Retour d’Oléron

Une semaine après la tempête Xynthia : virée de 24 heures sur l’île d’Oléron. L’arrivée sur l’île ne laisse plus rien deviner des événements du week-end dernier. Le ciel d’un bleu limpide et la douceur de l’air tendent même à nous surprendre agréablement. La route des Huîtres, qui longe la côté orientale de l’île en gros du Château jusqu’à Dolus, ne semble pas avoir souffert le moins du monde, sa digue est intacte, or je sais que dimanche dernier une bonne partie de cette route n’était plus praticable. De loin, tout semble donc normal, habituel, paysage connu avec ses hérons, ses aigrettes et ses mouettes. Mais le village de Boyardville est totalement fermé, gardé par des gendarmes, et les pompiers s’affairent encore. Mais dans les champs et certains jardins, l’eau affleure encore et, de-ci de-là, on repère des tuyaux qui évacuent l’eau sortie des maisons par des pompes.
Petite balade jusqu’à la mer, du côté de la forêt des Saumonards, à quelques kilomètres au nord de Boyardville. La forêt sent franchement le sel, des arbres sont décorés façon Noël par des débris divers, des « laisses de mer », des branchages, des objets insolites assez fréquemment présents sur nos plages en hiver, se retrouvent là en pleine forêt : à vue de nez, je pense que l’océan a ici envahi la zone boisée sur une profondeur de 300 à 400 mètres, peut-être plus. Le sol est encore spongieux, là où le soleil accède facilement une croûte saumâtre s’est formée. Coup d’œil sur cette forêt, que nous avons longée par l’ouest :

Aujourd’hui, nous avons vaincu le vent cinglant et glacé (les températures se sont effondrées de plus de 10°C depuis hier), nous avons fureté sur l’île, un peu au hasard. Le plus poignant fut peut-être la zone ostréicole de Saint-Trojan : de loin, tout semble intact. Il y a bien une planche de guingois par-ci, une vitre en vrac par-là, mais ces cabanes ne sont pas des châteaux Renaissance entretenus par les Monuments Historiques, et il n’est pas rare qu’il en manque quelques tuiles. C’est en s’approchant que nous comprenons ce qui s’est passé : une partie de ces cabanes est sur pilotis. L’eau s’est engouffrée par en dessous, détruisant les planchers. Tout s’est effondré, on distingue en vrac un frigo, une cuisinière, des tables de travail, le tout détruit d’un coup de mer. Le vent, qui a été globalement bien moins destructeur qu’en décembre 1999, a là bouleversé l’ordonnancement traditionnel des toits de tôles. On distingue une voiture boueuse qui sèche, des objets du quotidiens posés dehors, le soleil fait son boulot, mais il y a tant de choses irrécupérables …

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