Plaisir de la plaisance

Les Rendez-vous de l’Erdre, à Nantes, mêlent musique et plaisirs nautiques. Un été il y eut des gondoles vénitiennes, cette année faisait place belle à la plaisance d’eau Redim-4douce. Jolies coques en bois brillant, petits vapeurs format jouet (ou presque), … Petit coup d’œil, en souvenir de samedi dernier, fin d’après-midi sur le pont Saint-Mihel.
Les mômes rameurs qui rament peu mais s’amusent à Redim-5« qui va tomber dans l’eau en premier ». Personne au final, mais les loupiots sont ravis d’être acclamés par la foule, et crient des sons bizarres sans beaucoup de consonnes dedans. Heu-reux.
La rame est d’ailleurs bien le premier moyen de propulsion, en solitaire ou en bande, assis ou debout. Même sur une simple planche à voile sans voile, on y va gaiement, et au moins là on n’est pas embêté par l’équipage.

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Redim-3C’est aussi l’occasion de jouer à « il était une fois », version fin XIXe-début XXe siècle. Pas bête l’ombrelle, surtout par ce soleil. Ombrelle ou pas c’est l’enthousiasme qui domine. On est là pour faire la fête, sur certains bateaux on a sorti l’accordéon et le Redim-2violon. On chante « Jean-François de Nantes, ouééé, ouééé, ouééé ».
Et puis il y a le gag. Certaines barques ont des voiles, repliées à ce moment du parcours. La sagesse veut qu’on abaisse aussi le mât : pour passer sous le pont, il n’y a pas le choix. Etourderie ? Toujours est-il qu’un couple a négligé cet aspect des choses (d’où l’expression « marin d’eau douce » …). Redim-6Le mât bute dans le tablier du pont. L’embarcation recule. De traviole. Heurte un autre bateau, se fait éviter par un troisième. Le mât est abaissé, aux risques et périls de la dame, qui faillit voir son honorable fessier réduit de moitié. Monsieur se réinstalle et fait choir la rame dans l’onde obscure. Le public ? Hilare. Nous sommes bien peu charitables …

What’s new ? [lundi 31 août 2009, 8 h 30]

  • La grippe à la mode inquiète les écoles (ou pas), la population (ou pas), on en parle un peu partout et on lit tout et son contraire (beaucoup de morts annoncés d’un côté, ce n’est qu’une grippette de l’autre). Et les artistes s’inquiètent aussi, en raison des éventuelles fermetures de salles de spectacles, mais qui s’inquiète d’eux, sinon Les Inrocks ? Grippe A : et la culture dans tout ça ?
  • Il est où le pognon, quand il ne moisit pas dans des coffres suisses ? L’Expansion piste les assujettis à l’ISF : Où se trouvent les riches ? (diaporama)
  • Puisqu’on nous le dit, ça doit être vrai : c’est la rentrée. Faut retourner bosser, et pas question de glandouiller, on nous surveille : votre productivité mesurée par vos e-mails (Slate).

De l’eau dans le jazz

C’est un festival qui ne fait pas la une des journaux. Rien à voir avec un Marciac ou un Juan-les-Pins, et pas seulement parce-que là tout est gratuit. Ça se passe à Nantes et dans quelques communes voisines, le trait d’union étant l’Erdre, cet affluent de la Loire que les plaquettes publicitaires qualifiaient autrefois de « plus belle rivière de France ». D’où le nom : les Rendez-vous de l’Erdre. Un méli-mélo un peu foutraque mais bon enfant entre des bateaux sur l’eau (prime à la « belle plaisance » cette année) et des concerts sur diverses scènes. Un rendez-vous déjà ancien. La date est facile à retenir : le week-end qui précède la rentrée des classes, celui où il fait toujours beau et chaud.

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Le jazz domine, mais on peut aussi entendre du bon gros rock, ou s’éclater les tympans et s’éclater tout court avec de la musique de bal revue et corrigée par des fous furieux du saxo et de la clarinette (Big Band Tous Dehors, hier à 22h30 sur la scène nautique ; voir photo ci-dessous).

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L’ambiance est festive mais loin de toute beuverie. Le bain de foule est inévitable. La preuve en image :

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Et parfois tout se mélange : deux groupes se retrouvent à jouer en même temps à quelques mètres de distance, tandis que les vapeurs rythment le tout à leur manière.

What’s new ? [jeudi 27 août 2009, 19 h 30]

  • Jurassic-Park pour de vrai ? Un chercheur veut transformer des poussins en dinosaures (La Dépêche). Steven Spielberg est-il au courant ?
  • Nos amis allemands, si écolos pourtant, reviendraient au poulet en batterie et aux légumes cultivés sur et sous du plastique ? la nouvelle n’est point fraîche (16 août, pour ce genre de rubrique de blog, ça frôle l’éternité voire la péremption), mais j’avais négligé La Gazette de Berlin ces derniers temps. Gazette qui, donc, s’interroge : Mais où sont passés les produits bio ? Dans la crise, mes enfants, dans la crise … Un petit conseil : pour continuer à manger bio, bon et local : adhérez à une AMAP.
  • Si vous donnez rendez-vous à quelqu’un à Marseille, sur la corniche Kennedy, évitez de lui dire que vous allez vous retrouver sur le banc : il fait 2 km de long ! Sur la corniche marseillaise, le plus long banc du monde, et puis aussi d’autres curiosités de cette ville, listées par La Provence.

Paris par Paname*

— Tu sais quoi Gisèle ? on a fait Paris et on a même pas vu la Tour Eiffel !
— Tu veux rire ? et le Moulin Rouge, vous êtes allés au Moulin Rouge ?
— Ben non. C’est Paulo qu’était déçu, tu penses.
— Vous avez fait quoi, alors ?
— Je sais plus trop bien, mais le guide était très gentil. Tu te rends compte, c’était un retraité, comme nous.
— Obligé de travailler encore, à son âge ?
— Oh mais il les faisait pas, ses 67 ans. C’est que à Paris y z’ont des bons docteurs, les meilleurs, hein, alors forcément, ils sont en bonne santé.
— Et vous avez vu des monuments ? l’Arc de Triomphe ? les Champs Elysées ?
— Même pas. Y parait qu’y a trop de touristes. Y nous a dit comme ça, mais poli, hein, y nous a dit « mesdames et messieurs, on va partir du boulevard de Rochechouart ». Et pi voilà.
— C’était bien ?
— Dame oui, mais c’est la Chantal qu’était déçue, tu sais, la femme de l’ancien plombier, çui qu’a laissé l’affaire à son fils et qu’il a coulé la baraque ; ben la Chantal elle était déçue parce-qu’elle rêvait de monter sur les bateaux-mouches, elle disait comme ça que c’était comme si elle allait faire un voyage en mer. »

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Et oui, on peut visiter Paris hors des sentiers battus, même quand on ne connait pas la ville comme sa poche et sans avoir le plan du métro gravé dans le cerveau ! Une association de vieux Parisiens (vieux au sens de Parisiens de longue date, pas une question d’âge) amoureux de leur ville organise ainsi des virées pour touristes. A lire dans CaféBabel.

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  • photo que j’ai prise depuis les toits des Galeries Lafayette à l’automne 2008, un jour où le brouillard a fait disparaître la Tour Eiffel.

* Rendons à César … Ce titre est directement puisé à la source d’une chanson de Nougaro (Rytm’n flouze, sur l’album Nougayork), mais l’orthographe exacte était plutôt « Paris par Pan Am' ». Jeu de mots, aurait dit l’indéboulonnable maître Capello de mon enfance …

Edward’s castle

Château du Prince Noir à Lormont (Gironde)

Des abords immédiats du chantier de restauration du château, on voit ça :

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Et là on se dit que si l’ancien propriétaire du lieu, Edward de Woodstock (de son vrai nom Edward Plantagenêt), connu sous le nom de Prince Noir, qui lui fut donné après sa mort, l’ancien proprio, donc, s’il revenait, aurait peut-être du mal à reconnaître son jardin dans ce tronçon de rocade bordelaise qu’est le pont d’Aquitaine.
Pendant très longtemps (et plus longtemps que ça encore), la ruine du château a dominé le pont sans que quiconque semble y porter intérêt. Je me souviens des routes des vacances quand, mouflette à l’arrière de la voiture et surtout non encore bordelaise, je voyais cette chose crasseuse sur le bord de la route. L’impression d’une vieille bâtisse sans intérêt laissée à l’abandon par des héritiers trop fauchés pour payer les droits de succession. Il se disait même qu’il fallait raser la chose.

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La mairie de Lormont ayant le tas de cailloux sur ses terres sembla hésiter longtemps avant de se lancer dans la restauration de sa fleur de rocade. C’est que ça coûte bonbon, un tel chantier. L’opération est aujourd’hui quasiment achevée, et un resto chic et classe s’est installé dans les arrières du château, loin des rumeurs urbaines.

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Et le prince, dans tout ça ? décédé depuis 633 ans sur le sol anglais qui l’avait vu naître. A participé à la guerre de Cent Ans, au cours de laquelle il a mis la Normandie à genou. Arrivé à Bordeaux en 1355 (merci Oui, Kip et Dia), il s’installa dans ce château de taille modeste (mais si, mais si) qui dominait si bien la Garonne et donc l’entrée de Bordeaux. De là il rayonna dans tout le sud-ouest et pratiqua une forme de tourisme très spéciale, consistant à tout saccager sur son passage. Après son mariage avec sa cousine (restons entre nous), il installa une véritable cour à Bordeaux, avec fastes et ornements, banquets et festins, ce qui ravit peu le contribuable local, qui y allait quand même beaucoup de sa poche. Il mourut dans son lit, de maladie. Ce n’est qu’après sa mort qu’il fut surnommé Prince Noir, parait-il à cause de la couleur de son armure.

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What’s new ? [mercredi 26 août 2009, 12 h 45]

Le village qui descendit de la montagne

Oppède-le-Vieux (Vaucluse)

Village perché sur une falaise du Petit Luberon, Oppède fit partie des ces terres de guerre où les papes défendaient leur bout de gras et leurs lopins de vigne becs et ongles. 1791 : le comtat venaissin, alors possession pontificale depuis l’histoire des papes à Avignon, réclame son rattachement à la France révolutionnaire, trouvant que jouer à la liberté et à l’égalité c’était quand même plus poilant que la soumission au grand prêtre en chef, d’autant plus que celui-ci rackettait de l’impôt au-delà du raisonnable.

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Le village d’Oppède, qui voyait déjà sa forteresse se déglinguer, en profite pour transformer celle-ci en carrière de pierres. Air connu. La photo ci-dessus, prise du parking, montre en effet la ruine qu’est devenu le château. Le chemin qui y mène, pierreux au possible voire casse-margoulette, est un véritable petit bonheur pour les yeux.
A partir du XIXe siècle, trouvant le plancher des vaches plus facile à vivre que la colline des dahuts, les habitants d’Oppède s’installent dans la plaine, où ils reconstruisent maisons et bâtiments publics. Peu avant la Grande Guerre, la mairie migre à son tour, officialisant le déménagement de la commune. Le vieux village est ainsi abandonné : au XXe siècle, on veut du moderne, du pratique, de la route large et asphaltée, du chauffage central, du lino et du formica. Du vieux village, il ne reste que des pierres chaque saison un peu plus en vrac.
Et puis, le goût du vieux caillou étant mis à l’ordre du jour, on commence à restaurer les vieilles bâtisses. Actuellement les murs sont un à un remontés et on peut de nouveau visiter l’église, une collégiale au charme fou.

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Evidemment cela coûte des sous. Beaucoup de sous. La générosité publique s’organise, et des artistes se lancent dans l’histoire, offrant les bénéfices de leurs spectacles à la restauration de la collégiale. Certes, les trois loulous conviés cet été pour cette gentille opération ne me font pas rêver sur une patte (Michel Leeb et Michel Boujenah pour l’humour, mais depuis que Desproges est mort, je trouve qu’il y a comme un vide sur ce terrain-là ; Patriiiiiiiiick Bruel pour la belle gueule), mais on va pas cracher dans la soupe, surtout si elle permet de remettre au jour les superbes fresques polychromes de l’église.

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Collection # 10

Les marmots du miroir d’eau
Bordeaux, août 2009

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What’s new ? [mardi 25 août 2009, 18 h 40]

Marcher dans la couleur

Redim-2Sentier des ocres à Roussillon (Vaucluse)

Dans les années 80, les mômes des communes du coin venaient y faire du vélo, grand splaouch de biker débutant dans les pentes abruptes, tandis que d’autres, peut-être moins mômes, gravaient des cœurs avec des prénoms dans le sable orange : les carrières d’ocre de Roussillon n’étaient plus des carrières et pas encore un site touristique.
De nos jours, le parcours est balisé, aménagé et payant (prix abordable, qu’on ne regrette pas tant la balade est lumineuse). C’est une balade odorante dans la végétation provençale, avec Redim-3cigales associées en bruit de fond : une vraie carte postale, mais en mieux. C’est surtout une balade dans la couleur, du blanc légèrement cassé à l’orange foncé.
Au début du sentier, on se croirait en plein désert, ça cogne dur au moins d’aôut, l’ocre est foncée, brûlante. On se croirait aussi au bord d’un de ces canyons des paysages de l’ouest étatsunien.
Puis la balade en sous-bois commence (d’un strict point de vue thermique, on apprécie) : tout a la couleur de l’ocre, ou plutôt des ocres. Les troncs, les branches basses, les buissons, les chaussures et les pantalons. Tout. A chaque virage une nouvelle nuance, un nouveau relief. C’est magique.

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Redim-1Ces ocres n’ont pas toujours attiré le regard. Je ne parle pas du tourisme, mais de l’industrie. Le premier à extraire ces sables dorés et à les transformer en pigments fut monsieur Jean Etienne Astier qui, à la charnière des XVIIIe et XIXe siècles, récupéra un ancien moulin à huile pour mener à bien sa petite entreprise. Au grand dam des habitants, qui voient alors d’un mauvais œil ce marchand de couleurs qui balance ses sables partout, fait entrer la poussière colorée dans les maisons dès que le vent se lève, et en plus à tout les coups ça pique le nez et les yeux. L’activité a cessé au milieu du XXe siècle, mais le village en a gardé les couleurs chaudes et la manne touristique …

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What’s new ? [lundi 24 août 2009, 13 h 15]

  • On sait que le caca de cochons, devenu lisier, provoque de belles marées vertes sur les plages bretonnes, marées vertes qui peuvent tuer : parlez-en à mon cheval, celui qui est mort d’avoir trop bien respiré l’air de la mer. Idée, donc, un peu nouvelle, pour cesser d’épandre ces déjections sordides : en faire du courant. De l’énergie dans la fiente d’animaux : l’idée a germé en Dordogne (Sud-Ouest).
  • Les tarifs d’EDF ont grimpé, parait-il de 2%. Pour les abonnés qui font tout pour économiser de l’énergie, avec contrats adaptés et cheminée qui ronfle tout l’hiver, la hausse peut atteindre 8% (selon un calcul réalisés par nos soins, en partant des dernières factures et en se basant sur une conso stable par rapport à l’an dernier). La Dépêche, qui se préoccupe beaucoup du panier de la ménagère, se penche sur le sujet : tarifs d’EDF, on n’y comprend plus rien.
  • La bière, c’est pas pour les hommes (risque accru de cancer), c’est pour les femmes (ça solidifie les os). Faut que je m’y mette, vous croyez ? Une bière par jour, c’est trop … ou pas ? (20 minutes).

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Ça, c’est du coefficient de marée ! 111 ! Digne des marées d’équinoxe, avec mer basse à l’heure du dessert, un vrai plan pour touriste. C’était samedi, et le phénomène, pourtant pas si inhabituel que ça, m’a amusée : comme à chaque grande marée, le spectacle est le même à marée basse, celui des postérieurs dressés vers le ciel tandis que les mimines gratouillent là où, le regard scrutant la vase, le bipède retrouvant les instincts de chasseurs-cueilleurs de ses ancêtres, aperçoit les deux minuscules trous contigus qui signalent la présence d’une palourde.
Plus surprenant en ces lieux, tout simplement parce-que je n’avais jamais eu l’occasion d’y prêter attention sur Oléron, fut la pleine mer, en fin d’après-midi (ou début de soirée, tout dépend de l’heure de l’apéro). L’épave ci-dessous, habituellement à sec et pas seulement à marée basse, flirtait à nouveau avec le grand océan qu’elle connut dans ces temps lointains où elle fut bateau.

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Les chenaux ostréicoles ont presque débordé, envoyant plates et barques au niveau de la route (ou presque), tandis que certains cabanes à huîtres avaient les pieds dans l’eau, cette eau bloquant même dans quelques cas l’accès à la porte d’entrée.

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Le chenal de la Perrotine, enfin, était lui aussi tellement haut que les pontons d’accès aux bateaux était presque à l’horizontal. Le tablier du pont de Boyardville était à deux doigts de se faire lécher le ventre par l’eau salée. Joli spectacle.

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Un bout de canal

Redim-1Balade à Castets-en-Dorthe (Gironde), août 2009

C’était au début du mois d’août, peu de temps avant notre migration vers la Provence. Le temps était un peu comme aujourd’hui : bas de plafond, vaguement orageux, très doux voire chaud. Une balade simple, sur un chemin de halage, nous semblait bienvenue.
Le village de Castets-en-Dorthe, à une cinquantaine de kilomètres de Bordeaux, un peu au-delà de Langon quand on longe la Garonne, a ceci de particulier qu’il est le point de départ (ou d’arrivée, tout dépend d’où on part) du Canal des Deux Mers qui relie l’Atlantique via le port du Verdon et la pointe de Graves, à la Méditerranée via l’étang de Thau, près de Sète. La partie « Canal du Midi », de Toulouse à la Méditerranée, est l’œuvre de Pierre-Paul Riquet, qui l’a conçu et fait creuser au XVIIè siècle.
Redim-2La partie qui nous intéresse ici porte un nom moins poétique : Canal latéral à la Garonne. Ce tronçon de 195 km, qui va de Toulouse à Castets-en-Dorthe, est plus récent. Après de multiples tergiversations, le canal est enfin mis en eau en 1848 entre Toulouse et Agen. Néanmoins, l’engouement n’est pas au rendez-vous : il est même question, pendant un temps, de combler ce peu de canal pour y faire rouler les trains. Le canal est néanmoins achevé en 1856.
Et aujourd’hui ? ce canal a essentiellement une vocation touristique. On est très loin des canaux à grand gabarit qui accueillent barges et péniches dans le nord et l’est du pays. C’est un tout petit canal, tout mignon à Redim-3l’ombre de ses grands arbres. Les écluses de Castets sont encore opérationnelles mais de moins en moins utilisées : quel plaisancier occasionnel, grimpé sur sa pénichette de location qui teuf-teufe à 3 ou 4 km/h aurait l’audace de passer côté Garonne ? C’est que la fille est aussi sournoise et traîtresse que le canal est calme et prévisible.

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Redim-6Les activités économiques qui faisaient en partie vivre Castets sont à l’abandon : un ancien bâtiment, peut-être une minoterie, est aujourd’hui fort délabré, même si sa masse encore imposante marque le paysage. Certains bateaux, arrivés là par la Garonne, ont littéralement pris racine. Je pense ainsi au rafiot rouillé immatriculé au Guilvinec : oserais-je dire que La Torche n’a plus la flamme ?
Redim-5A côté de cela il y a quelques jolis bateaux, péniches d’habitation ou en location, ainsi qu’un bistrot-resto sur ce qu’on appelle pompeusement « le port ». L’ensemble laisse une impression d’abandon relatif, voire de désespoir si le temps est à la pluie. Et pourtant … des mômes pêchent les poissons-chats et ça les fait bien rire, des familles se baladent, le parcours « vélo » est même assez tentant.

What’s new ? [jeudi 20 août 2009, 12 h 00]

  • Redim-P1060544Les conséquences dramatiques de l’agriculture ultra-productiviste : la Bretagne, ses chapeaux ronds et sa couronne d’algues vertes (un excellent article des Cafés géographiques). Ouest-France, pourtant souvent enclin au politiquement correct, surtout sur ses terres, affirme à son tour que ces ignobles algues vertes sont bien un risque pour l’homme.
  • J’avais oublié de signaler le dessin de Vidberg d’avant-hier, qui traitait de ces sombres affaires d’iPhone qui explosent. C’est chose faite ce midi : le nouvel iPhone KC (L’actu en patates).
  • Un fait divers pour terminer : les aventures des vacanciers peuvent décidément être assez surprenantes, du moins c’est ce que relate La Voix du Nord (des Lillois attaqués par un ours en Roumanie).

A poil, les gars ! (et les filles aussi)

C’est nouveau ça vient de sortir, et même Le Monde en parle, c’est dire si c’est sérieux et important. De quoi s’agit-il ? de la « randonue ». C’est comme la rando, mais en tenue légère. Très légère. Sans tenue du tout en fait, si ce n’est la paire de pompes de rando, sinon bonjour les ampoules aux petons, les écorchures, les coupures et autres embêtements en -ure (c’est un jeu : trouve les rimes en -ure, si ça te tient toute la soirée, c’est vraiment que tu t’ennuies ferme en vacances).
En soi, le fait que des randonneurs crapahutent à poil ne me fait ni chaud ni froid. L’avantage, en outre, de cette mode, c’est qu’on ne risque pas la faute de goût : un joli bronzage uniforme (ou un joli rouge écrevisse, uniforme aussi), c’est toujours moins laid qu’une polaire jaune canari sur un short vert pomme, d’autant plus que le mélange des deux couleurs fait franchement supporter du FCNA (les footeux de Nantes, pour ceux qui ont zappé la précédente saison de football), et c’est pas très tendance.
Evidemment, cette mode choque, sinon Le Monde n’en parlerait point. Pas forcément les ligues de vertu, d’ailleurs, dont les adeptes sont déjà dans un coma profond, mais la Fédération Française de Naturisme elle-même, ce qui semble un peu fort de café.
Au final, ce qui fait que je ne vais pas me lancer dans ce sport pour lequel l’investissement vestimentaire plairait pourtant à ma carte bancaire, c’est que je ne suis pas sûre d’apprécier à leur juste valeur les branches qui piquent, les orties qui brûlent, les bestioles qui attaquent, les rochers qui griffent, bref toutes ces choses qui font qu’avec un short voire un pantalon, et un t-shirt, on est quand même plus à l’aise pour partir à l’assaut de nos belles contrées bucoliques.

What’s new ? [mercredi 19 août 2009, 12 h 50]

Ça, c’est du commerce !

Premier jour de nos vacances en Provence, ou plutôt premier soir. On manque de pain. Direction la boulangerie-pâtisserie la plus proche. Du monde plein la boutique, 100% de touristes. Il reste pas mal de gâteaux dans les rayons, mais peu de pain (trois baguettes sans sel, deux baguettes normales planquées dans un coin, et deux ou trois autres babioles qui n’ont pas marquées ma mémoire).
La vendeuse, dépassée par cet afflux massif de boulotteurs de sucre et de farine, appelle sa collègue à la rescousse, sans pour autant accélérer le mouvement dans son service aux clients, et surtout en tirant une tronche de douze mètres de long :
— Cindy ! Cindyyyyyyy ! Viens au magasin, y’a du monde !
Cindy descend l’escalier menant à la boutique, on entend bien le bruit de la tong sur le carrelage, la jeune femme se dépêche, mue par cette conscience professionnelle qui caractérise les employés dociles. Ce qui provoque cette magnifique réaction chez la vendeuse n°1 :
— Pas la peine de courrir, y’a plus rien à vendre !

A cliquer :

Collection # 9

Port de Cassis (Bouches-du-Rhône), août 2009

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What’s new ? [mardi 18 août 2009, 11 h 30]

  • Au pays de la bondieuserie obligatoire, être athée ne va pas de soi. Les mômes des familles sans dieu risquent même l’isolement … D’où cette initiative, dont fait part Courrier International : les enfants des athées ont aussi leurs colonies de vacances.
  • « C’est un fameux trois-mâts fin comme un oiseau … ». L’air fredonné est dans la tête pour la journée : Hugues Aufray, impérissable. L’Alsace lui rend hommage pour son anniversaire : l’Ali Baba de la chanson française fête ses 80 ans.
  • La terre vient de trembler à trois reprises au Japon. Rien d’original dans ce pays où le risque sismique est le plus élevé au monde, mais tous se souviennent de Kobé, et un très gros séisme pourrait bien rayer Tokyo de la carte. Angoisse donc au pays du soleil levant, qui craint toujours le « big one » (Aujourd’hui le Japon).

Les vacances sont finies (snif !)

Cinq jours pour se mettre au frais : 37°C annoncés à Bordeaux, autant se planquer là où la température descend, dans la journée, jusqu’à 32°C. Fraicheur, vous dis-je.
Cinq jours, c’est court, mais on a bien profité. On a pris de la hauteur :

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On a traversé un désert :

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On a étanché notre soif :

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On a refusé la plage bondée, mais on a mangé « couleur locale », fait plein de photos comme les autres touristes, regardé pousser les cailloux, escaladé des ruines, pris des routes très dangereuses :

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Et finalement nous sommes rentrés au bercail, bien heureux de retrouver notre petite maison dans la prairie, même que la clématite a fait une nouvelle fleur. C’est pas beau, ça ?

Collection # 8

Street-art
Photos prises entre décembre 2008 et juillet 2009

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De gauche à droite et de bas en haut :
1, 2 et 3 : quartier de Bacalan à Bordeaux
4 : Ambérieu-en-Bugey (Ain)
5 et 6 : Saint-Etienne (Loire)
7 et 8 : Rome
9 : Berlin

What’s new ? [lundi 10 août 2009, 18 h 20]

Les coulisses entrent en scène

L’opéra dévoilé – Ingéniérie de l’éphémère
Expo au Grand Théâtre de Bordeaux jusqu’au 29 août

Entendons-nous bien : il ne s’agit pas de visiter les coulisses du Grand Théâtre, mais bien de voir certains éléments de ceux-ci sortis de leurs boîtes ou reconstitués (maquettes) dans des espaces du théâtre normalement ouverts au public.
Premier bonheur : le lieu lui-même. Ce théâtre est un bijou (de grosse taille, mais un bijou quand même), qui flatta l’égo des prout-prout-ma-chère du XIXè siècle, temps curieux où l’on venait au théâtre pour se montrer et non pour assister au spectacle. C’est ainsi, apprend-on dans le grand hall du rez-de-chaussée, entre deux maquettes et trois perruques, qu’il existait, dans les opéras, un « air du sorbet » : le public, venu là pour échanger les derniers potins mondains et grignoter quelques P1060103babioles, prêtait fort peu d’attention à l’art lyrique, d’où ce morceau un peu léger, n’apportant rien ni à l’art ni à l’intrigue, mais permettant à Monsieur et Madame Pas-Toulmonde de badiner sans offusquer les acteurs. Dans un même ordre d’idée, il fallut de longues années pour que le public accepte de ne plus être sous les sunlights, puisqu’il était là pour être vu, bon sang de bon soir. D’où un bref mais savoureux texte sur le lustre, objet fondamental.
Deuxième bonheur : les joujous exquis qui font crac-boum-hue. Objets bricolés pour les bruitages (j’ai joué au vent, à la pluie et au tonnerre, c’est très amusant), consoles pour le son (un bon siècle d’évolution), meubles en tout genre, etc.
P1060111Troisième bonheur : les costumes. Des superbes robes avec de l’or dedans aux tutus mutins pendus à un arbre de décoration. Tout y passe et est mis en scène, des paires de chaussures qui descendent un escalier en colimaçon aux sous-vêtements féminins qui font rêver les garçons.P1060119 Intéressant aussi de voir l’évolution du costume d’un même personnage à quelques années d’intervalle : aujourd’hui, les cantatrices ont moins chaud sur scène qu’il y a dix ans.
Quatrième bonheur, clou du spectacle : un petit son et lumière dans la salle de spectacle, entre les fauteuils de velours bleu. Commentaires banals, mais éclairages mettant bien en évidence telle ou telle partie de la salle, et dont la succession lente semble naturelle.

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Au beau milieu de cette expo mise en scène : toute une flopée d’explications techniques, historiques, bien ficelées. Pas une seconde d’ennui.

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  • ce que le site Aqui! a dit de l’expo.

Un tout petit bout de train jaune en plus

Le métro berlinois est jaune vif, et efficace comme le sont tous les autres moyens de transports en commun de cette ville. Je me souviens que l’hiver dernier, alors que nous partions du Budenstag, nous avons voulu nous engoufrer dans la station la plus proche, selon la formule toute personnelle selon laquelle un « métro ça mène toujours quelque part où il y a quelque chose à voir ». Et nous voilà devant une station close, sans qu’aucun panneau n’indique quoique ce soit. Nous avions bien vu des zones de travaux du côté d’Unter den Linden, mais de là à faire le rapprochement …
J’apprends ce matin, via un article du Monde, que ces travaux fort onéreux et fort longs, ont abouti à ce que les Berlinois ont surnommé « Le moignon ». Les bougres. Il s’agit d’une minuscule ligne de métro (moins de 2km, dans une ville de la dimension de Berlin, c’est l’équivalent d’une coquillette dans une assiette de spaghetti), qui relie Haupbanhof (la gare principale de la ville) à la porte de Brandebourg, en passant par les lieux de pouvoir que sont la Chancellerie et le Bundestag. Une ligne dont les travaux furent compliqués par des problèmes techniques (une nappe phréatique pile là où il fallait creuser), financiers (Berlin est sur la paille, c’est pas nouveau), et qui en plus ne devrait pas servir à grand monde (deux à trois fois moins de trains que sur les autres lignes, ce qui aboutit à une fréquence d’un train tous les dix minutes, pour Berlin c’est très long). Un projet de prolongement jusqu’à Alexanderplatz est en cours (la photo qui illustre cette note a d’ailleurs été chopée dans la station Alexanderplatz, en décembre dernier), mais pas d’ouverture prévue avant 2017.

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What’s new ? [samedi 8 août 2009, 19 h 20]

  • Slate continue à décortiquer les pratiques des vacanciers. La question du jour est « D’où viennent les concours de tee-shirts mouillés ? » On se couchera moins bête ce soir … d’autant plus que c’est vraiment un bon article.
  • Big bazar dans les réseaux sociaux imbuvables que sont Touitteur et Fesse-Bouc. Et si c’était une cyberattaque russe ? demande Rue 89. Vous avez raison les petits, rien ne vaut une bonne guerre froide pour passer l’été !
  • Arnaque sur autoroutes : sortez à toutes les barrières, vous paierez jusqu’à 23% moins cher qu’en faisant le trajet direct. A ce rythme-là, autant prendre la nationale … ou le train, quand il existe encore. Les automobilistes, vaches à lait des autoroutes ? Pour La Dépêche, la réponse est « oui ».

Quand les châteaux du Médoc sont de vrais châteaux

Les vins du Bordelais sont produits dans des châteaux : bien souvent de jolies demeures bourgeoises, souvent de jolies maisons tout court, mais on dit « château » quand même. Il arrive cependant, notamment avec les appellations les plus prestigieuses d’où sortent des bouteilles à plusieurs centaines d’euros l’unité, que le château soit un vrai château, avec tours, grandes fenêtres, et grilles qui font tout le tour. Ces châteaux ont généralement été bâtis au XIXè siècle, sur des modèles plus anciens. Petits exemples en quatre épisodes, sans dégustation à la fin parce-que je n’ai pas forcément les moyens.

1 – CHÂTEAU MARGAUX, à Margaux bien entendu. Le prestige du prestige, la classe absolue. Des vigiles gardent le parking. On aperçoit la belle demeure à travers de hautes grilles, au bout d’une allée ombragée. Je crois que ce château-là sert d’habitation, mais je n’en mettrai pas ma main au feu.

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2 – CHÂTEAU PALMER, à Margaux toujours, en plein cœur du village. Batisse de prestige, conçue comme telle : le château n’est utilisée que pour épater le gros client potentiel, personne n’y vit.

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3 – CHÂTEAU GISCOURS, à Margaux encore. Un château pas si gigantesque que ça sur un domaine immense (le plus vaste de Margaux, un des plus étendu du Médoc) où, bizarrement, on manque de place : les cuves à l’extérieur et les tonneaux empilés dans le chai sur quatre hauteurs font vraiment tâche (pour ne pas dire radin) pour un grand cru classé.

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4 – CHÂTEAU LOUDENNE, à St-Yzans-de-Médoc (au nord de St-Estèphe). Esthétiquement un de mes chouchous. Jolie façade rose qui domine la Gironde toute proche. Quelque part entre le château et la très grande maison bourgeoise. Et en prime, pour l’été, un rosé qui sait se tenir.

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What’s new ? [vendredi 7 août 2009, 15 h 00]

  • Des noyades de plus en plus nombreuses sur les plages, qu’il faut peut-être lier à la baisse du nombre de sauveteurs. C’est en tout cas ce qu’affirme L’Huma : la sécurité des plages en question.
  • Des accidents en série chez Total depuis le début de l’année : la série noire est analysée par Sud-Ouest.
  • Feuilleton animalier dans le département de l’Aveyron : sursis pour les cinq dromadaires, qui peuvent continuer à gambader dans leur pré (La Dépêche).

Ça sent l’arnaque !

Ce matin, dans ma boite à spams, est tombé un message qui venait soit-disant de mon fournisseur internet. Le logiciel de messagerie a bien fait son boulot, en identifiant le mail en question comme pourriel, d’autant plus que le compte qui me permet de surfer n’est pas à mon nom mais à celui de mon cher et tendre. Voici le message, dont la police « Comics » ne fait pas très sérieux, pas plus que l’appellation « membre Orange » (chez Orange, on n’est pas membre, on est client, c’est pas une secte) :

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Par curiosité, j’ai cliqué sur le lien, et vu assez vite qu’il s’agissait tout bonnement de me piquer ma carte bancaire. Mais observez d’abord l’adresse du site sur lequel le lien a pointé, c’est très instructif :

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Premier indice qui montre que c’est du pipeau : l’adresse est en « http » et non en « https », le « s » permettant d’identifier les sites sécurisés. L’adresse elle-même n’a rien à voir avec Orange et n’est pas basé en France (le suffixe « .au » le montre).
On lit ensuite toute la page, et là c’est le pompon : c’est apparemment sérieux (logo de la marque correctement reproduit, mais le copier-coller n’a pas été inventé pour les teckels !), la présentation est sobre et habituelle, mais bien sûr, alors que le message d’origine parle de vérifier les identifiants, on nous demande un numéro de carte bleue et son cryptogramme. Arnaque totale, donc.

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Collection # 7

« Le héron au long bec emmanché d’un long cou »
Jardin Public de Bordeaux, juin 2009

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