Collection # 28

Gueules de cathédrale
Cahors (Lot), décembre 2009




La fontaine aux chiens

On l’appelle la fontaine aux chiens : non pas que ce soit le lieu de prédilection où les mémères emperlousées viennent faire laper le yorkshire à l’heure du thé (ce serait béta, l’eau n’est pas potable), mais cette petite fontaine, située sur la place St-James à Cahors, est ornée de braves toutous de pierre.

Du chien de chasse au clébard avec les cheveux dans les yeux, on a là un joli catalogue de chiens d’agrément. L’œuvre a été réalisée en 1992 par un tailleur de pierre de la région habituellement spécialisé dans la restauration de vieilles bâtisses. A côté de la fontaine se trouve un des éléments des minuscules mais multiples jardins de Cahors : un grand bac en osier réservé à la culture des épices.

La place des femmes

Il y a des pays dans le monde où les femmes ne conduisent pas de voiture : la loi l’interdit. Il y a des pays où les femmes ne doivent pas cotoyer d’hommes en public, sauf leur mari, leur fiston ou leur tonton, et encore pour le tonton, je ne suis pas sûre. Ces pays ont en commun d’être tenus d’une main de fer par des machos qui craignent pour leur position sociale et qui prennent pour prétexte l’islam pour instaurer leurs lois anti-meuf.
Plus fort : dans un pays où les femmes ont le droit de conduire une voiture, on leur a fait des parkings spéciaux. Rien que pour elles. Ce pays c’est la Chine, terre où l’islam n’a pas à proprement parler d’influence sur la société ou la vie politique, toute totalitaire soit-elle. S’il y a désormais des parkings réservées aux nanas, c’est uniquement parce-que le mâle dominant local craint pour les ailes et les pare-chocs de sa belle bagnole toute neuve, fruit de 15 années d’économies grattées méticuleusement sur son salaire (la Chine est le pays au monde où le taux d’épargne est le plus élevé, faut bien que ça serve à quelque chose). Et donc les parkings pour filles, à défaut d’être colorés façon poupée barbie, proposent des places plus larges que la normale (pour les braquages mal négociés) et une signalétique en plus gros caractère, pour les bigleuses.

—> Source : une dépêche AFP reprise par La Dépêche.

Deux postérieurs blancs en douze secondes

Je ne fus point assez vive lorsque Nièce-Aînée s’écria « Regardez, deux chevreuils, là ! ». Même pas la peine d’essayer de photographier les quadrupèdes détalant vers la forêt profonde. J’ai poussé la molette vers « vidéo », c’est flou, mal cadré, techniquement moche, mais quel plaisir ce fut de voir ces deux animaux-là, avec certes une pensée émue pour leur cousin dont nous avions dégusté la cuisse lors du repas du noël.

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Quelques kilomètres à pied dans la campagne corrézienne

Il y a dans le département de la Corrèze un assez gros bourg qui s’appelle Corrèze et qui est traversé par la rivière Corrèze. La toponymie, jusque là, est facile à retenir. Le village en question se situe à une dizaine de kilomètres au nord de l’autoroute A89, pas bien loin de Tulle (sortie n°21 – Aurillac).
Au nord (et au sud, à l’est et l’ouest aussi) de ce bourg, c’est la campagne. Nièce-Benjamine surnomme le lieu Meuhmeuh-land, ce qui est réducteur : il y au aussi des brebis, des chevaux, deux chevreuils qui galopaient plus vite que mon clic sur l’appareil-photo (mais filmés vite fait mal fait), et même un couple de piverts voletant à toute vibrure à la tombée de la nuit.
La balade faite hier a donc eu lieu au nord du village, un peu sur routes, pas mal sur chemins forestiers y compris avec option « passage dans les trous du grillage ». L’objectif à atteindre était l’étang de Meyrignac (repère 1 sur la carte), pour voir s’il avait gelé : au final, pas tant que ça, seule une petite partie de l’eau est prise, le bord reste trop fragile pour les pattes humaines mais le caillou ricoche sur la glace.

Avant d’atteindre ce petit étang qui sert de baignade l’été (il y a même un plongeoir en bois), nous avons traversé le minuscule village de Meyrignac-l’Eglise (repère 2 sur la carte). Meyrignac parce-que c’est l’autre pays des noms en -ac, L’Eglise parce-qu’elle occupe tout l’espace communal ou presque.

C’est aussi là que des brebis boulottaient leur picotin, ça change des jolies vaches presque rousses si banales dans cette région de bêtes à viande haut de gamme.

La partie forestière fut aussi très agréable (repère 3 sur la carte, très approximatif), même si la saison des cèpes s’est achevée avec les premières gelées. De bien jolis arbres, des troncs moussus, mais pas question de faire n’importe quoi, faut respecter la loi :

Dans un méandre du Lot

Cahors. Chef-lieu de département du Lot, région Midi-Pyrénées, dans une province qu’autrefois nous nommions Quercy. La petite ville de province typique, pas triste du tout, avec quelques jolies boutiques mais peu de restos pour le midi. Sa patinoire de Noël, ses cours bordés d’arbres et de voitures plus ou moins bien garées, sa gare où passent de moins en moins de trains, ses monuments historiques, dont le célèbre Pont Valentré et une cathédrale ornée de quelques sculptures ne manquant pas de piquant.  J’ai pensé à Albi, à Bergerac, même un peu à Moissac : la « patte » du sud-ouest. Affaire à suivre, plus tard, pour le moment je mets la dernière touche aux cadeaux de Noël, je sors le papier qui brille et le bolduc, et demain si tout va bien nous rejoignons une autre province. Quelques images de Cahors :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Collection # 27

Cabanes ostréicoles
Ile d’Oléron et Bassin d’Arcachon
Ces cabanes ne sont plus toutes utilisées pour l’ostréiculture : sur le petit port du Château d’Oléron notamment, elles abritent des ateliers d’artisans et des petits restos.




What’s new ? [mardi 22 décembre 2009, 18 h 30]

  • Des trognes, des bobines, des tronches : drôles de têtes (22 photos de l’agence Magnum sur Slate).
  • Les éléphants ne sont pas près d’être sauvés : en Indonésie, leur ivoire, finement travaillé, est la dot obligatoire pour tout jeune homme voulant épouser l’élue aristocratique de son cœur. C’est aussi une forme d’épargne, qui permet de financer les études des enfants : la défense, une valeur sûre (Courrier International).
  • Le père Noël dans tous ses états (diaporama sur le site de L’Express).

Cadavres exquis à Bordeaux III

MARGINALIA (photos de Pascal de Lavergne)
Bibliothèque Mériadeck, Bordeaux (jusqu’au 16 janvier 2010)

Le cadavre exquis, on y a tous joué à un moment ou à un autre. Il s’agit de composer un dessin ou un texte à plusieurs sans avoir connaissance ou sans tenir compte de ce que les autres participants ont réalisé. Au final, on a un texte délirant, parfois drôle, ou un dessin sans queue ni tête mais qui peut s’avérer plein de poésie.
C’est exactement à cela que j’ai pensé en visitant l’expo photos de Pascal de Lavergne (photographe et chargé de cours à Bordeaux III).  Des clichés shootés sur les vieilles tables des amphis de la fac de lettres, des classiques du genre dans la catégorie œuvre de l’étudiant qui s’emm… en cours, ou qui veut simplement déclarer sa flamme à Mathilde, dire son respect pour l’abbé Pierre ou affirmer bien haut sa devise : « Rillette forever ». Cette expo tient à la fois de la nostalgie (nos années étudiantes qui reviennent, parce-que les petits cœurs en pagaille et les devises à l’emporte-pièce sont toujours les mêmes  ; exemple : « le communisme aime tellement les pauvres qu’il souhaite qu’il y en ait plein »), du palimpseste et de l’art, oui, j’ai bien dit de l’art. Certains étudiants dessinent fort bien, la mise en couleurs tient la route. J’ai passé un temps assez long à tout lire, tout regarder : l’œuvre est à la fois attendue (les tables de fac se ressemblent toutes, surtout les vieilles en bois tendre que l’encre pénètre, malheureusement remplacées par des tables en stratifié trop lisse) et éclectique, dans ses sujets comme dans son traitement. De la poésie souvent (« Regarde au plafond, il y a des traces de pas »), des questions existentielles (« Pourquoi la sorcière Karaba elle est méchante ? »), une déclaration d’amour culinaire (« I like mayonnaise »), des convictions politiques (« Liberté au Tibet » à quelques mètres d’une caricature de Xavier Darcos), un poème de Victor Hugo, le dessin très complet d’une ville avec autoroutes et échangeurs, un peu de vocabulaire (le mot « phalanstère » sans faute d’orthographe), et même une page de pub (le logo Apple).

—> A cliquer : une petite image extraite de l’expo, dénichée sur le site de la Mairie de Bordeaux.

Le retour de Peter le Danois

Il y a des habitudes qui se créent, comme celle de n’aller voir des films qu’à l’Utopia ou de se rendre au Cap Ferret quand le vent forcit. Il y a des habitudes qui se perdent, comme celle d’aller dîner danois, certains soirs, parce-que nous savions qu’au Sild, presque sur la place Camille Julian, les poissons étaient frais, les préparations originales et savoureuses, l’accueil chaleureux sans être pesant. Un jour de l’automne 2008, Peter a fermé son resto et mon keum et moi fûmes bien penauds. Nous avons  gardé une certaine nostalgie pour ce souriant viking qui trouvait qu’il faisait déjà trop chaud en avril, ainsi que pour sa cuisine inventive, nous avons même pensé que monsieur Peter était retourné câliner la sirène en Danoisie.
Hier, je parcours mon Sud-Ouest de manière habituelle, et je vois apparaître au détour d’un clic la bonne bouille du maître. La succulence danoise revient à Bordeaux : ce n’est plus tout à fait un resto (quelques tables et chaises pour manger sur le pouce, mais quel pouce !), plutôt une boutique de plats à emporter, qui a ouvert ce matin même. Si les heures précises d’ouverture sont encore à l’étude, les rayons commencent à se garnir de ce qui autrefois faisait notre plaisir. Les harengs marinés à la tomate avaient ainsi ce midi comme un arrière-goût de madeleine de Proust. On y retourne très vite, d’autant plus que l’homme tient désormais boutique cours de la Martinique, dans ce quartier des Chartrons où nous avons nos habitudes, pile en face de la meilleure boulangerie du quartier et peut-être même de Bordeaux.

—> A cliquer : l’article que Sud-Ouest a consacré hier au Comptoir de Sild.

What’s new ? [vendredi 18 décembre 2009, 18 h 00]

Des projets énergiques

Que le sommet de Copenhague soit un fiasco, qui fasse plus parler de lui par les violences sur manifestants et les cacas nerveux de tel ou tel participant ou la manière fort peu soucieuse de développement durable avec laquelle ces derniers se comportent (grosses bagnoles, aliments importés de loin et loin d’être bio, etc), ne doit pas masquer les projets en cours de réalisation qui visent, soit à produire de l’énergie de façon durable (et même probablement rentable), soit à utiliser de manière intelligente une énergie qui était jusque-là perdue. Trois exemples en Aquitaine :

  1. Sur l’immense parking du parc des expositions de Bordeaux va être installée une centrale photovoltaïque, qui recouvrira ledit parking, soit une superficie équivalente à 27 terrains de football. La mise en service est prévue pour 2010. La production annuelle devrait permettre d’alimenter 5000 foyers en électricité (ou équivalent, puisque de toute façon cette électricité est renvoyée dans le réseau). Les coûts sont totalement pris en charge par EDF.
  2. Sur la commune de Biganos, au fond du Bassin d’Arcachon, se trouve une usine de pâte à papier qui sent très fort : l’usine Smurfit situé au lieu-dit « Facture ». A proximité de cette usine va être mise en route une unité de production électrique par biomasse, c’est-à-dire que des résidus et des déchets de toutes sortes (dont ceux de l’usine Smurfit, mais aussi les arbres tombés lors de la tempête Klaus) vont servir à produire du courant (69 MW, ce qui en fait la plus importante centrale à biomasse de France). Le chantier a ouvert en octobre de cette année. Le projet, porté par Dalkia, une filiale d’EDF et de Veolia Environnement, devrait permettre la création de 90 emplois.
  3. Dans le nord du département des Landes, sur la commune de Parentis, on produit 60% du pétrole français. Cette production dégage de la chaleur, qui va être utilisée pour chauffer une gigantesque serre où seront cultivées des tomates hors-sol (en l’occurrence sur un substrat d’écorces de noix de coco). A priori, les variétés choisies ont du goût et les fruits seront cueillis à maturité, il ne s’agit donc pas de produire ces immondes tomates insipides comme on en voit trop dans les hypermarchés. Pas question non plus de gaspiller l’eau ou d’expédier les tomates par camions à l’autre bout de l’Europe : ces fruits-là sont destinés au sud de la France, c’est déjà assez vaste comme ça. 35 emplois vont être créés dans un premier temps, sachant que la dernière tranche des travaux, à l’horizon 2014, devrait permettre à l’exploitation d’employer une centaine de personnes. Ce projet a obtenu le soutien du Conseil Régional d’Aquitaine et est approuvé par les associations écologistes qui voient d’un bon œil la réutilisation de l’eau chaude du forage pétrolier, jusque-là perdue, et la récupération des gaz soufrés qui, jusqu’à présent, étaient libérés dans l’atmosphère.

—> Sources :

What’s new ? [mercredi 16 décembre 2009, 17 h 50]

Collection # 26

Ecureuils du Parc Bordelais




21 secondes pour se réchauffer

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

What’s new ? [mardi 15 décembre 2009, 18 h 50]

  • L’exode rural, l’envie de ne plus vivre « au cul des vaches », l’attrait de la grande ville où l’on s’amuse, que sais-je … bref, en Espagne comme ailleurs, les villages se dépeuplent et le célibat masculin plombe l’ambiance. Remède : des convois de femmes au beau milieu du désert espagnol (CaféBabel).
  • Ce sont les rois des violons et jusqu’à présent on ignorait ce qui fait leur exceptionnelle qualité. Le mystère soulève peu à peu son voile : les stradivarius livrent (une partie de) leur secret (Rue89).
  • Quand on rédige les nécros bien avant la mort des intéressés, quand on chasse le scoop avec frénésie, on en oublie la plus élémentaire des prudence et on publie des conneries, surtout si le sujet dudit scoop s’appelle Johnny Hallyday. Paris Match annonce par erreur la mort du rockeur (Le Télégramme).

—> Illustration : Marc CHAGALL, Le violoniste, début XXe siècle

Voyage à Absurdland… avec mon pognon (et là, ça va pas du tout, mais alors pas du tout)

La France est un pays qui porte la Fraternité dans sa devise, et  qui boute hors de l’Hexagone le « sang impur » qui « abreuve nos sillons », c’est écrit et mal braillé dans l’hymne, j’invente pas. Fort de cette contradiction, ce pays dont de plus en plus souvent j’ai honte, dispose d’un tout récent ministère de l’Immigration dont la tâche number one consiste à virer les naïfs qui ont lu « liberté », « droits de l’homme » et autres fadaises à côté du nom France.
Virer 28 000 braves gens en 2009, c’est l’objectif à atteindre. Les pays communistes pratiquaient l’économie planifiée, la Sarkozie pratique l’expulsion chiffrée. C’est finalement un peu la même idée: toutes les entourloupes et toutes les bassesses sont bonnes du moment qu’on fait du chiffre. C’est ainsi que Stakhanov est entrée dans les annales.
Pour les expulsions d’étrangers, ça peut parfois prendre un tour cocasse, que nous révèle Sud Ouest aujourd’hui : de braves touristes, qui ont en poche leur billet retour, se retrouvent ainsi menottés et virés comme des malfrats, au frais du contribuable (moi et vous) alors que le billet était déjà payé. Encore faut-il qu’ils s’estiment heureux s’ils ne perdent pas leurs bagages dans l’affaire. Les guides touristiques étrangers vont se gausser de l’hospitalité made in France …

Traces de pas dans le sable

Le sable est parfois mou, très mou, d’autres avant nous y ont enfoncé le peton jusqu’à la cheville :

La pente est forte, il faut monter, grimper, en y mettant les mains s’il le faut. C’est en partie à quatre pattes que nous avons vaincu une des pentes les plus raides de la dune du Pyla. Du côté des traces, ça tient presque du bulldozer :

Mais quel plaisir une fois en haut ! Traces de pas en pattes de mouche, un peu partout sur ce gigantesque tas de sable qu’est notre dune. Vers le sud, on a le soleil dans l’œil et la pente est encore assez forte :

Vers le nord, on a l’impression de marcher en suivant une pente très douce, on voit le Bassin au loin, un peu flou comme souvent quand il fait très beau :

Patouille au fond du Bassin

Retour sur la commune d’Audenge, là où se situe en partie le Domaine de Certes, mais samedi dernier nous avons choisi une balade un peu différente, bien que faisant parking commun avec Certes, à savoir le domaine de Graveyron. C’est là :

La météo nous avait induit en erreur : le temps était nettement plus agréable que ce qui était prédit par les boules de cristal. Par contre, vue la quantité d’eau tombée les jours précédents, et vu qu’en prime le chemin est en travaux (d’où engins et camions qui creusent des ornières), bien souvent nous ne pûmes marcher droit et nous nous mîmes à tirer des bord comme en haute mer par vent de face. Je passe sur l’état des baskets et des jeans à notre retour, mais voici une idée de ce que nos petons ont notamment affronté :

Indépendamment de ces considérations bassement matérielles, la balade ressemble à celle de Certes mais en plus court : on peut faire le tour en une fois sans problème (moins de deux heures, malgré les flaques et en faisant des pauses pour regarder le paysage, les champignons et les oiseaux).

Les bassins tracés et entretenus par l’homme sont identiques à ceux du domaine voisin. Dans les deux cas on arrive tôt ou tard sur le Bassin d’Arcachon qui, à marée basse, fait briller sa vase. Dans le chenal qui sépare les deux domaines, des plates à huîtres attendent leur heure (le port d’Audenge, tout proche, mêle la plaisance à l’ostréiculture). Balade classique mais agréable, très calme (il faut dire que la gigantesque patouille décourage les promeneurs), à refaire par temps sec.

What’s new ? [jeudi 10 décembre 2009, 21 h 30]

L’art est dans la rue

Le quartier de Bacalan est le plus vaste de Bordeaux. C’est aussi le quartier du port, celui des bassins à flot, des anciens chantiers navals (les deux formes de radoub existent encore, on les voit nettement sur la carte en bas de la note), des industries aujourd’hui disparues qui ont laissé place à des friches, des ruines de ferraille et de béton où la végétation brandit ses ronces.
Pour toutes ces raisons, c’est aussi un quartier un peu isolé, un quartier de palissades et de murs sales, un quartier qui fut longtemps à l’abandon (mais projets en cours : le nouveau pont reliant les deux rives de la Garonne, dont la première pierre a été posée hier, l’idée d’un musée du vin à l’emplacement de l’actuelle fourrière, etc). C’est enfin un quartier béni pour les artistes de la bombe, les rois du street-art, qui ont trouvé, dans la rue des Etrangers, un terrain de jeu formidable. L’œuvre est éclectique, colorée, très BD, un petit peu angoissante aussi (notamment les masques à gaz dans ce qu’on peut voir d’un bâtiment désaffecté mais inaccessible). Diaporama réalisé aujourd’hui même :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

—> A cliquer : un diaporama commenté montrant deux artistes à l’œuvre.

A quoi tient l’augmentation des prix des denrées alimentaires ?

Quand les produits alimentaires voient leurs prix flamber, les populations les plus fragiles n’ont plus les moyens d’acheter à manger, et c’est l’émeute, comme cela s’est produit dans une trentaine de pays en 2008.
De manière simple, pour ne pas dire simpliste, la hausse des prix peut-être liée à un banal déséquilibre de l’offre et de la demande ou à la spéculation ou les deux. On peut ainsi constater aujourd’hui ce qui se passe pour le riz [article dans Effets de terre, 8 décembre 2009] : hausse précoce des importations par les Philippines, pour des raisons « naturelles » (impact des typhons) et politiques (on assure l’approvisionnement de la population juste avant une échéance électorale importante) ; baisse des exportations de la part de l’Inde pour limiter les importations de blé. Résultat : plus de demande, moins d’offre, et c’est parti pour une flambée annoncée.
Plus amusant et moins inquiétant, car cela ne touche pas un aliment de base au même titre qu’une céréale : le prix de l’ail a été multiplié par 40 en Chine. Non pas pour des raisons économiques, politiques ou climatiques, mais parce-que la croyance populaire y voit un excellent moyen de se prémunir de la grippe A [article dans L’Express, 10 décembre 2009].

Collection # 25

Vagues




Dernière miette d’Evento

Retour sur la biennale d’art contemporain « Evento » qui a occupé Bordeaux pendant dix jours en octobre. Une des œuvres, en plus de la passerelle en bois, n’a pas été démontée et est encore théoriquement visible pendant 11 jours (à moins qu’elle puisse jouer les prolongations, mais je n’ai pas l’info).

Il s’agit d’une sorte d’enseigne lumineuse géante, qui ne fait de la pub pour rien mais affiche fixement de jour comme de nuit le mot « Respublica ». Cette installation, réalisée par Nicolas MILHÉ, a été hissée tout en haut du plus silo de la ville, à 35 mètres du sol. Visible d’assez loin, notamment des quais (si on a une bonne vue quand même !), c’est bien sûr du quartier des Bassins à flots que cette œuvre est la plus facile à observer.

What’s new ? [mardi 8 décembre 2009, 16 h 15]

  • Je n’avais pas vu le coup venir, lorsque le statut de l’auto-entrepreneur a été créé. Mais il s’agit bien d’un procédé de plus aboutissant à la précarisation du travail, même s’il ne semble pas avoir été créé en ce sens. Certains patrons sont des malins, pour ne pas dire des escrocs, qui forcent leurs salariés, nouvellement embauchés ou pas, à adopter ce statut pour ne plus payer de cotisations sociales : ces salariés forcés de devenir auto-entrepreneurs (Rue89).
  • Miss France à la télé devient Miss vieille France sur le web (Les Inrocks).
  • Face au réchauffement climatique, qui devrait encore plus toucher les Sud-Ouest que les autres régions françaises, les pins et la vigne vont devoir s’adapter (20 minutes Bordeaux).

La Vendée désarmée

C’est actuellement une épave plus qu’un bateau : de la rouille, des trous francs, des vitres cassées, il reste même un vieux bout de rideau décoloré et sale. On craint un instant que feu le rafiot ne pourrisse mollement mais sûrement dans un des bassins à flot, un déchet marin de plus pour distraire les mouettes.

Mais il y a une loupiote allumée à l’intérieur du débris, et on se dit qu’il y a peut-être encore de la vie. Sa Majesté Gougueul vient à la rescousse : le bateau nommé « La Vendée » et immatriculé à L’Ile d’Yeu assura la liaison entre cette île et le continent jusqu’en 2006. C’était un beau bébé, même si les trous de rouille actuels cachent la splendeur passée (et pourtant, 2006, ce n’est pas si loin) : long de 48 mètres, large de 11, il transportait sans faiblir ses 700 passagers et sa dizaine de véhicules.

Mais l’usure du temps a fait vite, très vite. En fin de carrière, le navire fut désarmé, plus ou moins laissé à l’abandon, jusqu’à ce qu’un trio bordelais décide de lui redonner vie. L’objet encore flottant mais plus du tout navigant fut remorqué jusqu’à Bordeaux en octobre de cette année, et les travaux semblent avoir démarré. On parle d’en faire un lien convivial et high-tech, apparemment tourné vers le cinéma, avec resto et bar. Un coin assez tendance qui prendra le nom de « Ferry ».

—> Source : un document du site web du Port de Bordeaux.

Pfouhhhh ! (ceci est un profond soupir de désappointement)

L’agité dans sa branche

Hier au Parc Bordelais, entre deux averses :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Du pinard so british …

Les effets du réchauffement climatique n’affectent pas que les poissons (note d’avant-hier) et les oiseaux migrateurs (article dans Sud-Ouest aujourd’hui), mais aussi l’agriculture, ce dont on se doutait bien un peu. La hausse globale des températures permet ainsi de cultiver des plantes à des latitudes où, jusque-là, on était déjà bien heureux de pouvoir récolter de vulgaires patates.
Courrier International, traduisant un article du Spiegel, traite cette semaine de l’exemple anglais, et ce qu’on y apprend ne manque pas d’intérêt. Quelques gentlemen se sont mis dans la tête, il y a une vingtaine d’années pour les plus hardis, de se lancer dans la viticulture, y compris dans des régions fort nordiques. Les cépages ont été choisis pour résister au froid, et les résultats semblent assez encourageants : un blanc sec primé dans un concours, un mousseux suffisamment bien travaillé pour que les producteurs de Champagne s’y intéressent, sans parler des retombées économiques de l’affaire. Les doux excentriques du début ont fait des émules : on compte plus de 400 vignerons aujourd’hui en Grande-Bretagne, dont certains produisent des vins de très bonne qualité (tandis que d’autres font encore de la piquette, mais il faut un début à tout), y compris dans la grande banlieue de Londres. Le réchauffement climatique pourrait même permettre d’étendre cette activité en Ecosse.

—> A cliquer :

  • une vidéo présentant un vignoble de la région de Londres (octobre 2009 ; environ 4 mn).
  • dans un même ordre d’idée : une note que j’avais rédigée il y a longtemps sur le vignoble canadien.

Collection # 24

Balade dans la forêt d’Andernos, 29 novembre 2009