Plaisir de la plaisance

Les Rendez-vous de l’Erdre, à Nantes, mêlent musique et plaisirs nautiques. Un été il y eut des gondoles vénitiennes, cette année faisait place belle à la plaisance d’eau Redim-4douce. Jolies coques en bois brillant, petits vapeurs format jouet (ou presque), … Petit coup d’œil, en souvenir de samedi dernier, fin d’après-midi sur le pont Saint-Mihel.
Les mômes rameurs qui rament peu mais s’amusent à Redim-5« qui va tomber dans l’eau en premier ». Personne au final, mais les loupiots sont ravis d’être acclamés par la foule, et crient des sons bizarres sans beaucoup de consonnes dedans. Heu-reux.
La rame est d’ailleurs bien le premier moyen de propulsion, en solitaire ou en bande, assis ou debout. Même sur une simple planche à voile sans voile, on y va gaiement, et au moins là on n’est pas embêté par l’équipage.

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Redim-3C’est aussi l’occasion de jouer à « il était une fois », version fin XIXe-début XXe siècle. Pas bête l’ombrelle, surtout par ce soleil. Ombrelle ou pas c’est l’enthousiasme qui domine. On est là pour faire la fête, sur certains bateaux on a sorti l’accordéon et le Redim-2violon. On chante « Jean-François de Nantes, ouééé, ouééé, ouééé ».
Et puis il y a le gag. Certaines barques ont des voiles, repliées à ce moment du parcours. La sagesse veut qu’on abaisse aussi le mât : pour passer sous le pont, il n’y a pas le choix. Etourderie ? Toujours est-il qu’un couple a négligé cet aspect des choses (d’où l’expression « marin d’eau douce » …). Redim-6Le mât bute dans le tablier du pont. L’embarcation recule. De traviole. Heurte un autre bateau, se fait éviter par un troisième. Le mât est abaissé, aux risques et périls de la dame, qui faillit voir son honorable fessier réduit de moitié. Monsieur se réinstalle et fait choir la rame dans l’onde obscure. Le public ? Hilare. Nous sommes bien peu charitables …

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What’s new ? [lundi 31 août 2009, 8 h 30]

  • La grippe à la mode inquiète les écoles (ou pas), la population (ou pas), on en parle un peu partout et on lit tout et son contraire (beaucoup de morts annoncés d’un côté, ce n’est qu’une grippette de l’autre). Et les artistes s’inquiètent aussi, en raison des éventuelles fermetures de salles de spectacles, mais qui s’inquiète d’eux, sinon Les Inrocks ? Grippe A : et la culture dans tout ça ?
  • Il est où le pognon, quand il ne moisit pas dans des coffres suisses ? L’Expansion piste les assujettis à l’ISF : Où se trouvent les riches ? (diaporama)
  • Puisqu’on nous le dit, ça doit être vrai : c’est la rentrée. Faut retourner bosser, et pas question de glandouiller, on nous surveille : votre productivité mesurée par vos e-mails (Slate).

De l’eau dans le jazz

C’est un festival qui ne fait pas la une des journaux. Rien à voir avec un Marciac ou un Juan-les-Pins, et pas seulement parce-que là tout est gratuit. Ça se passe à Nantes et dans quelques communes voisines, le trait d’union étant l’Erdre, cet affluent de la Loire que les plaquettes publicitaires qualifiaient autrefois de « plus belle rivière de France ». D’où le nom : les Rendez-vous de l’Erdre. Un méli-mélo un peu foutraque mais bon enfant entre des bateaux sur l’eau (prime à la « belle plaisance » cette année) et des concerts sur diverses scènes. Un rendez-vous déjà ancien. La date est facile à retenir : le week-end qui précède la rentrée des classes, celui où il fait toujours beau et chaud.

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Le jazz domine, mais on peut aussi entendre du bon gros rock, ou s’éclater les tympans et s’éclater tout court avec de la musique de bal revue et corrigée par des fous furieux du saxo et de la clarinette (Big Band Tous Dehors, hier à 22h30 sur la scène nautique ; voir photo ci-dessous).

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L’ambiance est festive mais loin de toute beuverie. Le bain de foule est inévitable. La preuve en image :

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Et parfois tout se mélange : deux groupes se retrouvent à jouer en même temps à quelques mètres de distance, tandis que les vapeurs rythment le tout à leur manière.

What’s new ? [jeudi 27 août 2009, 19 h 30]

  • Jurassic-Park pour de vrai ? Un chercheur veut transformer des poussins en dinosaures (La Dépêche). Steven Spielberg est-il au courant ?
  • Nos amis allemands, si écolos pourtant, reviendraient au poulet en batterie et aux légumes cultivés sur et sous du plastique ? la nouvelle n’est point fraîche (16 août, pour ce genre de rubrique de blog, ça frôle l’éternité voire la péremption), mais j’avais négligé La Gazette de Berlin ces derniers temps. Gazette qui, donc, s’interroge : Mais où sont passés les produits bio ? Dans la crise, mes enfants, dans la crise … Un petit conseil : pour continuer à manger bio, bon et local : adhérez à une AMAP.
  • Si vous donnez rendez-vous à quelqu’un à Marseille, sur la corniche Kennedy, évitez de lui dire que vous allez vous retrouver sur le banc : il fait 2 km de long ! Sur la corniche marseillaise, le plus long banc du monde, et puis aussi d’autres curiosités de cette ville, listées par La Provence.

Paris par Paname*

— Tu sais quoi Gisèle ? on a fait Paris et on a même pas vu la Tour Eiffel !
— Tu veux rire ? et le Moulin Rouge, vous êtes allés au Moulin Rouge ?
— Ben non. C’est Paulo qu’était déçu, tu penses.
— Vous avez fait quoi, alors ?
— Je sais plus trop bien, mais le guide était très gentil. Tu te rends compte, c’était un retraité, comme nous.
— Obligé de travailler encore, à son âge ?
— Oh mais il les faisait pas, ses 67 ans. C’est que à Paris y z’ont des bons docteurs, les meilleurs, hein, alors forcément, ils sont en bonne santé.
— Et vous avez vu des monuments ? l’Arc de Triomphe ? les Champs Elysées ?
— Même pas. Y parait qu’y a trop de touristes. Y nous a dit comme ça, mais poli, hein, y nous a dit « mesdames et messieurs, on va partir du boulevard de Rochechouart ». Et pi voilà.
— C’était bien ?
— Dame oui, mais c’est la Chantal qu’était déçue, tu sais, la femme de l’ancien plombier, çui qu’a laissé l’affaire à son fils et qu’il a coulé la baraque ; ben la Chantal elle était déçue parce-qu’elle rêvait de monter sur les bateaux-mouches, elle disait comme ça que c’était comme si elle allait faire un voyage en mer. »

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Et oui, on peut visiter Paris hors des sentiers battus, même quand on ne connait pas la ville comme sa poche et sans avoir le plan du métro gravé dans le cerveau ! Une association de vieux Parisiens (vieux au sens de Parisiens de longue date, pas une question d’âge) amoureux de leur ville organise ainsi des virées pour touristes. A lire dans CaféBabel.

—> Illustration :

  • photo que j’ai prise depuis les toits des Galeries Lafayette à l’automne 2008, un jour où le brouillard a fait disparaître la Tour Eiffel.

* Rendons à César … Ce titre est directement puisé à la source d’une chanson de Nougaro (Rytm’n flouze, sur l’album Nougayork), mais l’orthographe exacte était plutôt « Paris par Pan Am' ». Jeu de mots, aurait dit l’indéboulonnable maître Capello de mon enfance …

Edward’s castle

Château du Prince Noir à Lormont (Gironde)

Des abords immédiats du chantier de restauration du château, on voit ça :

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Et là on se dit que si l’ancien propriétaire du lieu, Edward de Woodstock (de son vrai nom Edward Plantagenêt), connu sous le nom de Prince Noir, qui lui fut donné après sa mort, l’ancien proprio, donc, s’il revenait, aurait peut-être du mal à reconnaître son jardin dans ce tronçon de rocade bordelaise qu’est le pont d’Aquitaine.
Pendant très longtemps (et plus longtemps que ça encore), la ruine du château a dominé le pont sans que quiconque semble y porter intérêt. Je me souviens des routes des vacances quand, mouflette à l’arrière de la voiture et surtout non encore bordelaise, je voyais cette chose crasseuse sur le bord de la route. L’impression d’une vieille bâtisse sans intérêt laissée à l’abandon par des héritiers trop fauchés pour payer les droits de succession. Il se disait même qu’il fallait raser la chose.

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La mairie de Lormont ayant le tas de cailloux sur ses terres sembla hésiter longtemps avant de se lancer dans la restauration de sa fleur de rocade. C’est que ça coûte bonbon, un tel chantier. L’opération est aujourd’hui quasiment achevée, et un resto chic et classe s’est installé dans les arrières du château, loin des rumeurs urbaines.

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Et le prince, dans tout ça ? décédé depuis 633 ans sur le sol anglais qui l’avait vu naître. A participé à la guerre de Cent Ans, au cours de laquelle il a mis la Normandie à genou. Arrivé à Bordeaux en 1355 (merci Oui, Kip et Dia), il s’installa dans ce château de taille modeste (mais si, mais si) qui dominait si bien la Garonne et donc l’entrée de Bordeaux. De là il rayonna dans tout le sud-ouest et pratiqua une forme de tourisme très spéciale, consistant à tout saccager sur son passage. Après son mariage avec sa cousine (restons entre nous), il installa une véritable cour à Bordeaux, avec fastes et ornements, banquets et festins, ce qui ravit peu le contribuable local, qui y allait quand même beaucoup de sa poche. Il mourut dans son lit, de maladie. Ce n’est qu’après sa mort qu’il fut surnommé Prince Noir, parait-il à cause de la couleur de son armure.

—> A cliquer :

What’s new ? [mercredi 26 août 2009, 12 h 45]