ont dit …

Si nous avions un seul instant fait confiance aux prévisions météo, nous serions restés à Bordeaux, à nous morfondre comme deux rats morts, voire pire, à bosser. Il ne faut pas plus écouter le bulletin météo que se fier à son horoscope : dans les deux cas, c’est du folklore.
Nous sommes arrivés sur Oléron samedi midi. Sur la route, le ciel était gris et de grosses gouttes de pluie faisaient une concurrence sonore déloyale à Massilia Sound System qui emplissait l’habitacle. Arrivés près du but, le ciel se déchira ; éclairé de soleil, le clocher de Marennes semblait fluorescent : sur l’île, le ciel était bleu, comme d’hab, et il l’est resté trois jours.
Nous avons gambadé sur les plages, senti l’odeur des arbres, circulé à vélo, magnifiquement bien dîné dans Les Jardins d’Aliénor (lien dans la colonne de droite), regardé l’océan, et accessoirement trouvé que le vent soutenu de dimanche seyait bien à certains sports (photo et vidéo illustrant cette note). Pour finir, nous avons grillé des sardines et dîné dehors ce soir, dans notre petit jardinet bordelais, alors que notre pommier vient de sortir sa première fleur.

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De l’ovniport aux prés salés

Balade de dimanche dernier à Arès, alors que les températures étaient autrement plus douces qu’aujourd’hui. Nous ne nous sommes pas contentés de l’ovniport, cela manquant un peu d’action, et, comme il se doit, nous nous sommes attaqué à un tronçon du sentier du littoral que nous connaissions très peu. Au niveau de la plage (repère 1 sur la carte à la fin de cette note), nous avons donc tourné à droite et avons commencé à marcher sur un chemin en dur, salement miné par les débordements du Bassin lors des diverses tempêtes (repère 2 ; la photo ci-dessous a été prise lors du trajet retour) :

Assez rapidement, nous arrivons sur le port ostréicole d’Arès (repère 3), moins touristique et moins « carte postale » que celui d’Andernos, même si les cahutes sont dans le même style :

Nous poursuivons sur un chemin plus sableux, en ayant le Bassin à notre gauche et les réservoirs à poissons sur notre droite (repère 4) :

Ce chemin, légèrement ombragé, ne devrait pas tarder à sentir très bon, les premières fleurs y pointant leurs pétales :

Nous quittons le sentier de sable pour obliquer vers la gauche. Une passerelle, manifestement neuve vues la couleur et l’odeur du pin, enjambe le Courant de Lège (repère 5) :

Nous arrivons alors dans une zone herbeuse et humide, dont il faut se méfier à marée montante ; c’était le cas, nous avons donc fait assez vite demi-tour, après avoir tout de même jeté un œil sur ces prés salés (repère 6) qui tapissent le fond du bassin jusqu’au lieu-dit Jane de Boy à l’entrée de la presqu’île du Cap Ferret :

Le retour s’est fait par le même chemin. En tout, environ une heure trente à deux heures de balade. A poursuivre à marée descendante, pour justement gambader dans ces prés salés.

Souriez, vous êtes scannés !

Juste une petite image vite fait, avant que je remette le nez et le stylo dans les copies du jour : en flânant récemment sur le web, je suis tombée sur un dessin sans auteur identifié, a priori daté de la fin du XIXe siècle, mais je n’en sais pas plus. Cette image montre que l’idée du scanner corporel, désormais présent dans certains aéroports, ne date pas d’hier.

Des poissons pour le 1er avril

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