Le Parc Floral de Bordeaux a été inauguré en 1992 : les plantations ont eu tout le loisir de s’y développer (beaux magnolias, un superbe jardin des pivoines, …), et certains installations du Jardin des Villes Jumelles ont inexorablement vieilli, tandis que la roseraie est actuellement en train de s’offrir une cure de jeunesse (des plates-bandes vides, c’est rare !). Mais ce n’est pas pour cela que j’aime ce parc : outre sa taille (le plus grand de Bordeaux), ce qui fait que la foule n’y est jamais gênante, la variété des parcours possibles et l’élégance des iris au printemps, ce sont davantage les berges de la rivière que je recherche.
Quoique “rivière” soit un terme abusif : il s’agit en fait, d’une part, d’une rivière artificielle et d’un étang au milieu du parc, d’une deuxième rivière artificielle qui borde le parc d’autre part. Tout comme une partie relativement importante de ces quartiers nord de la CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux), la zone était autrefois marécageuse. De ces marais bordelais riches en faune et en flore, il ne reste plus rien si ce n’est le Marais de Bruges, le dernier en date à être assécher étant désormais occupé par le tout nouveau terrain de camping de Bordeaux. Je suppose donc que les rivières du Parc Floral, du moins celle qui le contourne, s’insèrent dans le dispositif global de drainage de ce secteur.
Cette rivière donc, puisqu’il faut quand même nommer cette eau-là, grouille de vie, et c’est ce que je m’amuse à observer, sage, discrète et attentive, à l’ombre des arbres quand même, parce-qu’aucune carpe ne mérite que l’on cuise pour elles. Commençons par les carpes, justement : énormes et très nombreuses, souvent à fleur d’eau voire le dos à l’air, chopant insectes et autres petites bestioles, d’où l’air niais qu’elles ont à avoir si souvent le bec ouvert.
Mais il y a aussi les tortues, aussi craintives que rapides. Oui : rapides. C’est fou comme elles mettent le turbo pour retourner à l’eau dès que l’on s’approche. Aujourd’hui, l’une d’elle prenait l’air sur une branche, les pattes étendues, relax …
Et enfin, pour la première fois, j’ai pu choper en images les libellules au corps rouge, qui se pose sur tout ce qui dépasse de l’eau.
Je passe sur les fleurs jaunes qui opacifient la rivière à certains endroits, sur la miriade d’alevins qui mouchent tellement que leurs ronds dans l’eau font croire qu’il pleut, sur ces insectes qui marchent sur l’eau et dont j’ai oublié le nom, …

Publié par Olivier SC le 3 juillet 2009 à 22:07
Merci pour ce bel instant de fraîcheur !
Publié par Fab le 4 juillet 2009 à 00:31
Je n’ai jamais vu de libellules rouges!
Moi aussi j’aime marcher dans Hyde Park, qui a le bon goût d’être à 2 minutes à pied de chez moi, on y a aussi un bassin/rivière et les jardins à l’anglaise sont magnifiques d’authenticité!