Du temps où Bordeaux était le 3e port de France …

… il fallait quelques infrastructures de base pour accueillir les navires, mais aussi les entretenir et les réparer. Je parle là de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, un temps lointain que plus rien ou presque ne permet d’imaginer aujourd’hui, tant le port reste vide, du moins en ce qui concerne le site même de Bordeaux. Même en prenant en compte la totalité des terminaux portuaires, qui s’étendent sur toute la longueur de l’estuaire jusqu’à l’embouchure, on voit bien que Bordeaux n’est plus qu’un tout petit port de second rang. Tenez, rien que pour aujourd’hui, il n’y a que cinq navires à quai, dont quatre sur le seul site de Bassens. On est loin des trafics des grands ports européens, mais ce n’est pas le sujet du jour. Une fois de plus, je m’égare …
Port de Bordeaux = grand port, c’est l’équation du XIXe siècle. Pour entretenir les navires en escale, deux formes de radoub furent creusées en même temps que le premier bassin à flot qui les accueille. Les travaux commencèrent en 1869 pour la première des deux formes, en 1892 pour la seconde, qui est aussi plus petite. Pour bien visualiser le tout, prenons de la hauteur :

Que sont devenues ces cales à bateaux ? Voici l’une d’elle, dans laquelle se reflète une vieille grue à l’état de rouille avancée :

Elles ont cessé de fonctionner en 1984. Les portes permettant de faire entrer le bateau dans la cale, ainsi que les systèmes de pompe permettant d’évacuer l’eau afin de transformer la piscine en cale sèche, sont encore en place, mais là aussi abimées, gagnées par les herbes, envahies par les débris divers et pas toujours naturels (vus les objets présents sur les lieux  — matelas éventré, vieille chaise déglinguée, bouteilles d’alcool vides — et les tags divers, il est clair que l’humain fréquente ponctuellement ces lieux bien que ce soit interdit de s’approcher de cette zone du port) :

Le local dans lequel se trouvait la machinerie permettant de faire fonctionner les portes est encore debout, mais les vitres sont cassées, la toiture n’est plus étanche, des graffitis plus ou moins réussis recouvrent la mosaïque de briques caractéristique des bâtiments industriels de ce quartier de Bordeaux :

L’ensemble a été classé par les monuments historiques en 2008, mais rien ne semble bouger pour réellement préserver le lieux et surtout pour permettre au grand public de le visiter. C’est dommage, mais il faut un temps pour tout, et certains projets en cours (un musée du vin sur le site de la fourrière toute proche) permettront peut-être la mise en valeur de ce patrimoine maritime.

—> Illustration (en haut à gauche) : André LHOTE, Entrée du bassin à flot à Bordeaux, 1912

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