Quelques heures avant le grand vent

C’était hier après-midi, avant que le Bassin d’Arcachon ne déborde dans les rues d’Andernos et avant que la mer déchaînée casse une digue et envahisse le village de Boyardville, sur l’île d’Oléron. C’était avant le grand vent qui a fait la une du JT de M6, l’effet de proximité le faisant passer avant le séisme au Chili.
Nous avons bénéficié d’une belle interruption de la pluie, et n’avons passé que peu de temps sur la plage océane principale du Cap Ferret, celle où arrive le petit train en été, puis nous avons gambadé assez longuement sur le sentier du littoral, protégés du vent par la dune.
Petit coup d’œil sur la plage tout de même :

La mer à des nuances vertes, grises et bleues, les vagues sont amples, régulières, et cassent dans un barouf infernal. Un seul surfeur s’est lancé, l’eau doit être très froide. Quelques promeneurs, emmitouflés jusqu’aux oreilles, avancent contre le vent pourtant ridicule par rapport à ce qui a soufflé la nuit suivante.
Les blockhaus dégringolent vers le bas de la plage, ce qu’il en reste est heureusement tagué, ça met de la lumière sur le béton sale et les barres de fer rouillées. Chacune de ces constructions de guerre se délite, et ça va de plus en plus vite. Les graffeurs n’ont plus de temps à perdre.

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108 à 16 h 44

La messe est dite : c’était bien une alerte rouge. Le vent a dégommé son quota d’arbres, viré son stock habituel de tuiles, et privé de courant entre 800 000 et un million de foyers. Cette tempête porte le nom de Xynthia. La lettre X est attaquée alors que l’hiver a encore trois semaines à vivre. Il y a un an  et un mois,  nous n’en étions qu’à la lettre K. Le réchauffement climatique amplifie les extrêmes climatiques : les tempêtes normales en hiver en milieu océanique sont de plus en plus fréquentes et surtout de plus en destructrices. Il est heureux qu’il n’y ait pas eu un pétrolier ou un chimiquier en détresse au large …
Mon keum et moi-même avons fort mal dormi, tant le vent provoquait de bruit. Ce matin, il n’y avait que quatre ou cinq étals au marché du quai des Chartrons, l’autorisation tardive de déballer se cumulant avec les congés scolaires. Le pont d’Aquitaine a rouvert mais les stations de ski des Pyrénées restent fermées pour la journée. Cela est bien sûr ridicule face aux 18 morts qu’a faits cette tempête (bilan provisoire), plus par l’eau d’ailleurs que par le vent : comme prévu, le fort coefficient de marée a participé aux inondations. J’apprends par la presse en ligne que certains quartiers de Bordeaux ont été inondés et qu’une route s’est effondrée en Loire-Atlantique. Un ami nous a appris que certaines rues basses de la commune du Château d’Oléron étaient sous 50 cm d’eau. Cette après-midi, la mer sera haute à 16 h 44, avec un coefficient de 108, et le vent, bien que plus faible, continue de souffler. L’histoire de Xinthia n’est pas terminée.

—> Sources : Ouest-France et Sud-Ouest

Courant d’air annoncé

C’est l’hiver qui veut ça, mais l’alerte rouge, c’est quand même assez exceptionnel. La dernière fois, c’était il y a un peu plus d’un an, Klaus avait transformé la forêt des Landes en brindilles, entre autres dégâts. Cette fois, l’alerte rouge pour vents violents concerne quatre départements seulement mais dure jusqu’à lundi matin 7 heures. 64 autres départements sont en alerte orange, dont la Gironde : ce n’est donc pas un hasard si le Pont d’Aquitaine est interdit à la circulation cette nuit, et jusqu’à demain 10 heures. Ce sont les départements charentais, les Deux-Sèvres et la Vendée qui devraientt le plus déguster : on y prévoit des vents qui pourraient atteindre 150 km/h sur le continent, forcément plus sur les îles.
Ce qui m’inquiète plus que cette tempête, que Météo-France considère comme moins préoccupante que Martin en décembre 1999, c’est la conjonction avec de forts coefficients de marée (94 aujourd’hui, 115 attendu lundi) et d’importantes précipitations. Les cours d’eau sont déjà bien pleins, les vagues générées par le vent ainsi que la surcote de marée habituellement constatée dans ces circonstances pourraient, à certains endroits, occasionner des inondations. Météo-France a ainsi placé en vigilance orange la zone de confluence entre la Dordogne et la Garonne, mais des surcotes de la Garonne sont attendues en amont (jusqu’à Cadillac). De même, on peut s’attendre à une forte hausse du niveau de la Seudre (sud de la Charente-Maritime), de la Loire entre Les Ponts-de-Cé (au sud d’Angers) et l’estuaire, et de l’Oust (rivière de l’est du Morbihan, qui se jette dans la Vilaine à Redon, haut-lieu des inondations bretonnes). A suivre, mais le site de Météo-France est saturé …

—> Source de la carte de vigilance « vents violents » : Météo-France, 27 février 2010, 16 h 00.

What’s new ? [vendredi 26 février 2010, 21 h 00]

  • Faut-il interdire la chasse le dimanche ? personnellement, je réponds oui. Et puis aussi le samedi. Et puis le mercredi à cause des gosses. Mais les chasseurs ne sont pas forcément du même avis (La Dépêche).
  • Bidasse, c’est la classe. Le métier attire les jeunes des banlieues dites « difficiles » : l’armée kiffe les quartiers (Les Inrocks).
  • Une question qui mérite d’être posée à deux semaines des régionales : comment être élu quand on est inéligible ? certains politiques réussissent cet exploit, tel ce conseiller général de Moselle inéligible depuis 2007 (Slate).

—> Illustration : Fernando BOTERO, Le chasseur, 1980

Un apéro bien arrosé

On ne peut pas dire que nous n’étions pas au courant : hier, Météo France, relayé par Sud-Ouest, avait émis un avis de tempête pour la Charente-Maritime et, dans une moindre mesure, la Gironde. On s’attendait à des rafales, des bourrasques et de la pluie, mais pas avant le début de Star Wars sur M6, ça nous laissait le temps de prendre un apéro sympa Chez Pompon, en terrasse.
Nous sirotions ainsi un verre de blanc et grignotions chorizo et saucisson, papotant tranquillement, doucement bercés par une légère brise tiède, le manteau était superflu, qui a dit que février est en hiver ?
D’un coup, le store qui protège la terrasse a menacé de s’envoler, le vent nous a poussés telle la main d’un géant, et nous nous sommes accrochés à la table, sans pour autant lâcher nos verres et l’assiette de grignotes, il y a des choses importantes dans la vie. Les plantes en pots se sont retrouvées à l’horizontale, des morceaux de plastique et de métal ont traversé le trottoir, de grosses gouttes brutales se sont abattues sur les habitués du lieu, qui se réfugièrent rapidement dans la salle surchauffée et bruyante.
15 secondes de vidéo muette, qui ne rendent que très partiellement compte de la réalité :

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Ce coup de vent a été l’affaire de quelques minutes. La vraie tempête s’est levée au milieu du film et a soufflé pendant une bonne partie de la nuit, déshabillant le bois du jardin de sa bâche protectrice et nettoyant le ciel, désormais tout bleu.

Coup d’œil sur les années 30 [2]

Avant-hier, j’ai présenté ici-même un des bâtiments conçus par l’architecte toulousain Jean Montariol, à savoir la Bourse du Travail (cliquez ici). Aujourd’hui, retour vers la même ville, la même époque, le même quartier et le même architecte : il s’agit cette fois de la Bibliothèque de la rue de Périgord, un bâtiment superbe consacré désormais à la conservation et à la consultation d’œuvres patrimoniales. On y trouve ainsi des manuscrits de Racine, des estampes représentant les Pyrénées, ainsi qu’une documentation très riche sur la franc-maçonnerie.

Cette bibliothèque a été mise en chantier en 1935. Ce fut pendant longtemps la seule grande bibliothèque publique de la ville, et une des premières en France à mettre à disposition un fonds destiné aux enfants, et ce dès 1940. Le style art déco prévaut aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur (photo de la salle d’étude). Le bâtiment est orné d’un immense bas-relief, dont certains panneaux font nettement référence à l’Antiquité :

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What’s new ? [jeudi 25 février 2010, 9 h 05]

  • Une idée de voyage : redécouvrez New York (Libé).
  • L’article est paru il y a une semaine dans le Daily Telegraph et son auteur voit dans chaque Français mâle et parisien un coureur de jupons ne regardant chez la femme que la partie communément appelé « fessier »: tous des pervers et des cochons (Courrier International).
  • Si un film cartonne au box-office, ce n’est pas grâce à son scénario, sa mise en scène ou le talent de ses acteurs, mais parce-qu’il obéit à des règles mathématiques précises : une formule pour les films à succès (Sciences&Avenir).

—> Illustration : affiches de films classés parmi les 50 films qui ont rapporté le plus d’argent depuis 1937  (classement wikipedia, établi en tenant compte de l’inflation, et qui donc place Autant en emporte le vent au 1er rang, et non Avatar, tout de même classé 3e alors qu’il est encore en salle actuellement).