Couleurs d’automne dans le vignoble

Géographiquement, on est dans l’Entre-Deux-Mers, une mer étant la Garonne l’autre la Dordogne. Au niveau pinard, on est dans l’appellation Premières Côtes de Bordeaux, mais c’est finalement sans grande importance aujourd’hui.

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Redim-2La balade a eu lieu à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux, en rive droite de la Garonne que l’on a dominé du haut du coteau, elle formait un trait gris brillant au loin, c’était joli. Cet endroit du département de la Gironde est vallonné, à l’inverse de la rive gauche de Garonne, plate comme l’île de Sein. Cette jolie promenade bucolique a démarré près de la vieille forteresse médiévale de Haut-Langoiran (commune de Langoiran), et nous nous sommes baladé entre les vignes, observant les différentes couleurs des feuilles après les vendanges : du rouge le plus vif au jaune pale en passant par le vert estival, tout dépend du cépage, peut-être de l’âge des pieds de vigne, que sais-je.
La lumière automnale est décidément la plus belle, rasante, qui illumine tel un spot de théâtre des parties du paysages : regardez un peu ce calvaire qui ne casse pas trois pattes à un canard, mais avec cette lumière-là il devient superbe. C’est aussi une balade au calme, sans chasseur pour nous briser les oreilles voire les reins, avec juste quelques piafs qui badinaient dans les branches.

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—> A cliquer :

What’s new ? [vendredi 30 octobre 2009, 14 h 10]

  • On jurerait un début de polar façon Fred Vargas, et pourtant c’est juste un fait divers bizarre de plus : un nouveau pied retrouvé sur une plage canadienne, le 8e en à peine plus de deux ans, un vrai pied humain avec sa chaussure autour (Libé).
  • C’est fou ce que ça peut être parano et susceptible, un dictateur ! La Chine irritée par un site sur le Mur de Berlin en bloque l’accès aux internautes (L’Express).
  • Redim-00Qu’un mur soit tombé en novembre 1989 n’empêche pas des dizaines d’autres murs d’être bâtis, sur des frontières, puis surélevés, consolidés, renforcés, barbelés, miradorés, chiendegardés, etc : allons-nous tous finir emmurés ? (Télérama)

—> Illustration : un morceau du Mur de Berlin, photographié en décembre 2008.

Les soucis du Real Madrid

08 copyTout s’explique, surtout quand on ne sait pas qu’il y a un problème : j’apprends ainsi, en parcourant Rue89, que le Real Madrid marque moins de buts depuis quelques temps, et surtout qu’un des joueurs fétiches de l’équipe, Ronaldo, a bobo à la papatte. Outre le fait que le foot m’intéresse assez peu (si ce n’est pour faire des commentaires idiots sur les chaussettes des joueurs ou pour se moquer de leurs mines souffreteuses dès qu’ils font boum par terre, alors que dans la même situation un môme de 10 ans se relèverait en criant « même pas mal »), outre accessoirement que j’ignorais que monsieur Ronaldo tapait du ballon en Espagne, j’ignorais aussi que l’homme fut blessé. Plus drôle est la cause de la blessure : le jeune footeux est victime du mauvais sort, au sens propre du terme. Un sorcier s’est occupé de lui pour la somme rondelette de 30 000 €, à la demande d’une jeune femme éconduite par la star. Un sorcier, qui répond au nom de Pépé el Brujo et au journaliste de Rue89, s’est chargé de la cheville de Ronaldo, mais aussi de la quasi-totalité des joueurs du Real. Bien que la maman du joueur ait tenté une contre-attaque tout aussi magique, avec expert à la clé, Pépé affirme que le charmant garçon n’est pas près de retaper dans un ballon, ou alors pour pas longtemps.
Et l’équipe de France, dans tout ça ? paraît qu’elle va se qualifier pour la coupe du monde (dommage, je rêvais d’un été sans foot), que Domenech est ensorcelé lui aussi (sans rire ?), et que tout va s’arranger. Si c’est un sorcier qui le dit …

—> Source :

—> Illustration : le Douanier ROUSSEAU, Les joueurs de football, début XXe siècle.

What’s new ? [jeudi 29 octobre 2009, 13 h 10]

  • La Chine reste un régime totalitaire, économie libérale ou pas. L’emprisonnement pour délit d’opinion ou pour raisons religieuses reste d’actualité. Le discours officiel parle de « rééducation par le travail », mais on meurt encore dans les camps chinois et il n’est pas rare que les corps soient incinérés afin que les familles ne puissent jamais connaître la raison exacte du décès (France 24) .
  • Découverte d’un pays européen qui surfe sur ses contrastes : le Portugal à deux vitesses, entre dynamisme et traditionalisme (CaféBabel).
  • On l’a surnommé « le cimetière des fous » parce-que, jusqu’en 2000, on y a inhumé des patients décédés de l’hôpital psychiatrique voisin. Près de 900 sépultures sans fioriture ni marbre, juste des croix de guingois sur une butte de terre. Ça se passe à Cadillac, sur les bords de la Garonne à moins d’une demie-heure du périph’ bordelais, et ce bout de terre attire des convoitises à connotation immobilière : querelles d’outre-tombe au cimetière des oubliés (Sud-Ouest).

 

 

Kevin joue avec la nourriture

0De Kevin VAN AELST, je ne connaissais que la pomme grignotée qui faisait apparaître le dessin des continents. De toutes ses photos, c’est certainement la plus célèbre, et d’ailleurs j’avais un peu vite rangé l’artiste au rayon « food-art ». Il est vrai que sa manière de transformer de la moutarde en empreinte digitale ou de dessiner des pendules avec des crackers confirme cette tendance.
Mais ce jeune photographe étatsunien, diplômé de psychologie depuis 2002, joue aussi avec beaucoup d’autres objets : des petits carnets deviennent poste de radio, des t-shirts rouges et bleus mettent en évidence le schéma du cœur.

Collection # 19

Les vestiges de la mare

Au Jardin Public de Bordeaux a débuté un vaste chantier de nettoyage du plan d’eau. Au fond de la mare, émergeant d’une vase sombre et malodorante, on retrouve des objets divers et variés, arrivés là il y a plus ou moins longtemps, et progressivement posés sur la berge.

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What’s new ? [mardi 27 octobre 2009, 17 h 45]

  • La pauvreté gagne. Pour se sortir tant bien que mal des galères de RMI (touché ou pas), des chambres d’hôtel qu’il faut partager, certains hommes tentent de vendre le peu qu’ils ont dégoté à aussi miséreux qu’eux, malgré l’interdiction légale que la police applique à coup d’amendes impayables et à coups de talons : les marchés de la misère se créent malgré tout, à partir de babioles ringardes et dépareillées posées sur une vieille couverture parce-qu’il faut bien bouffer (Les Inrocks).
  • Ça s’appelle un pliosaure. C’est un bestiau façon dinosaure, dont les restes fossilisés viennent d’être trouvés : un monstre marin sur la côte anglaise, dont le crâne à lui seul mesure plus de 2 mètres de long, ramène ainsi ce pauvre Nessie au rang de jouet pour enfant (Nouvel Obs).
  • T25 images pour un hommage à tous ces gens qui attendent le train, qui prennent le train, qui s’entassent dans le métro, qui jaillissent des tunnels du métro : en voiture s’il vous plait ! (photos de l’agence Magnum publiées par Slate).

—> Illustration : Max ERNST, Le train engourdi, 1929

Les 76 cocus

Il y a le cocu en herbe, le cocu fataliste, le cocu de santé, le cocu sympathique qui fait ami-ami avec les amants de sa femme, le cocu tolérant, le cocu grandiose, et 70 autres cocus, rapidement mais clairement décrits par quelqu’un de fort sérieux par ailleurs : Charles FOURIER, philosophe autodidacte, penseur utopiste inventeur du Phalanstère, ce lieu de vie en harmonie dont GODIN, au XIXè siècle, s’inspire pour créer le Familistère, juste à côté de son usine de poêles à charbon de Guise, dans l’Aisne : les ouvriers et ouvrières y jouissaient d’un confort paternaliste leur permettant de faire garder les mômes pendant le turbin, mais agencé de telle sorte que chacun pouvait épier ses voisins et vérifier ainsi que le petit monsieur d’en face ne se pochtronnait pas en rentrant de l’atelier. Bonheur, bonheur, …

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FOURIER s’est aussi beaucoup intéressé aux passions, qu’il classe en trois catégories principales. Sa recherche d’harmonie ne vise pas que le monde du travail mais aussi la sphère privée, d’où la rédaction du Nouveau monde amoureux, publié un siècle et demi après sa mort. D’où aussi cette typologie du cocuage sur laquelle je suis tombée par hasard, publiée elle aussi bien après sa mort (décédé en 1837, sa Hiérarchie du cocuage ne semble avoir été publier pour la première fois qu’en 1924). Le texte ne manque ni de sel ni d’un vocabulaire suffisamment fourni pour aboutir à ces 76 sortes de cocus, et c’est finalement plutôt drôle.

1—> Sources :

  • Charles FOURIER, Tableau analytique du cocuage (texte intégral mis en ligne par abu.cnam.fr), édité aussi en poche (Mille et Une Nuits) ;
  • la notice Wikipédia consacrée à Charles FOURIER

—> Illustration : Nicolas POUSSIN, Le Christ et la femme adultère, milieu du XVIIe siècle.

Rose des sables

12« Rose des sables », c’est pour faire joli. Ce serait plutôt « rose de vase », cet amalgame sombre et collant qui apparaît à marée basse.
Que fait-elle là, la rose, au milieu des salicornes et des plantes marines diverses ?
Qui l’a semée, par quel hasard ou quelle bonne volonté ?
Je l’ai trouvée jolie, cette rose de la mer, ce samedi d’octobre sur la petite plage qui va du port ostréicole d’Andernos à la conche de St-Brice, tout au fond d’un Bassin d’Arcachon totalement vidé de son eau.

What’s new ? [lundi 26 octobre 2009, 15 h 00]

  • L’imagination des concepteurs de jeux vidéo ne connaît pas de limite, surtout quand la technique permet de mettre celle-ci en application : la mauvaise haleine tueuse de monstres (Aujourd’hui le Japon), ou comment s’obliger à bouffer des tas de choses qui font puer du bec avant de jouer.
  • Jolie balade en Bretagne (quelques mots et surtout des photos qui donnent envie de partir en vacances) : l’île de Batz, on y va ! (Le Post).
  • 0-APrès d’un Chinois sur quatre est en surpoids voire obèse, exactement pour les mêmes raisons que dans les pays occidentaux : la malbouffe sévit aussi en Chine (TerraEco).

—> Illustration : Claes OLDENBURG, Two Cheesburgers, début des années 1960

Sale temps pour les carpes

Redim-0Après le grand nettoyage des bassins du Parc Bordelais, qui a pris entre 6 et 7 mois avant l’été, c’est au tour du Jardin Public d’avoir droit à sa grande toilette, et ce n’est pas du luxe.
Depuis lundi dernier, le bassin est ainsi en cours de vidange. La vase qui reste au fond ne donne vraiment pas envie de s’y balader. L’odeur qui s’en dégage est un mélange brutal entre égouts ordinaires en plein été et résultat de la vidange d’une fosse septique en surcharge. La mare ainsi vide, ou presque au moment où j’ai pris les photos, laisse voir l’état de dégradation du bassin : il est prévu que l’étanchéité soit refaite, on comprend pourquoi. On voit aussi tout ce qui a pu tomber au fond de l’eau opaque (ce sera l’objet de la collection de photos de mercredi prochain), ainsi que les restes de l’installation « Reflets » de Laurent Valera, démontée à la fin du mois d’août après que les carpes ont bien joué avec les bouteilles.

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Les carpes, justement, que deviennent-elles ? Si la volaille, faisant contre mauvaise fortune bon cœur, Redim-1s’adapte, la carpe manque d’eau. Le taux de mortalité atteint des sommets, et le ridicule bassin de fortune chargé d’accueillir les poissons survivants semble plus là pour rassurer le public que pour réellement effectuer une opération de sauvetage. Combien y avait-il de carpes dans ce bassin ? des centaines ? des milliers peut-être ? l’impression qu’elles occupaient tout l’espace, tant elles sont nombreuses ces jours derniers à chercher leur oxygène, tapissant le fond de la mare de béton. Ce n’est pas demain la veille qu’elles recommenceront à titiller les pattes des poules d’eau et à bouffer le pain des canards …

Balade automnale au Cap Ferret [2]

Balade à la pointe du Cap Ferret, suite et fin. Entre parenthèses, heureusement que nous y sommes allés samedi dernier, par un beau soleil, parce-que la flotte d’aujourd’hui aurait un peu rompu le charme (mais ça fait pousser les champignons, on ne peut pas tout avoir). Ce qui attire aussi les badauds, sur cette pointe de sable, ce sont les blockhaus, et ce pour deux raisons : on cherche à les compter d’une part, d’autre part on regarde ce que les tagueurs plus ou moins doués en font.

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Le nombre ? de moins en moins, mais il en reste. Inexorablement les cubes de béton armé jusqu’aux dents dégringolent sur le bas de la plage puis dans l’eau, où ils servent d’abri aux animaux marins, récifs artificiels finalement bien utiles. Il en reste sur le sable, et même encore au moins un en haut de la dune, à croire que patiemment le sable en fabrique dans ses entrailles et les recrache petit à petit. Je me demande ainsi combien il y en avait au départ, dans ces sordides années de guerre ? Ça devait être énorme. Aujourd’hui, ces blocs ne font plus peur à personne, ils glissent lentement, plus un seul n’est droit.

What’s new ? [vendredi 23 octobre 2009, 17 h 40]

  • Un fait divers pas banal : occupés à discuter, des pilotes oublient d’atterrir (Nouvel Obs) et se rendent compte de leur bévue après avoir fait faire 240 km en trop à leur A320 reliant San Diego à Minneapolis. Heureusement qu’il restait assez de kérosène !
  • Le cinéma coréen semble renaître de cendres dont je n’avais pas connaissance, mais on ne peut pas être au courant de tout : renaissance ou décadence du cinéma coréen ? (Courrier International), ou le retour du vieux débat « quantité contre qualité ».
  • C’était bien avant le mp3. Même bien avant les CD, c’est dire si c’est vieux. Slate a collecté les photos Magnum : 33 tours et puis s’en vont.

Balade automnale au Cap Ferret [1]

Redim-0C’est une sorte de rituel, de balade obligatoire en octobre ou en novembre : compter les grains de sable à la pointe du Cap Ferret et voir ce qu’il reste des blockhaus (ce dernier point fera l’objet d’une prochaine note).
Surprise énorme samedi dernier : la plage a disparu. Ce n’est pas la marée montante qui crée une illusion d’optique, c’est bien la plage qui a fondu comme des pépètes placées sur un livret A. Il en reste, c’est vrai, les photos le prouvent (pensez à cliquer pour les agrandir, pour une fois c’est possible). Mais par rapport à ce que j’ai connu il y a près de 15 ans, ou même par rapport à ce que j’ai foulé de mes baskets tout terrain il y a seulement quelques mois, le changement est radical. Le jeu de l’érosion a joué à plein : là où une plage en pente assez douce glissait vers laRedim-1 mer il y a une bonne grosse marche de 50 à 70 cm. Pas encore une falaise, mais l’idée est dans l’air. Les pieux censés limiter le travail du vent et surtout des courants ne servent manifestement à rien, si ce n’est de terrain de jeux pour enfants (et adultes !) ayant envie de tester leur équilibre. A certains endroits, ces pieux à l’origine longs de plusieurs mètres ne dépassent plus que de quelques centimètres. Quant aux blockhaus …

What’s new ? [jeudi 22 octobre 2009, 20 h 45]

  • Une jolie histoire pour commencer cette note : symphonie fantastique au cœur des Andes (La Croix), ou comment une ville ouvrière bolivienne de 900 000 habitants s’est mise à la musique classique.
  • Ça peut s’apparenter à un cauchemar de la société de consommation, un piège à rats dont on ne s’échappe qu’après passage par les caisses : bienvenue à Ikea City (photos dans Télérama), la ville suédoise d’Almhult où se situe le siège social de la marque bleue et jaune.
  • Les travaux de construction du nouveau pont de Bordeaux (un pont levant qui a jusqu’à présent surtout soulevé la polémique) viennent de démarrer : un chantier gigantesque, mais qui saura se faire discret (20 minutes Bordeaux).

Clap de fin

logoEVENTO (1ère biennale d’art contemporain – Bordeaux – 9 au 18 octobre 2009)

Evento c’est fini, depuis quatre jours maintenant. Il n’en reste que la passerelle (pour quelques mois ?) et une expo au CAPC (Insiders), que j’irai voir plus tard.
Il y a tout ce que j’ai raté : 10 jours c’est trop court, surtout quand il faut valser d’un bout à l’autre de la ville pour rencontrer les œuvres nomades, et sans parler du boulot au beau milieu de tout ça.
Il y a ce que j’ai vu mais pas montré ici, notamment cette extraordinaire expo sur Luanda, la capitale de l’Angola, dans les salles du Grand Théâtre. Il aurait fallu des heures pour tout regarder, tout déchiffrer, tout lire : des vidéos, des photos, des films en plan fixe façon webcam, passionnant.

more about « Ce que je n’ai pas montré d’Evento 20…« , posted with vodpod

 

Le coup de poing

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Amos GITAÏ, Citations

Le coup de poing. C’est exactement ce que j’ai ressenti en entrant dans la base sous-marine, peut-être le contraste de ce lieu très sombre avec la belle journée ensoleillée du dehors (mais cette expo était encore plus percutante, voire angoissante, la nuit). Plus sûrement le volume sonore, très au-delà de ce que mes oreilles ont l’habitude d’entendre.

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Je connais assez mal le cinéma d’Amos GITAÏ, j’avoue. C’était donc aussi une découverte, qui vaut autant par les films, quelque soit leur niveau de violence (ce docu sur Alessandra Mussolini, avec la foule scandant Mu-sso-li-ni ad libitum, stressant), que par le décor. Des extraits de films qui tournent en boucle, projetés en grande partie sur le béton brut et délabré d’une base sous-marine où quelques objets rouillés sont encore agrippés. La photo ci-dessus ne rend pas grand chose, c’était un peu ambitieux de sortir la boîte à images sur ce coup-là, peut-être comprendrez-vous un peu mieux ce que j’ai ressenti avec le petit bout filmé qui suit :

What’s new ? [mercredi 21 octobre 2009, 14 h 00]

  • Redim-P1030589Des industries qui recrachent des particules de plomb à haute dose, cela n’a rien de nouveau. Que ce plomb soit très nocif, en particulier pour les enfants, qui l’éliminent beaucoup moins vite que les adultes, n’est pas non plus du domaine du scoop. Ce qui est plus original, et néanmoins dramatique à ce sujet, est la réaction que peuvent avoir les pouvoirs publics face à une telle pollution industrielle : la Chine réinvente la double peine (Effets de terre), en déplaçant les populations victimes du problème plutôt qu’en fermant les usines.
  • Berlin est une ville décidément festive . Jusqu’au 25 octobre, 55 monuments sont illuminés dans le cadre du Festival of Lights : Berlin, ville lumière (La Gazette de Berlin).
  • La grande question relative à la grippe A, alors que la campagne de vaccination vient d’être lancée, est bien « faut-il se faire vacciner ? « . Pas simple de trancher, du moins tant qu’on ignore ce qu’il y a vraiment dans ce vaccin (L’Actu en patates).

—> Illustration : photo décollée d’un mur de Saint-Etienne (Loire) en avril 2009

Collection # 18

A bicyclette

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—> A cliquer :

Détournement

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DEMOCRACIA, Ne vous laissez pas consoler

Une cahute qui, comme la plupart des autres œuvres d’Evento, s’est déplacée de site en site dans la ville, un jour ici un jour là. Les trois photos qui illustrent cette note ont été glanées sur la place Pey Berland le lundi 12 octobre.

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Une cahute donc, qui arbore le marine et blanc cher aux supporters de foot locaux, et que nul ici ne peut ignorer depuis que l’équipe des Girondins s’est hissée à la première place du championnat. Si on n’y prête pas attention, on peut y voir une baraque où acheter des billets pour les matches : des badauds s’y sont laissés prendre.
Si on s’approche, on voit deux choses : un film à l’intérieur de la cahute (sauf lorsque le courant manque, c’est arrivé) et des objets dérivés du foot local, mais en beaucoup plus drôle : écharpes, banderoles, t-shirts, etc arborent des slogans fort éloignés des habituels couplets footballistiques. L’argent récolté par la vente de ces objets a été versé à une œuvre caritative.

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Le film, lui (qui a aussi été projeté sur grand écran lors du premier week-end d’Evento), présente ces mêmes objets en situation, déployés et brandis par des supporters en pleine forme. Le collectif espagnol Democracia, auteur de ce détournement, a en effet équipé des supporters de Bordeaux de ces fameuses banderoles lors du match contre Rennes qui a eu lieu le 27 septembre (1-0 pour Bordeaux).

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What’s new ? [lundi 19 octobre 2009, 21 h 30]

  • Il se pourrait que les Afghans retournent voter, vu le nombre de bureaux de vote où des irrégularités ont été mises en évidence : Karzaï ou pas ? (édito du Monde).
  • Parce-que la droite le supporte parfois avec peine, Marianne se dit que le président de la République française en exercice pourrait bien être réélu quand même en 2012 : Et si Sarkozy devenait le candidat de la gauche ? c’est un coup à mal dormir cette nuit, ça.
  • Des ados qui se mettent minables à coup d’alcools forts et mélangés bus à toute vitesse, c’est malheureusement pas si rare. Le « binge drinking » : vous connaissez ? (Le Post).

Rien ne se perd, tout se crée

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Redim-00Village ostréicole de L’Herbe, au Cap Ferret. Qui sont les artistes ? je l’ignore, mais ils ont de l’humour, visible sur les panneaux indicateurs (un exemple ci-contre), et surtout sur toutes ces sculptures réalisées à partir d’éléments de pêche récupérés : flotteurs, hameçons, bouées, etc. C’est vivant et coloré comme un dessin d’enfant. J’aime particulièrement les totems qui gardent la plage (photo ci-dessus).

What’s new ? [vendredi 16 octobre 2009, 14 h 05]

  • Monsanto fabrique des tonnes d’horreur (l’agent orange de la guerre du Vietnam pour se mettre en train, des maïs transgéniques et l’inénarrable round-up, ce désherbant qui devrait être interdit à la vente). Monsanto fabrique des tonnes d’horreur en disant que c’est bon pour la terre. Publicité mensongère pour laquelle un tribunal vient enfin de trancher : Le Round-Up inoffensif pour l’os de Rex ? mon œil (Le Post).
  • La mode des NAC (nouveaux animaux de compagnie) pourrait bien poser quelques soucis à notre tout récent nobel de la paix et néanmoins président des Etats-Unis d’Amérique. Un nouvel ennemi pour Obama : les serpents géants, à savoir boas, anacondas et autres bestioles relâchées dans la nature par leurs propriétaires un peu dépassés par le volume et l’appétit du compagnon sans patte (Effets de terre).

Prendre les gens pour des sons

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Florian HECKER, Auditory object

C’est comme un jeu : tu te balades entre des pièces métalliques rectangulaires posées sur pied, comme c’est la nuit tu ne vois pas toute l’installation électronique derrière tout ça, tu n’imagines même pas qu’un logiciel, conçu spécialement par l’artiste, soit à la source de ce que tu entends. Et tu entends des sons, parfois ça fait même de la musique, mais c’est pas du rock non plus, ou alors c’est que tu es très très doué dans tes déplacements et tes jeux de mains. Ce n’est ni beau ni laid, c’est onirique et amusant, parasité juste comme il faut par la fête foraine toute proche. Voilà ce que j’en ai saisi samedi dernier, l’image est moche est sombre, le son est médiocre, c’est juste pour avoir un souvenir de ce petit moment-là :

What’s new ? [jeudi 15 octobre 2009, 10 h 45]

  • Ils sont 780 000 chaque année à s’y soumettre, généralement sans renâcler, surtout si ce jour-là il y a interro d’anglais : la journée d’appel de préparation à la défense (JAPD), qui touche toute une classe d’âge (et donc des jeunes scolarisés en grande partie en 1ère et en terminale), est d’une densité assez impressionnante, puisque en quelques heures nos jeunes loulous sont testés sur leurs compétences en lecture, sont invités à tout comprendre de l’organisation de la défense en France, sont sensibilisés au devoir de mémoire, et la coupe ne semble pas encore assez pleine puisque des programmes liant défense et sécurité et défense et santé sont apparemment dans les cartons : chantier de jeunesse (Défense en ligne, blog hébergé par Le Monde Diplomatique).

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—> Illustration : un régiment de grenadiers à l’époque napoléonienne.

Intime collectif

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Pedro BARATEIRO, Plateia

Lorsque l’idée d’Evento fut lancée, il fallut chercher quel thème serait soumis à la sagacité et à l’imagination des artistes : on leur colla dans les pattes un oxymore (Intime collectif, donc), et roule ma poule, fais ce que tu peux avec ça. Pas simple. On peut voir du collectif sans problème dans à peu près toutes les œuvres : leur caractère résolument urbain et voulu comme tel le permet facilement. Pour l’intime, c’est une autre paire de manches.
Néanmoins, l’œuvre présentée ici par Pedro Barateiro y réussit fort bien, alors que cette œuvre n’a pas été conçue pour Evento mais a déjà été exposée ailleurs avant. Un paradoxe de plus …

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Intime ? Assurément. Ces chaises en plastique permettent à chacun de s’asseoir, de faire un break en regardant les badauds bader et les voyageurs transiter, comme sur ces photos prises devant la gare St-Jean. Ces chaises sont éloignées l’une de l’autre de manière assez inhabituelle pour un espace de repos public : il a fallu que je tende le bras pour choper la mimine de mon cher et tendre, c’est dire si c’est spacieux.
Collectif  ? Forcément. Ces chaises sont attachées solidement à un socle de béton pas près de se désagréger ni de s’envoler. Collectif aussi par la monotonie de l’ensemble : qu’est-ce qui ressemble plus à une chaise en plastique noire que sa voisine chaise en plastique noire ? Collectif enfin par la disposition des chaises : tout le monde regarde dans la même direction, sauf à décider de se tourner vers le voisin pour papoter, collectif toujours, mais seulement si je veux.

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Collection # 17

La Passerelle de Kawamata (Bordeaux, automne 2009)

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What’s new ? [mardi 13 octobre 2009, 18 h 20]

  • Les pays dont le sous-sol regorge de matières premières ne s’enrichissent pas forcément, bien au contraire : la malédiction du pétrole (Slate, qui devrait apprendre au passage qu’on ne dit plus « pays sous-développé » depuis belle-lurette, mais « pays en développement »).
  • On peut vraiment organiser des compétitions internationales de n’importe quoi : la Coupe du monde de danse moche vient d’être remportée par une équipe de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. La France, c’était pas mal non plus (4 vidéos dans Libé, dont celle de l’équipe afghane).
  • Redim-0Une fois n’est pas coutume (quoique …), je ne puise pas l’info dans l’article d’un site de presse ou d’un site web spécialisé dans les news, mais je place là un lien vers un site, ce dernier étant hallucinant : Lyon 2024. Un collectif a ainsi imaginé ce que serait la ville dans moins de 15 ans, et le résultat est très très sombre. Baladez-vous (onglets, ou liens, je ne sais pas trop, mais en tout cas ça se clique en bas de page) entre les photos, les vidéos et le blog. Images d’une grande qualité, c’est saisissant et glaçant.

—> Illustration : une photo prise à Lyon en 2007, bidouillée avec PhotoshopElements.

Des mots enflammés

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MAP OFFICE, La nuit désenchantée

Map Office est le nom d’un collectif international aujourd’hui basé à Hong-Kong. L’essentiel de son travail repose sur la maîtrise du feu, ou comment faire passer des messages, poétiques ou non, via la pyrotechnie.

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La performance d’hier soir (rebelote ce soir à 21 h 45 sur les quais au pied de la passerelle) consistait à enflammer une phrase disposée autour de deux arbres :

Les vidéos Vodpod ne sont plus disponibles.

Le feu reste un élément absolument fascinant. Les lettres une à une s’enflamment, ça va très vite, les flammes gomment le sens des mots qui ne sont quasiment plus lisibles (on lit encore « slave », c’est-à-dire « esclave »). Je pense pendant un temps bref à ces abominations des régimes totalitaires : les autodafés, ces cérémonies où des livres sont brûlés dans d’immenses feux qui ne sont pas de joie.

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Le spectacle dure ce que dure le feu sur les lettres : peu de temps, mais au final, alors que tout redevient sombre et se refroidit lentement, les lettres sont à nouveau visibles. Le feu n’a pas détruit mais seulement éclairé une phrase que je n’ai pas déchiffrée.

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Premiers pas sur la passerelle

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Tadashi KAWAMATA, Foot-path
Dominique GONZALEZ-FOERSTER, Film d’attraction

Evento, c’est parti, cette fois pour de bon, même si ce matin il n’y avait point encore foule. La passerelle de Tadashi Kawamata était ainsi très accessible, c’était très agréable. Des joggeurs y faisaient l’aller-retour, appréciant les différences de pentes et suant en conséquence. Les quelques brins de bruines n’ont même pas rendu le chemin glissant lorsque nous nous sommes approchés de l’eau, la rambarde est haute, même pas peur !

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Plus que la vue sur la Garonne, pas si exceptionnelle que ça, c’est bien la passerelle elle-même qu’on regarde d’abord quand on est dessus, ses courbes franches qui sentent encore le bois fraichement scié.

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Sur le chemin retour, la passerelle donne sur la fête foraine, synchronisée avec Evento dont elle est partie prenante. C’est elle qui a inspiré Dominique Gonzalez-Foerster, dont l’œuvre projetée sur écran géant présente des extraits de films de fiction ou documentaires sur le thème de la ville et de la fête foraine. Son œuvre, rapide et ludique, mêle ses images aux manèges qui jouxtent et dépassent de l’écran, une œuvre dans l’œuvre finalement.

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