What’s new ? [jeudi 28 janvier 2010, 13 h 10]

Un kilomètre de cubes

C’est un peu comme un jeu d’éveil pour un très jeune bambin : des cubes de taille croissante, donc qui, potentiellement, s’empilent ou s’emboîtent. Un camaïeu de vert, allant du très pâle là où les cubes sont les plus petits (80 cm d’arête), à une nuance soutenue là où ils sont les plus grands (1,2 m d’arête). Ces cubes ont été installés par des artistes dimanche dernier, de part et d’autre de la passerelle des quais, les plus foncés étant à ses pieds. Ils sont sensés rappeler à nos mémoires la tempête qui a secoué la forêt des Landes le 24 janvier 2009, et au passage, délivrent un message quant à la nécessité de la forêt dans le captage du carbone. C’est monotone, lancinant comme la litanie du type qui compte des moutons pour s’endormir, joyeux aussi parce-que cette couleur l’est, et en plus on peut jouer avec (slalom à vélo ou en roller, …). Le tout doit être démonté dimanche prochain.

Collection # 32

Trompe-l’œil




What’s new ? [lundi 25 janvier 2010, 17 h 30]

  • Des chercheurs ont enfin réussi à comprendre par quel mécanisme le vin rouge est vraiment bon pour la santé (La Dépêche).
  • Les Martiniquais ont dit « oui » à la fusion département-région mais « non » à une autonomie élargie. L’analyse de cette réponse n’est pas si simple que cela : outre-mer amer en Martinique (Télérama).
  • Autrefois, quand le petit dernier voulait un animal de compagnie, on lui fourguait un poisson rouge ou, s’il avait vraiment été très sage, un cochon d’Inde. Les temps changent … Les furets au 3e rang des animaux de compagnie en France (Le Post). Si ça sent le putois dans la chambre du gamin, il ne faut plus accuser les chaussettes sales ou les baskets parfumées à la sueur, mais ce gentil petit animal. Victoire totale pour la marmaille !

—> Illustration : Jean-Emile LABOUREUR, Le bar en Pennsylvanie, début XXe siècle.

Les bébés, ça se fait dans le noir

Question de pudeur, pour que la maman ne voit pas la zigounette du papa ? que nenni, on n’en est quand même plus là, pas en 2010 !
L’affaire se passe en Corée, où la natalité dégringole vitesse grand V, en lien avec un des indices de fécondité parmi les plus bas au monde (moins de 1,1 enfant par femme). Il se trouve que, dans ce beau pays, les fonctionnaires auraient cependant tendance à procréer nettement plus que la moyenne. Peut-être parce-qu’ils ont moins de soucis que les autres salariés pour payer les études de leurs mômes ou pour les faire garder ? je l’ignore. Toujours est-il que le ministère de la Santé (où l’indice de fécondité plafonne néanmoins en-deçà du chiffre habituellement constaté chez les fonctionnaires sud-coréens) a pris une initiative visant à aider les papas et les mamans potentiels à avoir des petits : le 3e vendredi du mois, les lumières des bureaux du ministère s’éteignent toutes seules à 19 heures, afin de contraindre les travailleurs adeptes des heures sup’ à regagner leur home sweet home.
Nul ne sait si cette mesure aura une incidence sur la natalité à Séoul, mais, comme il est écrit à la fin de l’article de Rue 89 où j’ai puisé l’info, « ce geste aidera au moins la Corée à réduire son empreinte carbone ».

—> Illustration : Jeux d’enfants de Pieter BRUEGEL (XVIe siècle)

Le diable de la paix

Il y a à Cahors toute une série de minuscules jardins, parfois de simples bacs dans lesquels poussent des plantes selon un thème donné, plus souvent quelques parterres le long d’une allée. Le Jardin de la Paix descend en pente très douce le long des berges du Lot, juste à côté du touristissime pont Valentré.
Dans ce jardin poussent des rosiers, qui, l’été, grimpent le long de grands tuteurs métalliques. Sur l’un d’eux est accroché un diable rigolard, dont la queue semble batifoler dans la petite brise matinale. Je ne sais ni qui en a tordu le fer, ni ce qu’il symbolise dans ce contexte précis. Il est juste là, apportant un clin d’œil de fantaisie dans ce jardin en hiver.

—> A cliquer :

• le même diable vu sous un autre angle, que j’ai déposé il y a quelques heures à l’annexe.
• la page de l’office du tourisme de Cahors consacrée aux jardins.

What’s new ? [jeudi 21 janvier 2010, 14 h 45]

  • Mardi dernier, 2000 fêtards veinards ont pu se trémousser au musée : quand le Centre Pompidou se transforme en night-club (Le Parisien).
  • Les ignares comme moi peuvent réviser leurs classiques : la pomme de Newton n’est pas qu’un gag de Gotlib (piqûre de rappel), mais une authentique histoire vraie de vraie archi-vraie. Faut-il gober la pomme de Newton ? (Sciences&Avenir).
  • Le Lot-et-Garonne ferait-il sécession ? que nenni ! L’introduction d’une nouvelle monnaie locale, baptisée l’abeille, non concurrente à l’euro mais un peu quand même, a seulement pour but de « contrer les dérives de la mondialisation » : une autre monnaie à Villeneuve-sur-Lot (Sud-Ouest).

Collection # 31

Gargouilles de la cathédrale de Bordeaux




What’s new ? [Mardi 19 janvier 2010, 19 h 20]

Une petite entrée légère avec des crevettes dedans

Un essai pas si mal transformé que ça ! J’avais quatre pamplemousses roses, quarante crevettes de belle taille (malheureusement élevées en Equateur, quel gaspillage d’énergie pour venir jusqu’à moi !), et l’envie de mélanger tout ça sans trop bien savoir de quelle manière. Les recettes glanées sur le web me laissaient sur ma faim, proposant invariablement d’assaisonner le tout à la mayo. Pour le côté léger, tu repasseras. Au final, j’ai laissé jouer les hasards du frigo et du placard, et j’ai fait comme ça :

  1. J’ai d’abord dépioté les pamplemousses, en enlevant bien les petites peaux amères entre les quartiers et en prenant soin de garder le jus (ne serait-ce que pour en boire un grand verre en fin de partie, mais j’en ai gardé un peu pour l’assaisonnement).
  2. J’ai demandé à mon keum d’ôter les carapaces des crevettes. On en a conservé 24 et on a débité en morceaux les 16 autres bébêtes.
  3. J’ai découpé, le plus finement que mon couteau et mes gros doigts boudinés le permettent, deux petites branches de céleri et un demi bulbe de fenouil, dont j’avais préalablement enlevé la grosse coque dure.
  4. J’ai râpé grossièrement (à la râpe manuelle, pas au robot) un radis noir préalablement épluché. J’en ai gardé à peu près le quart, et j’ai mélangé le reste à tous les éléments précédents, sauf les crevettes entières.
  5. Vint l’étape de l’assaisonnement, dont les proportions furent, comme d’hab’, pifométriques (mais mon keum et moi avons goûté à chaque étape) : jus de pamplemousse, vinaigre de xérès, huile d’olive, sauce soja, piment d’Espelette, paprika, curry.
  6. On passe au montage, dans des verres à tapas convertis en verrines pour l’occasion : deux crevettes entières au fond du verre, deux ou trois cuillères du mélange bien assaisonné, une crevette sur le dessus pour la déco, ainsi que des copeaux de radis noir.

C’était bon, un peu exotique, et à améliorer peut-être en ajoutant de la pomme râpé (une espèce un peu acide) ou du chou chinois.

Rendez-vous manqué avec les Martiens

L’histoire devait être trop jolie pour être vraie. Ça m’avait plu, pourtant, cet ovni vu « par des témoins dignes de foi » (dixit Sud-Ouest et La Dépêche, citant un rapport de gendarmerie) du côté de La Cotinière, sur la côte ouest de l’île d’Oléron. Même un marin pêcheur avait témoigné, et pourtant ils en voient d’autres, les pros de la mer sur leur bateau.
Retour sur événement : ça se passe le 1er janvier (et non le 1er avril) à l’heure de la grand-messe du journal télévisé ; des gens sains de corps, d’esprit, et à l’alcoolémie raisonnable voire nulle (de toute façon, le pineau, ça saoule pas, c’est que du naturel qui vient du raisin et dont on arrête la fermentation au cognac, rien de violent), des gens sains, disais-je, ont vu de leurs yeux vu quelque chose de bizarre, une sorte de grande aile lumineuse rouge et jaune, qui aurait fui très vite dans la nuit.  Et si c’était un ovni, pense très raisonnablement la maréchaussée locale ? l’affaire est prise très au sérieux, remonte jusque dans quelques hautes sphères administratives voire scientifiques. L’île risque d’acquérir une certaine célébrité, ce qui m’arrange peu : il y a assez de monde comme ça dessus en été, pas la peine d’ajouter des curieux guettant l’arrivée imminente de Martiens en boulottant avidement une de ces magnifiques glaces des Tamarins, le meilleur glacier de La Cotinière et peut-être même de l’île entière.
Patatras, le rêve façon Rencontre du troisième type s’effondre, c’est pas la peine de convoquer Spielberg pour un remake. Un brave Batave, demeurant sur l’île, a simplement en ce jour de l’an effectué un lacher de petite montgolfière équipée d’un lumignon, selon une coutume hollandaise. Il a raconté toute l’histoire aux gendarmes, Sud-Ouest et La Dépêche ont relayé l’affaire. L’incident est clos. Fin de la jolie histoire. Vous reprendrez bien un petit pineau ? c’est l’heure de l’apéro.

What’s new ? [vendredi 15 janvier 2010, 14 h 05]

  • L’Américain moyen est un Américain obèse. Pas toujours, certes, mais c’est l’image qu’on nous en donne, bourrelets dégringolants sur les fessiers adipeux et les cuisses porcines, un bonheur. L’Américain moyen cherche donc le régime miracle qui fera fondre la graisse impie, et accessoirement soulagera son cœur d’un cholestérol morbide. Soulagera peut-être le cœur, mais pas le porte-monnaie, car c’est bien connu, avant de faire maigrir le bonhomme, le régime amincit son compte en banque. C’est ainsi que l’Américain voit dans toute nouvelle lubie alimentaire la solution miracle vers laquelle il s’engouffre. Tout ça pour dire qu’une nouvelle mode vient de voir le jour : suivre un régime préhistorique pour vivre mieux (Rue89), c’est-à-dire manger comme à une époque sans agriculture (sauf vers la fin, au néolithique, mais ce n’est pas le modèle retenu par les nouveaux adeptes de ce régime bizarre).
  • Du cul ! du cul ! du cul ! C’est à Nantes que ça s’est passé hier soir, plus précisément au Lieu Unique, où un collectif a exposé des photos de poils pubiens : une expo bien poilante (20 minutes). Passionnant, non ?
  • Hier aurait du s’ouvrir à Port-au-Prince la 2e édition du festival Etonnants voyageurs en Haïti. Télérama a eu des nouvelles de quelques écrivains haïtiens, rescapés du séisme dont le dernier bilan provisoire, selon la Croix Rouge, serait d’environ 40 000 morts (quand Kouchner disait hier qu’un premier bilan de ce type était toujours plus élevé que la réalité, il ne se trompait pas, mais cet événement reste quand même dramatique).

—> Illustration : Gustave COURBET, L’origine du monde, 1866.

Mannyfique

Au cœur du nouveau quartier de l’Ile de Nantes, plus précisément dans le « quartier de la création » (visite virtuelle) bâti de verre et de fer sur les friches industrielles d’une île sur la Loire, a été récemment achevé l’immeuble Manny, conçu par l’architecte Michel BERTREUX, en partie pour le compte de l’entreprise de design GROUPE COUPECHOUX (qui a fait notamment preuve de son talent dans les bâtiments de l’Hôtel de Région des Pays de la Loire).

Cet immeuble attire plus le regard par son emballage que par sa forme, celle-ci étant banale, un immeuble comme les autres, gentiment parallélépipèdique. L’emballage, si tant est que l’on puisse utiliser de ce terme, est constitué de milliers de lames d’aluminium identiques, façon Meccano de notre enfance, mais toutes disposées de manière différentes. De loin, on dirait une chevelure. Ça, c’est pour la déco.

Autre caractéristique intéressante : le côté écolo du bâtiment. Double vitrage vraiment isolant, pompe à chaleur et plancher basse température devraient permettre au Manny d’être peu gourmand en énergie.

—> A cliquer : l’article que Télérama vient de consacrer à cet immeuble, dans lequel j’apprends que le nom « Manny » lui a été donné en référence au mammouth du film L’âge de glace.

Photos cueillies sous le beau soleil du 1er janvier 2010

L’île maudite

Ce matin sur Inter, Bernard Kouchner a prononcé le mot « malédiction » pour évoquer le bilan tristement attendu du séisme à Haïti. Malédiction parce-que dès qu’un espoir renaît (c’était actuellement le cas, timidement cependant, grâce aux travaux de la commission de l’ONU en place sur l’île), une catastrophe arrive qui balaye tout : cyclone (qui peut faire 1000 morts à Haïti et un seul à Cuba), inondation, … L’administration et bon nombre de cadres de l’Etat ont disparu dans la catastrophe, ensevelis sous leurs bâtiments faits avec peut-être plus de sable que de ciment. La ville de Port-au-Prince, équipée pour accueillir environ 200 000 habitants, avait une population de plus de 2 millions d’individus, entassés pour la plupart dans des logements insalubres, peu résistants, surtout des cahutes de bidonvilles. Bilan effrayant, digne d’un sordide record du monde, lié à l’incapacité de l’Etat à faire son boulot, et ce depuis trop longtemps (la dictature, c’est pas bon pour la santé des hommes), et à une situation financière dramatique (la moitié du budget de l’Etat vient de l’aide internationale) : on parle de 100 000 morts (bilan probablement exagéré : Bernard Kouchner a préféré ce matin parlé de 100 000 disparus, des gens ayant pu fuir, qui seront retrouvés plus tard), seul le tremblement de terre de Sumatra, en décembre 2004, suivi d’un tsunami qui est resté dans les mémoires, a affiché un bilan plus effrayant encore pour ces dix dernières années (232 000 morts), mais la zone concernée par la catastrophe était autrement plus vaste.

Collection # 30

CAHORS – Le pont Valentré




Ciel gris

Mano Solo est mort. Eric Rohmer est mort. Et en plus il fait froid et il pleut.

La plage secrète (mais pas tant que ça)

On raconte qu’il y a longtemps un bateau baptisé « L’Alexandre » se serait échoué sur ce bout de plage, dans le sud du Médoc. Du coup, la plage et la forêt qui va avec ont pris le nom du raffiot, la messe est dite ; permettez-moi de vous présenter la plage la plus septentrionale des 15 km de plage océane de Lacanau : la plage de l’Alexandre. C’est à peu près là :

Jusqu’au 7 août 2009, c’était un petit coin tranquille où seuls les initiés se retrouvaient. Une plage presque vide même en pleine folie estivale, un lieu improbable alors qu’à moins de deux kilomètres on se bat parfois pour poser la serviette. Jusqu’au 7 août 2009 seulement. Le 8, tout a changé, lorsque Sud-Ouest a publié un joli article décrivant et localisant le petit coin de paradis. Depuis ce jour, les habitués de décolèrent pas. Cette plage fut notre objectif de balade d’hier, malgré une température extérieure refusant obstinément de devenir positive. On a un peu tâtonné au départ, et puis nous sommes arrivés jusqu’à la maison forestière de L’Alexandre, du moins ce qu’il en reste, du béton mal tagué :

On a poursuivi dans le sable et le sous-bois, guidés par le bruit des vagues. Et, du haut d’une dune abrupte mais pas infranchissable a priori, on l’a vu, notre océan, avec le soleil au loin qui traçait des rayures orangées :

La plage était quasi-déserte, à quelques mouettes près, guettant le poisson piégé dans la baïne en formation. Au loin, deux ou trois promeneurs seulement, c’est vrai qu’il faisait froid.

Les carottes, ça rend aimable et ça donne les cuisses roses

Ça caille en ce moment, non ? la presse régionale ne titre plus que sur la neige, le verglas et le froid qu’on n’a pas vu comme ça depuis 25 ans (pas faux : il y a 25 ans, la Loire à Nantes a charrié d’énormes glaçons, je n’ai revu cela qu’une seule fois ensuite et c’était joli). Du coup, le réflexe « soupe qui réchauffe » s’impose, de même que les plats mijotés bien hivernaux (ce soir, on fait petit salé aux lentilles, ça vous dit ?). De ce fait, hier soir je me suis jeté dans le panier de carottes et j’ai osé la crème de carottes aux poudres de perlimpimpin :

  1. J’ai d’abord mis à fondre un morceau de beurre d’environ 5 mm d’épaisseur dans la cocotte-minute, à découvert évidemment, et tout doux pour avoir le temps d’éplucher les légumes sans que le beurre brûle sottement.
  2. J’ai mis dans cette gamelle 1 gros oignon coupé en quatre, 8 belles carottes épluchées et coupées en morceaux, deux patates ayant subi le même sort, 5 ou 6 champignons de Paris coupés en deux, et une gousse d’ail dégermée.
  3. J’ai salé avec un peu de vrai gros sel, celui qui vient de l’Atlantique.
  4. C’est à ce moment que les poudres de perlimpimpin entrent en piste : j’ai ouvert le tiroir magique et j’ai pioché presque au hasard. J’ai donc mis du piment d’Espelette, de la cannelle (attention ! faut pas trop se lâcher sur la cannelle, elle a tendance à masquer le goût de ses copines), du cumin et du gingembre.
  5. J’ai couvert d’eau (ça faisait à peine plus d’un demi-litre) et j’ai cuit le tout une vingtaine de minutes dès que le biniou à vapeur s’est mis à faire son petit bruit.
  6. Une fois la cuisson achevée et la vapeur échappée, j’ai ajouté un peu plus d’une grosse cuillère de crème fraiche (disons deux cuillères et n’en parlons plus) et j’ai mixé le tout. Résultat  : quelque chose de joli à regarder (couleur orange pâle, très douce), d’onctueux, et de très sympa au goût, et surtout ça réchauffe.

—> Illustration : un tableau d’ARCIMBOLDO (XVIe siècle)

What’s new ? [samedi 9 janvier 2010, 18 h 45]

  • Vous vous souvenez de la chanson de Pierre Perret « Ah les jolies colonies de vacances, merci maman merci papa, tous les ans je voudrais que ça recommence … » ? Un côté « bon vieux temps » à faire des blagues à deux balles du temps où les balles étaient en francs, ça valait pas lourd. Et aujourd’hui, nos colos, que sont-elles devenues ? En France, je l’ignore, mais pour la Corée du Sud, j’ai ma petite idée : camps de vacances en Corée du Sud (diaporama publié par 20 Minutes, ça fait rêver sur une patte !).
  • C’était il y a pile 100 ans, à quelques jours près. Paris se transformait en Venise, et ça pourrait fort bien se reproduire : Paris sous la crue de 1910 en photos (article et liens dans le Nouvel Obs).
  • Parce-que voir un film au ciné, en vrai, c’est quand même mieux qu’à la télé, Slate nous offre un diaporama intitulé Cinémagie.

La plage qui sent mauvais

Au premier abord, purement visuel, c’est une plage banale, comme il y en a sur des dizaines de kilomètres entre la Pointe de Grave et l’embouchure de l’Adour. Un de ces plages de sable si fin qu’il vole au moindre courant d’air, une de ces plages dangereuses pour la baignade (formation de baïnes, courants pervers, vagues tonitruantes) mais aimées des surfeurs. En bref, une plage d’ici.

Au premier abord seulement. Dans un second temps, côté nord en hiver et côté sud en été (une simple histoire de courants), le nez est titillé par une odeur assez affirmée et franchement désagréable, qui se situe quelque part entre l’eau croupie et le caca, parce-qu’il faut bien appeler un chat un chat : la plage de la Salie, dans le sud de la commune de la Teste-de-Buch, pue la merde. Et c’est à cause de ça :

Ce tuyau bleu de 400 mètres avec passerelle sur laquelle on peut marcher (même si officiellement c’est interdit) est le wharf (repère 1 sur la carte à la fin de cette note). Une horreur, une aberration du temps d’avant mais dont les autorités locales n’ont semble-t-il pas la moindre intention de se séparer. Le rôle de ce tuyau est aussi simple que scandaleux : rejeter en mer la totalité des eaux usées des communes du Bassin d’Arcachon, collectées par une longue canalisation qui en fait le tour complet. Certes, lesdites eaux passent en station d’épuration, mais ce qui en ressort a parfois une drôle de couleur (cliquez ici), dégage une odeur désagréable et clairement identifiée, et incite tout de même les pouvoirs publics à interdire pêche à pied et baignade à proximité du tuyau.

Tout cela tout près du sublime Banc d’Arguin (repère 2 sur la carte) où sont élevées des huîtres parmi les meilleures du monde, et quasiment face à la point du Cap Ferret (repère 3 sur la carte) d’où on distingue nettement le wharf par temps clair. Les habitants du coin, écolos ou pas, s’émeuvent bien un peu de ce tube qui rejette sa crotte dans l’onde pure et salée, d’autant plus qu’il y a là-dedans des effluents industriels (à l’origine, le bidule a été imaginé pour rejeter les déchets de l’usine de papier de Facture) et agricoles, le tout s’ajoutant aux pipis et aux cacas des touristes à la saison estivale. Certains riverains ne semblent par contre pas le moins du monde gênés par ce WC à ciel ouvert, n’hésitant pas à s’installer pour taquiner le poisson. Il est vrai qu’une fois sur la passerelle, l’odeur est nettement moins prégnante.

—> A cliquer : une vidéo de 5 mn présentant le wharf (reportage diffusé par M6 en septembre 2008).

Le héros du port

C’est un valeureux combattant de l’US Army. Un costaud assez malin portant le numéro matricule ST 732 :

L’Attis est un remorqueur. Enfin, « était ». Vaut mieux en parler au passé, car, depuis le temps que je le connais (en gros, la première moitié des années 1990), il ne fait que s’abîmer chaque jour un peu plus. Il a perdu une bonne partie de ses couleurs, la rouille lui a rogné les flancs et le reste. L’Attis devient inexorablement épave, même si une affiche aux couleurs de la France raconte son histoire et son sauvetage annoncé, en clair sa mise au repos (qui ressemble à une mise au rebut, c’est ce que ça doit coûter  bonbon de refaire naviguer un rafiot pareil) dans le port de Redon (Ille-et-Vilaine) que les autochtones nomment simplement « le bassin » (ce port est en fait un petit bras de Vilaine canalisée, qui rejoint là le Canal de Nantes à Brest, c’est très joli, vous devriez y faire un tour).

Un héros, disais-je en titre de cette note : ce remorqueur, sorti des chantiers navals de Houston en 1944, a participé au débarquement de Normandie, en particulier à la construction du port artificiel d’Arromanches avec 67 autres remorqueurs dans son genre. C’est bizarrement en Belgique qu’il a été cédé à la France en 1950 ; un internaute a même retrouvé son acte de francisation (cliquez ici). Il prend alors le nom de « Furet » et part faire son boulot de remorqueur en Algérie, alors sous domination française. Il est revendu quelques années plus tard et prend le nom qui est le sien aujourd’hui (Attis). Gagné par la limite d’âge, il est mis à la retraite en 1992 et promis à la destruction, mais un amoureux de la mer a décidé de le sauver et l’a planqué dans ce port de Bretagne sud.

Balade réalisée le 2 janvier 2010.

What’s new ? [jeudi 7 janvier 2010, 14 h 00]

—> Illustration : Andy WARHOL, Fiesta Pig, 1979

Une araignée dans le frigo

La gourmandise ne cesse point avec l’arrêt des festivités de fin d’année. Le dernier chocolat avalé (avant le suivant), on pense déjà à déguster de bien bonnes choses. C’est ainsi.
Ayant la chance (via un contrat amap bien choisi) d’être pourvue en poissons directement par un pêcheur du Bassin d’Arcachon, je goûte régulièrement au plaisir de voir passer la sole ou la dorade directement de son bateau à mon congélo, à mon frigo, ou même dans la poêle. Du pêcheur au dégustateur, sans intermédiaire ni bains de glace prolongés pour les bébêtes, je vous promets que le goût y gagne (et ma carte bleue aussi).
Première livraison de 2010 : des animaux préhistoriques plein de pattes, mais d’une grande finesse de chair, à savoir des araignées. Pour la préparation, nous avons suivi les conseils du pêcheur. C’est tout simple, à condition bien sûr d’avoir des araignées vivantes chopées ailleurs que sous un lit ou derrière une armoire :

  1. Il faut d’abord trouver une gamelle de bonne taille : grand faitout ou cocotte-minute sans couvercle par exemple.
  2. On plonge les bêtes dans l’eau froide (c’est important, sinon les pattes se détachent).
  3. On ajoute une bonne grosse poignée de gros sel de mer non raffiné (si possible de Guérande, de Ré ou d’Oléron pour faire bosser les copains), ainsi que des grains de poivre et, selon l’humeur, des herbes et des épices. Nous avons ainsi choisi feuilles de laurier, grains de coriandre, un cube de court-bouillon déjà prêt (notre côté un peu flemmasse le soir après le turbin), des herbes de Provence. On aurait aussi pu ajouter un oignon, un clou de girofle ou même de la badiane.
  4. On met le feu. Il ne faut pas se laisser intimider par l’agitation des pattes lorsque la température monte. Si ton âme est trop sensible à la souffrance des crustacés, tu te mets devant la télé pendant la cuisson, ou alors tu manges autre chose.
  5. Lorsque l’eau frémit, tu laisses cuire un petit quart d’heure, sans que l’eau se mette à bouillir.
  6. Au bout d’un quart d’heure, tu embauches la personne la plus musclée de la maison pour vider la gamelle d’eau. Soit les bestioles tombent dans l’évier, soit elles restent coincées, auquel cas tu t’armes de patience et tu les retires avec les moyens du bord (dans le cas qui nous préoccupe : à la main, protégée par un chiffon spécial pour prendre les plats dans le four, tu visualises ?).
  7. On laisse ensuite refroidir les futurs repas, puis on les place pour une bonne nuit au frigo. Faut bien que ça refroidisse sinon la chair est liquide (la soupe de crabe, c’est une autre recette).
  8. Tu dégustes dans un silence religieux (as-tu raisonnablement le temps de faire autrement ? c’est que c’est du boulot de tout décortiquer avec les couteaux fins, les curettes et le casse-noix), avec une bonne mayo faite maison.

Collection # 29

Vaches limousines




La dernière heure de 2009

Il fut un temps où la bonne ville de Nantes, oubliant qu’elle se situait en milieu océanique, n’hésitait pas à organiser des fêtes hivernales en plein air, genre concerts et feux d’artifices pour le nouvel an pile à minuit, qui, à défaut d’être l’heure du crime devenait l’heure du rhume. Mais c’était bien quand même, parce-qu’on pouvait boire la soupe de légumes bien chaude, se réchauffer les mimines autour de braséros judicieusement disposés, et puis de toute façon, la foule, ça crée de la chaleur animale.
Mais il y eut aussi des brouillards, des coups de vent empêchant les artificiers d’officier, et un budget municipal revu à la baisse pour ce type de distraction. Désormais, Nantes, un 31 décembre au soir, c’est mort comme l’audience cumulée de TF1 ces six derniers mois. Il y a bien les décos de Noël qui brillent encore un peu, quelques fêtards de-ci de-là, mais trouver ne serait-ce qu’un bistro ouvert peut relever du parcours du combattant, sauf à vouloir se faire piétiner l’escarpin en sirotant une bière dans un gobelet en plastique devant le pub du quartier du Bouffay.
C’est ainsi qu’à 22 heures 59 minutes et 57 secondes, papamaman, mon keum et moi trainions notre désarroi dans une ville bien froide, à la recherche d’un lieu sympa où boire le dernier verre de l’année. La balade nous mena sur la place Royale, où je pris un certain plaisir à admirer le mauve de la fontaine, fontaine qui, je le rappelle à tout hasard, représente la Loire et ses principaux affluents.

Sur cette même place, peu après et tandis que nous venions de constater que le nombre de troquets fermés dépassait le raisonnablement acceptable en terre de Bretagne, il y eut deux saltimbanques qui tentèrent de distraire et d’épater les rares badauds frigorifiés. L’un d’eux avalait du feu, ça puait l’essence et ça mettait franchement mal à l’aise de le voir ainsi se torturer le palais.

Demi-tour fut fait vers un bar à vins, ouvert, lui, à la carte impressionnante et au cafetier à l’ancienne, aimable avec tablier. Le dernier verre de 2009 fut bu, j’appris ainsi qu’on pouvait garder des muscadet plus de 10 ans, mais c’est quand même pas tip top (par contre celui que nous dégustâmes hier soir après le champagne chez des amis était parfait). L’heure H arriva, on se bisouilla, on se souhaita une heureuse année 2010, ce que je m’empresse de faire à nouveau vis-à-vis de vous amis blogonautes, le dernier message portant la bonne année ayant été un peu bâclé. Portez-vous bien.

Très bonne année à tous